Aveyron. Les craintes de la CFE-CGC pour Bosch et l’industrie aéronautique

Reçue récemment à Rodez par la nouvelle préfète de l'Aveyron, une délégation du syndicat départemental CFE-CGC en a profité pour faire part de ses craintes et de ses propositions concernant l'avenir de l'industrie locale...

Jacques Douziech, président de l'Union Départementale du syndicat CFE-CGC exprime ses inquiétudes pour l'emploi industriel en Aveyron. @ADN12

La rencontre s’est tenue dans les salons de la Préfecture à Rodez, entre la nouvelle préfète Valérie Michel-Moreaux et une délégation du syndicat CFE-CGC, composée de représentants des industries aéronautiques, automobiles, agroalimentaires et du secteur médico-social.

« Les effectifs Bosch à Onet pourraient rapidement tomber à 1 100 personnes »

Des industries en crise 

Objectif de la rencontre pour le syndicat : « faire remonter nos inquiétudes sur différents dossiers aveyronnais, notamment pour le secteur industriel, mais aussi être force de propositions » explique le président départemental de la CFE-CGC, Jacques Douziech.

« L’industrie représente aujourd’hui 25 % des emplois en Aveyron. Nous craignons de voir passer ce chiffre sous la barre des 20 % et même descendre à 13 % si l’on en croit certains observateurs économiques locaux… Nous avons de multiples inquiétudes pour Bosch et l’aéronautique notamment »

(Jacques Douziech, président CFE-CGC-Aveyron)

Les dernières nouvelles concernant l’usine castonétoise Bosch ne sont pas là pour rassurer le responsable syndical : « les ruptures conventionnelles se poursuivent et on est tombé à moins de 1 300 salariés sur site… Des négociations vont s’ouvrir très prochainement sur des départs anticipés à la retraite : elles pourraient concerner 150 personnes ! ».

La crise actuelle n’est pas non plus de nature à inverser la tendance, d’autant que « la diversification promise peine à voir le jour » insiste Jacques Douziech, qui a également demandé à la représentante de l’Etat quand serait dévoilé le rapport promis sur l’impact écologique des véhicules Diesel, « des résultats qui devaient être rendus en septembre ».

« Chômage technique dans l’aéronautique »

Autre secteur industriel touché localement par la crise : l’aéronautique. « Toutes les entreprises du secteur implantées en Aveyron, comme LISI à Villefranche ou SOFOP à Olemps, ainsi que leurs sous-traitants, sont touchés de plein fouet, avec des procédures en cours de chômage technique » alerte Jacques Douziech, « on demande que les programmes prévus, tels l’Airbus A321 XLR, soient lancés et que de nouveaux apparaissent dans le domaine de la recherche ». 

Le syndicat appelle également à être vigilant sur les procédures APLD (Activité Partielle de Longue Durée) qui offrent la possibilité à une entreprise confrontée à une réduction durable de son activité  en raison de la crise Covid, de diminuer l’horaire de travail de ses salariés et de recevoir, pour les heures non travaillées, une allocation en contrepartie d’engagements, notamment en matière de maintien de l’emploi. « Nous demandons que cette mesure soit prolongée au-delà des 2 ans actuels pour atteindre 3 ou 4 ans, même si cela coûte cher, car c’est indispensable pour le maintien des compétences localement. »

Jacques Douziech explique avoir rencontré une préfète « à l’écoute et au fait des dossiers ». @ADN12

Une éclaircie tout de même dans le sombre paysage industriel aveyronnais : le secteur agroalimentaire « s’en sort bien fort heureusement » selon la CFE-CGC, qui salue le dynamisme des entreprises locales.

Vigilance aussi sur la santé

Le syndicat a profité de son entrevue avec la nouvelle préfète aveyronnaise pour aborder d’autres dossiers, parmi lesquels la santé. « Avec ce constat d’un personnel en grande souffrance, et des problématiques mises en lumière pendant la crise sanitaire comme par exemple les difficultés à recruter » détaille Jacques Douziech, qui appelle à une revalorisation salariale (« et non des primes, qui n’entrent pas dans le calcul de la retraite ») et à un « état des lieux partagé sur la situation, les conséquences de la crise et les besoins ».

La préfète s’est également vue sensibilisée au sort du train en Aveyron (« catastrophique ! Pourquoi ne pas développer la ligne Rodez-Millau-Béziers pour se rapprocher de la Grande Vitesse ? »), du transport aérien (« trop cher et pénalisant pour l’industrie »), de la couverture numérique (« il y a encore trop de zones blanches »), de l’accessibilité routière (« en espérant la voir inaugurer la RN88 en 2×2 voies entre Baraqueville et Séverac ») ou encore les effectifs policiers (« il faut des policiers titulaires dans les trois circonscriptions du département, pas des Adjoints de Sécurité car s’ils font du bon travail, cela reste un statut précaire »).