Villefranche-de-R. Il asperge d’essence le logement de son ex-compagne

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« Ça fait 14 ans que ça dure » : à la barre du tribunal correctionnel de Rodez ce mardi 18 août, cet homme de 39 ans essaie d’expliquer ce qui l’a amené à répandre un bidon d’essence de cinq litres sur la porte et à l’intérieur de l’appartement villefranchois de son ex-compagne, il y a une semaine à peine…

« Je vais te cramer, tu vas mourir ! »

Quatre enfants au milieu du conflit

Selon lui, cette relation a toujours été conflictuelle et les choses auraient empiré depuis la séparation du couple, deux ans auparavant. Ce mardi 11 août, aux alentours de 23h, l’homme se rend chez son ex-compagne parce qu’il « veut voir ses enfants », et aussi parce que cette dernière a refusé de lui prêter de l’argent plus tôt dans la journée.

« Elle n’arrêtait pas de m’embêter »

Il avoue être « un peu alcoolisé », –ayant effectivement ingurgité « cinq ou six verres de whisky »…-, il fracture la porte du logement vide et il entreprend de verser le contenu de son bidon d’essence à l’intérieur. Il est alors interrompu par l’arrivée de son ex-belle-mère et prend la fuite…

Les gendarmes le retrouveront finalement chez lui dans le Lot, après qu’il se soit de nouveau manifesté par des menaces de mort par téléphone.

« Vous comprenez bien que vous ne reverrez pas vos enfants tant que vous agissez de la sorte ! Vous déversez de l’essence dans le logement où vos enfants habitent ! Vous avez failli les tuer vos enfants ! C’est le serpent qui se mord la queue… »

(La présidente du tribunal à l’accusé)

Un avis partagé par le ministère public qui estime effectivement que « d’autres solutions existent pour voir ses enfants »…

Une personnalité problématique, en rupture de soins

Le casier de l’accusé ne plaide pas non plus en sa faveur : 17 condamnations, dont certaines déjà pour des faits de violences et dégradations qui le placent en état de récidive. Décrit par le parquet comme « violent » et présentant une « personnalité antisociale », cet homme sans emploi aurait un sérieux problème d’alcoolisme et ne prendrait plus le traitement prescrit par les psychiatres depuis six mois.

« Il a besoin d’aide et je ne pense pas que la prison soit la solution. Il s’agit d’une surréaction : il n’a jamais eu l’intention d’enflammer l’appartement »

(Maître Laurent Balanger, avocat de l’accusé)

Les juges du tribunal correctionnel de Rodez le condamnent pourtant à deux ans de prison dont la moitié sous sursis probatoire renforcé comprenant l’obligation de se soigner. Il ne pourra plus non plus entrer en contact avec son ex-compagne pendant les trois prochaines années. Le parquet avait réclamé quatre années d’emprisonnement. Un mandat de dépôt a été décerné.