Scandale à l’EHPAD d’Onet. La CGT réclame du personnel « depuis des mois »

Alors qu'un scandale de maltraitance vient d'éclater au sein de l'EHPAD La Rossignole d'Onet-le-Château, la CGT alerte quant au manque de personnel dans cet établissement qui accueille 84 résidents...

Les représentants du syndicat CGT réclament "plus de moyens" au village de la Rossignole, l'EHPAD touché par un scandale de maltraitance envers les résidents... @ADN12

L’affaire a été révélée ce lundi 21 septembre par le quotidien Centre Presse : une dizaine d’employés de la maison de retraite Le village de La Rossignole à Onet-le-Château se seraient livrés à des actes de maltraitance sur les résidents de l’unité Alzheimer, filmant les scènes et les diffusant au sein d’un groupe privé Messenger (messagerie de Facebook).

« On est tous en souffrance, choqués et épuisés »

La Direction de l’établissement aurait quant à elle eu connaissance de ces agissements au mois de juillet dernier et aurait immédiatement prévenu les autorités compétentes pour que « tout ça s’arrête et que les coupables soient punis » selon le syndicat CGT.

« Entre les sanctions disciplinaires, les collègues peinés qui ont démissionné et les insuffisances déjà existantes, il manque aujourd’hui une vingtaine de postes ! Ajouté à cela les inquiétudes des familles, on se demande combien de temps on va tenir ! »

(Jessika Caillet, aide-soignante et élue CGT)

L’EHPAD Village de la Rossignole compte 84 résidents. @ADN12

Plusieurs droits d’alerte déposés

Jessika Caillet et Fatima Jaadour sont aides-soignantes à l’EHPAD castonétois et sont élues CGT au sein du Comité Social et Economique de l’établissement. Si elles ont refusé de visionner les photos à l’origine du scandale, elle ont été évidemment « choquées », comme l’ensemble de leurs collègues, de cette révélation du mois de juillet. « Nous on travaille côté EHPAD donc on ne va jamais dans les unités protégées » explique Fatima Jaador, « jusqu’à maintenant, seules les familles des résidents concernés par ces actes étaient au courant donc nous étions relativement épargnées mais depuis l’article paru dans Centre-Presse ce matin, le téléphone n’arrête pas de sonner et on doit répondre aux questions des familles… on est vraiment en souffrance ».

« Le manque de personnel pèse »

Une épreuve d’autant plus difficile à gérer pour le personnel restant que des droits d’alerte avaient été déposés depuis plus d’un an pour dénoncer le manque de moyens humains et les conditions de travail au sein de l’EHPAD castonétois, allant même jusqu’à un mouvement de grève au cours de l’année 2019 (lire notre article du 29 juin 2019). « Les accords obtenus à l’époque n’ont jamais été appliqués ! » déplore Jessika Caillet.

« On avait tiré la sonnette d’alarme à plusieurs reprises sans être écouté » poursuit la syndicaliste, « évidemment le manque de personnel ne justifie pas ces actes mais ça joue sur la prise en charge des résidents ! ».

De son côté, Didier Pons, secrétaire local de la CGT, promet d’aller « frapper à la porte de l’Agence Régionale de Santé pour demander des postes supplémentaires » : « il y a aujourd’hui une infirmière au lieu de quatre pour 84 résidents… ça ne peut plus continuer comme ça ! ».

Démissionnaire, la directrice de l’établissement a laissé sa place depuis ce vendredi 18 septembre à Félicien Danglot, consultant en santé et medico-social. Ce dernier est chargé temporairement de gérer la crise qui frappe l’EHPAD castonétois…