Aveyron. Que veulent dire ces points verts au bord des routes ?

Les Aveyronnais les plus observateurs n'auront pas manqué de remarquer ces points verts sur des poubelles ou des poteaux en ville, ou encore sur des panneaux au bord des nationales. Très présents cet été sur les routes de France, ils n'ont rien à voir avec l'écologie : il s'agit en fait d'un collectif complotiste qui souhaite prendre la tête du gouvernement.

Certains de ces ronds ont carrément un QRCode imprimé. ©ADN12

Ces simples ronds peints à la bombe ont fleuri depuis le mois de juin sur les arbres, les sols et les panneaux des bords de route, principalement de l’ouest Aveyron, suscitant quelques interrogations chez les Aveyronnais.

Un collectif complotiste créé en 2014

Il s’agit en réalité d’un signe du CNTF, le Conseil National de Transition de France. Créé en 2014, ce groupuscule est un rassemblement de personnes « sans tendance politique ni religieuse » s’estimant être « l’incarnation officielle d’un peuple souverain trahi » et dénonçant « la dictature en cours d’établissement » d’après la présentation que l’on trouve sur leur site officiel. Ce mouvement, loin de se cacher, a distribué des tractsauprès des forces de police de France et d’Aveyron, pour expliquer mais aussi légitimer leur démarche aux yeux des autorités.

Nommé en référence au Conseil National de la Résistance de la Seconde Guerre Mondiale, ce groupe aux relents d’extrême-droite comme d’extrême-gauche se voit comme « la seule autorité légale de France », surfe sur la théorie complotiste des chemtrails (théorie selon laquelle les traînées blanches laissées dans le ciel par le passage des avions seraient en fait des produits chimiques déversés par diverses agences gouvernementales…), dénonce la mise en place d’un « nouvel ordre mondial », s’oppose aux vaccins, aux masques et estime que le gouvernement français « n’est plus légitime depuis 2005 ».

A la fois discrets et visibles, ces ronds verts ont intrigué tout l’été. ©ADN12

Le 14 juillet 2015, 300 personnes militantes du CNT s’étaient rassemblées devant l’Elysée avec la volonté assumée de prendre le pouvoir par un coup d’Etat afin d’instaurer ce fameux Conseil national de transition de France, ce qui a mené à l’arrestation de la majorité des manifestants.