Espalion. Deux hommes condamnés pour une série de vols

Deux hommes de 30 ans étaient jugés en comparution immédiate devant le tribunal de Rodez ce lundi 31 août. Ils avaient été arrêtés la veille par les gendarmes alors qu'ils volaient du carburant sur un chantier à La Loubière.

Ils ont été pris en flagrant délit ce dimanche 30 août par les gendarmes qui patrouillaient sur la commune de la Loubière : deux hommes, avec bidons et tuyaux, en train de siphonner les engins d’un chantier de construction, la jauge de leur propre véhicule ouverte pour recevoir le gasoil… Ils ont été jugés dès ce lundi par le tribunal correctionnel de Rodez.

Déjà 300 litres volés en juillet

Avec un esprit coopératif assez rare pour être souligné, les deux trentenaires vont profiter de leurs auditions pour reconnaître d’autres faits : le siphonnage de deux poids lourds appartenant à une société de travaux basée à Espalion en juillet (300 litres dérobés), deux vols avec effraction en avril à Saint-Geniez-d’Olt concernant de l’outillage dans un hangar de menuiserie et différents objets à la déchetterie inter-communautaire.

Certains produits de leurs larcins auraient ensuite étaient revendus sur le site marchand Le Bon Coin pour quelques centaines d’euros, d’autres seraient toujours en leur possession. « Je suis prêt à rembourser les victimes et à ramener les objets qui sont encore en ma possession » a dit à plusieurs reprises le plus coopératif des deux accusés.

Un profil « étonnant »

Interrogé par le tribunal sur le motif de ces vols, ce dernier s’effondre : « je suis en arrêt de travail depuis plus d’un mois à cause d’un accident et je n’ai plus de revenus. J’avais besoin d’essence pour emmener ma copine au travail ». Pourtant, l’homme explique avoir un CDI et gagner 2 600 euros par mois avec sa compagne. « Avec deux salaires, vous n’avez pas assez pour vivre ? » questionne le Ministère Public.

« Dès que j’ai de l’argent, je le dépense et je me retrouve en galère à la fin du mois. Je ne sais pas dire non, je suis peut-être influençable… J’essaie de travailler là dessus mais j’ai besoin d’un soutien psychologique. Je viens de vivre un drame familial et je sens que je suis en train de rechuter… »

(Un des accusés)

Une sincérité qui a toutefois du mal à faire oublier son casier judiciaire, avec pas moins de 9 condamnations pour vol ou recel, et déjà plus de deux années passées en prison.

C’est d’ailleurs là-bas qu’il a rencontré son complice, un homme au profil « plus classique », qu’il a accepté d’héberger gratuitement à sa libération conditionnelle : 30 ans lui aussi, bénéficiaire du RSA, 14 condamnations pour vol ces dix dernières années, et se trouvant sous le coup d’un sursis… « Un ami de détention » à la « mauvaise influence » selon l’avocate du premier accusé. Celui-ci demandera d’ailleurs lui-même au juge de les interdire d’entrer en contact : « ce serait mieux que l’on ne se voit plus… Notre relation n’est bonne ni pour lui, ni pour moi ».

18 mois de prison ferme 

Estimant que les deux accusés « se font passer pour des personnes dans le besoin avec des explications qui manquent presque de décence », et que « la répétition de ce type de faits génère du trouble à l’ordre public trop souvent classé sans suite », le parquet a réclamé jusqu’à deux ans de prison ferme pour celui qui se trouvait sous liberté conditionnelle.

Une peine finalement ramenée à 18 mois de prison ferme par les juges du tribunal (avec 6 mois de révocation du sursis dont il bénéficiait) et mandat de dépôt. Le plus coopératif est lui condamné à 1 an de prison ferme sous bracelet électronique et 6 mois de sursis, avec obligation de se soigner.

Ils devront tous deux indemniser les victimes, pour près d’un millier d’euro.