Sortie du nouvel album de Lombre, le rappeur ruthénois

De son vrai nom Andréas Touzé, Lombre est le rappeur qui monte. Plusieurs fois en première partie des concerts de Bigflo & Oli, il vient de sortir son dernier EP (Extented Play, entre le single et l'album) inspiré du travail de Pierre Soulages. Un jeune artiste talentueux, d'une noirceur lumineuse...

A 23 ans, le jeune rappeur a aujourd'hui la chance de pouvoir vivre de sa musique. ©ADN12

« J’ai toujours été plus ou moins passionné par les arts du spectacle » commence le jeune rappeur. Il faut dire qu’avec un père directeur de la compagnie du Théâtre des Anneaux, Andréas est très tôt tombé dans la marmite des arts de la scène. Il commence à écrire dès l’âge de 12 ans, mais c’est plusieurs années plus tard, lors de la séparation de ses parents, qu’il utilisera l’écriture, notamment pour du rap, comme exutoire. « Il y a dans le rap une rage qui m’a plu, une densité des mots, et j’avais beaucoup de choses à dire ! ».

Lombre sort son tout nouvel EP. ©ADN12

La naissance de Lombre

« Lombre est né en février 2016 » se souvient Andréas, « j‘avais envie de travailler sur mon entité artistique plutôt que d’imiter les flows des rappeurs ». La découverte du collectif d’artistes Fauve quelques années avant a été capitale : « j’étais bouleversé. Je me suis rendu compte qu’on pouvait ne pas forcément réguler l’écoulement du flow, c’était direct, spontané ». C’est aussi à force d’écouter du rap, mais aussi de la chanson française en général qu’il a forgé ce mélange rappé, chanté et parlé.

« Je mets toujours en avant ce côté introspectif qu’on a tous, et qu’on n’assume pas »

Avec, évidemment, cette noirceur pas si désespérée lorsqu’on y regarde de plus près. « J’aime jouer avec les paradoxes, l’ombre et la lumière, le contraste. Ça va à l’encontre de notre société basée sur le paraître : on se fait toujours une première idée sur les choses, et on oublie le fond » affirme le rappeur.

Premier album, premiers concerts

C’est le prix d’écriture Claude Nougaro qui l’a révélé en 2016. Les parrains de cette année : rien de moins que les toulousains Bigflo & Oli. « Ils ont accompagné mon projet en me soutenant, en me permettant de faire les premières parties de leurs concerts. Et puis c’est devenu de vrais potes qui croient à mon projet et me donnent de la force » raconte Andréas.

Après une première partie de concert au Krill (juste avant Hippocampe Fou et Berywan, pour les connaisseurs), il enchaine les concerts, mais aussi les prix après la sortie de son premier EP Eau trouble.

Deuxième EP, hommage à Pierre Soulages

Le lien vers les Outrenoirs de Soulages, s’il parait évident à l’écoute, s’est fait involontairement. Evidemment, ce Ruthénois d’origine connaissait le travail du peintre via sa mère, Laurence Pagès-Touzé (maire de Sainte-Radegonde), grande amatrice de son travail. « J’ai même été agent d’accueil au musée pendant tout un été ! » raconte le rappeur.

Mais c’est lorsqu’il explique aux spectateurs qu’il vient de Rodez que le parallèle, puis le lien, s’est fait dans les têtes, puis dans la sienne : « faire sortir la lumière du noir… l’influence est involontaire mais j’ai toujours adoré son art ». Dans le cadre du Siècle Soulages en 2019, il compose son titre phare, La lumière du noir dans lequel il intègre des extraits audio des interviews du peintre.

« J‘ai aussi voulu rendre hommage à la personne : il dégage quelque chose et il sait s’exprimer » 

Comme le premier, ce deuxième EP est sorti sous le label aveyronnais Ulysse Maison d’artistes et réalisé par Clément Libes (Bigflo & Oli, Soprano…) et Leo Boulomié, deux artistes toulousains. « J’ai la chance de pouvoir avoir confiance dans une équipe qui bosse à fond pour le projet, c’est un vrai plaisir de passer par des gars de ma ville, dans un label familial qui a pourtant une influence nationale » insiste Andréas qui aime revenir à Rodez de temps en temps.

Le programme

Après la sortie de cet EP le 10 septembre dernier, le jeune artiste hyperactif de 23 ans a prévu d’enchaîner les concerts… si la Covid le permet. Tous les spectateurs, ruthénois ou non, croisent les doigts…

  • 14 octobre à Vauréal en région parisienne
  • 15 octobre au Mama Festival à Paris
  • 16 octobre à Troyes
  • 6 novembre au Bumb’Albi Music Festival à Albi
  • 2 décembre au Charabia Festival de Reims

Interview à écouter chez nos confrères de Radio Temps Rodez :