Tourisme. « Faire venir les Bordelais, Lyonnais et Marseillais en Aveyron»

Jean-Luc Calmelly (président de l'Agence de Développement Touristique) et Benoît Prat (UMIH) unis pour attirer les touristes en Aveyron. @ADN12

A l’occasion du lancement de son jeu concours, le président de l’Agence de Développement Touristique de l’Aveyron, Jean-Luc Calmelly, a dressé un premier bilan de cette année touristique forcément particulière, entre arrêt total lié au confinement et superbe relance estivale… Il se projette également dans l’avenir, avec une volonté de conquérir une nouvelle clientèle.

« L’Aveyron était perçu comme éloigné et ennuyeux »

Des touristes de proximité séduits par la communication ?

En s’appuyant sur les données de l’opérateur téléphonique Orange (qui géolocalise les téléphones portables de ses abonnés), le bilan de fréquentation touristique de l’Aveyron fait apparaître une baisse globale de 9% entre janvier et septembre 2020 par rapport à l’année 2019. « Le déficit du début d’année, de l’ordre de 30 %, n’est pas comblé par les très bons mois de juillet (+14 %), août (+ 7%) et septembre (+14 %) » déplorent les représentants de l’Agence Départementale du Tourisme.

« Notre campagne de communication a été couronnée de succès ! »

Un bilan forcément à mettre en perspective avec la période de confinement et les restrictions de déplacement imposées par le contexte sanitaire. Car si l’on exclut le Covid, la fréquentation touristique du département est en hausse !

« Notre stratégie de communication a été payante : on avait misé sur une clientèle de proximité, venant de Toulouse, Montpellier et Clermont. Des territoires où on avait un déficit de notoriété, et où on nous percevait comme une terre lointaine, inaccessible, ennuyeuse… Nos diptyques « Trop loin, si proche » ont redoré cette image négative en montrant qu’il y avait des choses intéressantes à moins d’une heure de route des grandes villes de la Région et la crise sanitaire nous a finalement servis ! »

(Jean-Luc Calmelly, président de l’ADT de l’Aveyron)

Ces paysages de Conques, comparés aux lointaines rizières asiatiques, ont de quoi séduire les touristes français : c’est le pari de la campagne de communication « L’ailleurs n’est pas loin ». DR

Aller chercher les touristes plus loin encore

« Il faut capitaliser sur la bonne fréquentation de ces trois derniers mois et prolonger la saison sur les vacances de Toussaint » avancent en cœur Jean-Luc Calmelly et Benoît Prat, de l’Union des Métiers et des Industries de l’Hôtellerie de l’Aveyron, pour qui l’objectif reste le même : « provoquer des courts séjours en hors-saison sur le département ».

« L’Aveyron a les atouts pour accueillir ceux qui n’ont pas pu partir pendant l’été et qui veulent échapper à la morosité ambiante » affirme Benoît Prat, qui est également le président du Club Hôtelier de Rodez, « tous les acteurs du secteur et les offices de tourisme proposent des « expériences » à vivre en Aveyron et c’est ce que les clients attendent ». Une cinquantaine d’expériences sont ainsi actuellement proposées : aventures originales, natures, sportives, culturelles et gastronomiques dans tout le département.

« Les habitants de Toulouse ou Montpellier ne décident pas avant le jeudi de ce qu’ils vont faire le weekend, en fonction de la météo. C’est de la dernière minute et il faut que l’on soit réactif pour répondre aux besoins de cette clientèle »

(Benoît Prat, UMIH de l’Aveyron)

Pour ces vacances de Toussaint, l’Aveyron comptera encore sur ces clientèles « régionales » avant de passer un nouveau cap en 2021 comme le souhaite Jean-Luc Calmelly : « après Toulouse et Montpellier, on va élargir le périmètre de promotion aux clientèles situées à moins de 4 heures d’ici : Bordeaux, Lyon, Marseille… ».