Espalion. 23 ans et déjà multirécidiviste

Le jeune homme présenté ce mardi 18 août devant les juges du tribunal de Rodez est déjà un habitué des salles de justice : à 23 ans, il compte déjà 15 condamnations à son casier judiciaire, pour des faits de vols, violences, dégradation, trafic de stupéfiants, rébellion, évasion, outrage, port d’arme, menaces de mort… L’audience du jour lui en vaut une seizième pour trafic de drogue et violences habituelles sur sa compagne.

« Vous la tapez là où ça ne se voit pas »

Jeudi dernier, le 13 août, c’est à la suite de violences sur sa compagne qu’il est arrêté à Espalion. Celle chez qui il vit et qu’il a retrouvée depuis sa dernière sortie de prison en avril dernier explique être victime de coups, d’étranglements et de menaces de mort. Elle porte traces de griffures, d’hématomes et de traces de couteau sur le corps. « Vous prenez la précaution de viser des zones non visibles » fait remarquer la présidente du tribunal, qui précise que la jeune femme est par ailleurs enceinte de trois mois. « Je n’en suis pas fier » rétorque le jeune accusé, qui finit par demander pardon à sa victime, présente dans la salle.

Une jeune femme qui a le courage de se porter partie civile et qui réclame seulement l’euro symbolique en guise de dommages et intérêts.

Gros consommateur ou trafiquant ?

Le jeune homme, qui a déjà passé quatre années en prison en raison de ses précédentes condamnations, a un autre gros problème : les stupéfiants. Il explique consommer 3 grammes de cannabis par jour depuis l’âge de 13 ans. Lors de son arrestation, les gendarmes ont mis la main sur 45 grammes de résine : « je suis allé les acheter à Marseille en blablacar pour ma consommation personnelle » explique l’accusé.

Une version à laquelle ne croit pas le Ministère Public, qui s’appuie sur les déclarations faites par la compagne du jeune homme lors de son audition, qui décrivait elle des faits de trafic quotidien opéré depuis leur domicile.

« Il a fait un choix de vie : il préfère gagner 2 000 euros par semaine en sortant trois soirs pour traficoter plutôt que de travailler comme les gens normaux. C’est l’argent facile ! On a saisi chez lui tout le matériel de conditionnement et il refuse de donner les codes de ses trois téléphones portables pour empêcher les enquêteurs de poursuivre les investigations ! »

(Représentante du Ministère Public)

Les enquêteurs avaient retrouvé 2 000 euros en liquide, triés par petites coupures. Le résultat « d’une entraide familiale » selon l’avocate de l’accusé…

Deux ans de prison

Les juges du tribunal correctionnel de Rodez ont finalement penché pour la thèse du parquet et condamné le jeune homme de 23 ans à deux ans de prison, dont six mois sous sursis probatoire renforcé pendant lequel il devra travailler et se soigner.

Il devra en outre verser 1 euro symbolique à sa victime, avec qui il a interdiction d’entrer en contact pendant les deux prochaines années, en dehors de ses futures obligations parentales…