Luc-la-Primaube. L’homme insulte les gendarmes pour se faire arrêter

Un homme de 49 ans a été condamné ce mercredi 9 septembre à de la prison avec sursis pour des faits de violence et d'outrage à des représentants des forces de l'ordre, ainsi que pour harcèlement sur sa conjointe. 

@ADN12

Les faits datent du confinement. Les gendarmes, appelés pour des violences domestiques dans une habitation de Luc-la Primaube, se sont retrouvés face à un homme d’une cinquantaine d’années visiblement alcoolisé, leur demandant de lui passer les menottes et de l’emmener au poste.

Interloqués par cette demande plutôt inhabituelle, les gendarmes ont investigué le domicile, où ils ont trouvé la compagne de l’homme, saignant du nez et des traces de sang au sol. Alors que les représentants de l’autorité cherchaient à y voir plus clair, l’homme, voyant qu’on lui refusait les menottes, a commencé à les invectiver : « vous allez voir, ça ne va pas se passer comme ça », « ça va mal finir », « donnez-moi votre numéro de matricule » a-t-il crié avant d’agripper un des gendarmes par l’avant-bras et de le tirer violemment. « Je voulais qu’ils m’emmènent » a reconnu le prévenu devant le tribunal de Rodez, ce mercredi matin.

Violences sur représentants des forces de l’ordre

L’homme qui avait lui-même appelé les gendarmes ce jour-là, était en effet alcoolisé. Ce dernier a expliqué à la barre du Tribunal que des problèmes personnels et professionnels ont aggravé son humeur. Car le confinement a surpris ce gérant d’entreprise qui venait tout juste de démarrer son activité dans la commune au mois de mars. « Je n’ai pas pu avoir d’aide car je n’ai perdu que 43% de mon activité alors qu’il fallait avoir perdu 50% pour avoir droit aux aides » explique-t-il, reconnaissant tous les chefs d’accusation.

« Le gendarme a fait son travail, mais il ne voulait pas m’emmener »

Ce jour là, l’homme avait franchi le pas en donnant une gifle à sa compagne, ce qui l’a faite saigner du nez, lui occasionnant 7 jours d’Incapacité Temporaire de Travail. Il déclare avoir appelé les gendarmes « pour ne pas occasionner plus de blessures » à sa compagne.

« Quand il est calme, ça va »

Cette dernière a expliqué aux gendarmes, puis au Tribunal, que le harcèlement de son compagnon s’était intensifié depuis plusieurs mois. « Dès qu’il boit, je me prends des réflexions » a-t-elle indiqué, évoquant des insultes, du rabaissement permanent et parfois des « claques derrière la tête » qu’elle subit lorsque son compagnon est un peu alcoolisé. Pourtant, devant le tribunal, elle insiste pour lui pardonner et souhaite retirer sa plainte : « en dehors de ça, ça va très bien. Quand il est calme, ça va ».

« Je ne voulais pas envenimer les choses en appelant la police »

Lorsque la Présidente du Tribunal lui a demandé pourquoi elle n’a pas appelé plus tôt la police, celle-ci répond laconiquement : « je me suis toujours débrouillée toute seule ». Précédemment mariée à un homme alcoolique et violent, cette dernière précise : « je connais ça ». Insistant pour que son compagnon revienne à la maison, elle a expliqué que, mise à part les moments où il boit, leur couple tient la route : « je pense qu’il a compris et qu’il faut qu’il se soigne » a-t-elle insisté. Le prévenu, qui a dit regretter ses gestes, a confirmé avoir commencé des soins pour traiter son alcoolisme et être passé à la brigade présenter ses excuses aux gendarmes. Excuses qu’il a renouvelées aux trois gendarmes victimes, présents dans la salle.

« On retrouve le schéma des violences familiales » a expliqué la Procureure en précisant que dans ce type de schéma, les victimes ont du mal à se défaire de l’emprise de leur compagnon : « les victimes de violences conjugales portent sept fois plainte avant de partir » a-t-elle expliqué au Tribunal.

Ses réquisitions de 8 mois de prison avec sursis probatoire et obligation de soin pour une durée de deux ans ont d’ailleurs été suivies à la lettre par le Tribunal qui a déclaré le prévenu coupable des faits et l’a également condamné à verser 150€ d’amende au gendarme qui a subi les violences.

« les victimes de violences conjugales portent sept fois plainte avant de partir »

Pour rappel, un numéro d’écoute national destiné aux femmes victimes de violences, à leur entourage et aux professionnels concernés existe : le 3919. Appel anonyme et gratuit du lundi au dimanche : de 9h00 à 22h00 du lundi au vendredi et de 9h00 à 18h00 samedi, dimanche et jours fériés.