Sud-Aveyron. Quatre ans de prison ferme pour le délinquant sexuel toujours recherché

Un homme de 47 ans a été condamné par le tribunal correctionnel de Rodez ce mercredi 16 septembre. il a été reconnu coupable de corruption de mineur et agression sexuelle sur mineur. Des faits qui s'étaient déroulés en 2007 et 2018 près de Millau.

@ADN12

Quatre ans de prison : même si la peine maximale encourue était de 10 ans, le Tribunal de Rodez a, ce mercredi matin, suivi à la lettre les réquisitions du procureur… Quant au prévenu, absent à l’audience, il reste aujourd’hui introuvable…

« Il faisait presque partie de la famille »

Les faits avaient commencé dès 2007. Alors embauché depuis plusieurs années dans un centre équestre du Sud-Aveyron, le prévenu était apprécié de ses patrons et des enfants, jusqu’au jour où les choses ont radicalement changé… C’est en effet au bout de quelques années sans problème qu’il agresse sexuellement un enfant de la famille en lui caressant le sexe sous ses vêtements, mais également, d’après ses propres aveux, en lui « suçant le sexe » et en se masturbant devant lui. Âgé de 10 ans au moment des faits, l’enfant, sur le moment, ne dira rien. Ce n’est qu’à l’âge de 16 ans que la victime, aujourd’hui adulte, comprend que les attouchements qu’elle a subis ne sont pas normaux.

« Je suis très très inquiète car on ne sait pas où il est » 

Cette même victime, quelques années plus tard, parle de ce qu’elle a subi à ses parents puis à son oncle, employeur du prévenu et père de deux garçons. Ce dernier demande alors au prévenu de quitter les lieux et interroge ses deux enfants qui lui confirment avoir, eux aussi, été victimes de cet homme.

Pourtant, le père décide d’en rester là pour « protéger ses enfants en évitant de les faire auditionner » et leur éviter la culpabilité « de dénoncer leur copain ». Car l’homme était apprécié des enfants, que sa première victime décrit comme « un peu simplet, il jouait souvent à cache-cache avec nous ». Ces derniers ont d’ailleurs été très affectés par le départ du prévenu. Mais c’est lorsque le père se met à le croiser régulièrement autour du domaine ou dans la rue près de chez lui, qu’il se décide à aller porter plainte à la gendarmerie, en avril 2019.

A la barre, le père des deux garçons raconte s’être retenu plusieurs fois de lui « casser la figure » en le croisant dans la rue…

Un récidiviste en fuite

C’est donc pour agression sexuelle sur sa première victime, mais aussi pour corruption de mineur sur les deux autres que le prévenu comparaissait ce mercredi au tribunal. Lors de sa garde-à-vue, il avait d’ailleurs reconnu les faits, confirmant son besoin « d’être soigné ». Expliquant aux gendarmes avoir des pulsions sexuelles non assouvies, il leur déclarait à l’époque se tourner vers les enfants à la fois pour calmer ces pulsions et par attirance pour les enfants. Conscient de son problème et affirmant avoir « trop honte » pour se faire soigner, il avait alors déclaré aux gendarmes : « s’il me mettrait une raclée (le père des enfants, ndlr), ce serait bien fait pour moi ».

« Il avait cessé les soins »

« Nous avons affaire à quelqu’un de malade » a déclaré l’avocate de la partie civile qui ne demande qu’une chose : « que ce monsieur ne vienne plus dans le secteur du domicile [des] enfants ». Déjà incarcéré pendant 7 ans pour des faits similaires dans le Nord-Est de la France, le prévenu avait cessé ses soins dès l’obligation levée.

Le Tribunal de Rodez a donc déclaré coupable le prévenu, -pourtant absent de son propre procès-, et l’a condamné à 4 ans de prison ferme, à 6 ans de suivi socio-judiciaire avec une peine de 2 ans si celui-ci n’était pas exécuté, à une obligation de soin, à une obligation d’indemniser les victimes et à une interdiction de s’approcher du domaine de ces dernières. En l’absence du prévenu, il a également été délivré un mandat d’arrêt. Enfin, son nom a également été ajouté au FIJAIS (Fichier judiciaire national automatisé des auteurs d’infractions sexuelles).