Saint-Affrique. 1 an de prison ferme pour l’agresseur du buraliste

Ce lundi 7 septembre, le tribunal correctionnel de Rodez avait à juger l'auteur de l'attaque au couteau perpétrée à l'encontre d'un buraliste de Saint-Affrique, en juillet dernier. L'homme, qui explique avoir de gros soucis financiers, a été condamné à de la prison ferme...

Le Tribunal de Rodez a rendu son verdict. ©ADN12

Lors de la première audience, cet homme de 33 ans avait demandé un délai pour préparer sa défense et pour notamment prouver qu’il se trouvait dans une situation financière particulièrement délicate lorsqu’il avait commis cette attaque de buraliste, visage masqué et couteau à la main, à Saint-Affrique le 28 juillet dernier (lire notre article du 4 août).

« Vous gagnez plus de 2 000 € par mois, c’est plus que la plupart des français ! »

Un acte désespéré ?

L’audience de ce mardi 7 septembre a permis d’en savoir plus sur les circonstances dans lesquelles a été commise l’attaque. Ce jour-là, l’homme, qui vit à Vierzon (département du Cher) et travaille en remplacement sur toute la France, se trouve à Saint-Affrique pour « récupérer les 70 euros prêtés à un ami ». Mais ce dernier ne les lui rend pas et le prévenu décide de trouver l’argent ailleurs…

« J’avais absolument besoin d’argent pour faire ma semaine, pour manger… Je ne sais pas ce qui m’est passé par la tête… C’est un acte désespéré, pas réfléchi ! Je suis parti quand le buraliste a refusé de me donner la caisse. Je ne lui ai pas mis le couteau sous la gorge. Je n’étais pas là pour faire du mal… »

(L’auteur de l’attaque au couteau)

L’homme, qui touche pourtant « entre 2 000 et 2 300 euros par mois », explique avoir du mal à boucler les fins de mois, la faute à de nouvelles factures depuis l’achat d’une maison… « Il fait partie de ce que l’on appelle les travailleurs pauvres » plaide son avocate, Maître Salimata Diagne, qui évoque « une erreur, commise en pleine spirale infernale et une situation financière calamiteuse, avec des saisies sur salaire. » avant de réclamer une requalification des faits : « mon client est parti de son plein gré. Il n’y a donc pas de tentative de vol, uniquement des violences aggravées ».

Des victimes absentes

Le buraliste agressé et sa compagne, absents lors de ce procès, n’auront pas pu aujourd’hui confirmer leur version des faits, à savoir que c’est l’arrivée d’un client qui aurait selon eux mis en fuite le malfaiteur… Dans un courrier, ils expliquent réclamer 15 000 € de dommages et intérêts, ce qui fait bondir l’accusé, jusqu’ici resté calme : « ça va pas, ils sont fous ! » s’emporte-t-il.

« Il n’y aucune prise de conscience de la gravité des faits alors que l’accusé aurait pu se retrouver devant la Cour d’Assises pour vol à main armée ! C’est une violence en soi que de se présenter le visage dissimulé pour faire peur, c’est un traumatisme pour les victimes, qui n’a pas de prix ! Son attitude est intolérable ! Surtout après 8 condamnations et de nombreux avertissements sous forme de sursis ! »

(Ministère Public)

Le Ministère Public, qui dit « craindre une récidive », requiert pas moins de 30 mois de prison (dont 12 avec sursis)…

« Quel prix a une vie ? »

(La présidente à l’accusé)

Mais la présidente du tribunal, qui n’a de cesse de répéter que les « faits sont particulièrement graves », choisit finalement de requalifier les faits en « violences aggravées avec menace d’une arme » et condamne l’auteur de l’attaque à 18 mois de prison, dont six mois avec sursis. Il devra indemniser le buraliste à hauteur de 1 500 euros, soit dix fois moins que ce qui était réclamé…