Rodez. « Les gens ont envie de redécouvrir leur ville »

L'Office de Tourisme de Rodez rapporte une tendance plus positive que prévue chez les différents hébergeurs et professionnels du tourisme pour le mois de juillet sur et autour du piton...

Au carrefour St Etienne, les clients ont retrouvé leur place à l'ombre des arbres.

« Les chiffres sont plus positifs par rapport au prévisionnel, c’est encourageant » commente Florence Taillefer, directrice de l’Office de Tourisme de Rodez. Une bonne tendance de fréquentation sur le piton en cette mi-saison estivale, qui confirme celle du département.

Hébergements complets en août ?

« Les hébergeurs rapportent qu’ils ont réalisé entre 70 et 100% du Chiffre d’Affaire de juillet 2019 » rapporte Florence Taillefer. Bien au-delà des prévisions d’avant-saison : « Le Club hôtelier prévoyait un chiffre d’affaire à 50%, on est au-delà du compte » même s’il s’agit d’une tendance : « certains ont fait -20%, d’autres le même chiffre ». Mais bonne nouvelle : pour beaucoup, les réservations sont déjà presque complètes pour le mois d’août.

L’équipe du restaurant du Kiosque à Rodez ©Le Kiosque

Idem pour les bars et restaurants : l’UMIH (Union des métiers et des industries hôtelières) rapporte également de meilleurs chiffres que ceux initialement prévus, même s’ils restent variables d’un jour à l’autre. « C’est en dents de scie : certaines journées ont un taux de remplissage très élevé, d’autres sont en creux » précise la directrice, qui le constate aussi sur les marchés du mercredi et du samedi.

Du côté des quelques établissements locaux de luxe, la tendance est également bonne : « ils constatent un report de la clientèle étrangère sur la clientèle française aisée : ça corrobore les chiffres du musée Soulages, qui sont plutôt bons » confirme Florence Taillefer.

Que font les touristes autour de Rodez ?

Les visites de l’Office de Tourisme font carton plein puisque la plupart sont complètes : « on a éliminé la visite du clocher de la cathédrale, qui ne permettait pas de respecter les distanciations, pour se concentrer sur celle des planètes » explique la directrice. Les visites de Miss Grumpy ont aussi, comme chaque année, toujours autant de succès. Et pour le taux de passage de visiteurs à l’accueil de l’Office de Tourisme, les agents voient une nouvelle tendance se former : « il y a moins de gens qui rentrent puisque, par exemple, sur une famille de quatre, une seule personne va mettre son masque et rentrer » remarque Florence Taillefer.

L’office de tourisme continue d’informer touristes et Aveyronnais sur les activités locales. ©ADN12

« En revanche, il y a une augmentation du nombre de personnes qui viennent demander des renseignements ou des conseils à l’accueil » note cette dernière, tout en constatant aussi la très forte augmentation du nombre de fans sur les réseaux sociaux : « +25% sur Facebook et Instagram », preuve que l’effort réalisé pour moderniser la communication finit par porter ses fruits.

« Il y a une envie de découvrir les sentiers autrement »

Côté loisirs, les touristes semblent privilégier les activités en plein air comme le vélo-randonnée accompagné d’un guide, Rodez Plage, l’accrobranche…

Très peu d’étrangers, beaucoup de voisins

Et évidemment, la majorité des visiteurs viennent de France. Malgré quelques touristes belges, néerlandais et, bien plus rarement, espagnols, les voisins d’Occitanie sont les grands gagnants des visiteurs de Rodez : Haute-Garonne, Gard, Hérault… et région parisienne bien sûr !

« Les gens ont envie de redécouvrir leur ville, de se faire plaisir »

Les efforts de communication de la région Occitanie pour attirer les touristes auraient-ils payé ? Un appel en tout cas entendu par les touristes puisque la durée de leur nuitée s’est rallongée : « ils restent plus longtemps que les années précédentes, trois ou quatre nuits. Certains hôteliers me disent que certains séjournent une semaine, ce qui n’arrivait pas avant » confirme la directrice de l’Office de Tourisme.

Les marchés tirent leur épingle du jeu et les touristes apprécient les produits locaux et les stands de petits producteurs. ©ADN12

Pas question cependant pour la Directrice de l’Office de Tourisme de se réjouir de ces bons chiffres car si la tendance est plutôt bonne, la casse sera, pour certains, inévitable : « Se réjouir serait comme faire la fête alors qu’on sait que certains ne sont pas invités » insiste Florence Taillefer qui pense aux hôteliers qui souffrent tout… Elle souhaite louer le courage des professionnels « qui n’ont jamais baissé les bras » mais insiste pour ne pas oublier les autres : « c’est difficile de se réjouir car on sait que cette période n’est pas tout à fait normale ».