Aveyron. Les chasseurs pris pour cibles

Menaces de mort, dégradations, incendies volontaires... les attaques envers les chasseurs aveyronnais se sont multipliées ces derniers temps. La Fédération appelle à "un respect réciproque".

Des menaces de mort ont notamment été proférées à l'encontre des chasseurs dans divers endroits du département. DR

« On dépose plainte systématiquement » : le président de la Fédération des Chasseurs de l’Aveyron, Jean-Pierre Authier, ne comprend pas le « déferlement de haine » qui s’abat depuis quelques temps sur son activité et ses adeptes.

« Dopés à la doctrine anti-chasse, anti-ruralité, anti tout, par les réseaux sociaux… »

Alors que la saison de chasse a rouvert ce dimanche 13 septembre, les actes de dégradations et les menaces de mort à leur encontre se sont intensifiés. La Fédération aveyronnaise « ne veut plus les passer sous silence »…

Ici, la cabane de l’association de chasse de Lagarde à Salles-la-Source, détruite par un incendie. DR

Menaces de mort et dégradations

De nombreux faits ont notamment été relevés dans les semaines qui ont précédé l’ouverture de la chasse : graffitis haineux, menaces de mort, incendies des locaux, dégradations… et ce, à différents endroits du département : Sébazac, Salles-la-Source, Bertholène… « Nombre de chasseurs ont été profondément choqués et affectés » explique le président de la Fédération, avant de remercier « les élus de tous bords qui nous ont apporté leur soutien » : « tous sont conscients qu’au-delà de la chasse, c’est toute notre ruralité qui est visée et menacée ».

« Une franche de la population, violente »

Le local des chasseurs de Bertholène est régulièrement la cible de graffitis haineux. DR
« C’est inadmissible, irresponsable, rien ni personne ne peut justifier de tels propos ! Nous espérons désormais que les plaintes déposées aboutiront et que ces individus seront retrouvés retrouvés et jugés »

(Jean-Pierre Authier, président de la Fédération des Chasseurs de l’Aveyron)

A Sébazac, c’est un poste de tir surélevé qui a été détruit par les vandales, qui ont scié les pieds de la structure. DR

Si les chasseurs ont malheureusement dû apprendre à vivre avec la violence des réseaux sociaux, les derniers actes subis ont fait monter d’un cran la violence. « Quand ils détruisent un poste de tir surélevé par exemple, ils mettent en danger la sécurité de tous car c’est justement grâce à eux que l’on peut tirer en hauteur et sans danger…» regrette le directeur de la Fédération, Nicolas Cayssiols, qui explique que la courbe des accidents de chasse s’est effondrée ces dernières années grâce à un gros effort de communication des chasseurs.

« Paradoxalement, c’est parce que nous communiquons beaucoup que cela nous cause du tort » regrette à son tour le président aveyronnais.

Les chasseurs et l’environnement

Les griefs les plus courants à l’encontre des chasseurs sont la plupart liés à la protection de la nature et à l’environnement. Des reproches que ne comprend pas Nicolas Cayssiols : « on travaille depuis des années sur l’environnement sans jamais en parler, c’est peut-être notre tort »…

Mares, tourbières, haies, plantations… les chasseurs aveyronnais mettent en place un certain nombre de zones préservées à destination de la faune. « Elles ont été particulièrement utiles pendant la période de sécheresse »

Le même message a été relevé à plusieurs reprises. DR

Un travail en collaboration et sous la surveillance de la « Police de l’Environnement », l’Office Français de la Biodiversité. Son chef de service aveyronnais, Jean-Luc Laurès confirme : « nous avons plein de sujets en commun avec les chasseurs : sur la préservation de la biodiversité, la sécurité, la lutte contre le braconnage, le partage des espaces avec les activités de loisirs types VTT et sports motorisés… ».

« Pour un respect réciproque »

« Nous cherchons à combattre les dogmes » insiste Jean-Pierre Authier, qui explique ce déferlement de haine par une incompréhension d’une petite frange de la population. « Les équilibres ruraux sont questionnés par les urbains, par ceux qui ont une mauvaise image de la viande et qui ont décidé d’aseptiser la mort…».

Si certaines positions sont peut-être effectivement à jamais inconciliables, les actes commis ces derniers temps font l’objet d’enquêtes et leurs auteurs devraient être poursuivis pénalement s’ils venaient à être arrêtés…

Des plaintes sont systématiquement déposées auprès des forces de l’ordre. DR