Aveyron. Romain Déléris, nouveau président des Jeunes Agriculteurs

Un début de mandature particulier pour Romain Déléris, élu président des JA le 12 mars, juste avant le confinement. @ADN12

Les Jeunes Agriculteurs de l’Aveyron ont un nouveau président depuis le mois de mars : à 31 ans, Romain Déléris, éleveur bovin en lait à Saint-André-de-Najac, succède à Anthony Quintard à la tête du syndicat.

« Mes parents se sont rencontrés aux JA »

Comment envisagez-vous le rôle de président des JA ?

Ma mission est de faire en sorte que tout le monde prenne sa place, et de représenter au mieux la structure. C’est un rôle de leader et de coordinateur.

Pourquoi cet engagement ?

Je suis un peu né aux JA puisque mes parents s’y sont rencontrés. J’ai toujours baigné dans le syndicalisme, avec l’idée et l’état d’esprit de participer aux choses plutôt que d’en être spectateur.

Être aux JA quand on est agriculteur, ça signifie quoi ?

C’est l’image du métier avant toute autre chose. Les citoyens et les consommateurs ont beaucoup d’interrogations sur notre travail. C’est important d’y répondre et c’est notre plus grand défi : recréer du lien avec la société , susciter des vocations…

Une partie de la nouvelle équipe des JA de l’Aveyron, élue pour deux ans. DR

Le renouvellement des générations reste justement votre dossier prioritaire ?

Oui, transmission, installation… Il faut offrir les meilleures conditions possibles aux porteurs de projets et assurer un suivi pendant les premières années pour qu’ils puissent se lancer le plus sereinement possible. C’est un enjeu essentiel en Aveyron, qui était en 2018 le premier département français en nombre d’installations, mais où les arrêts d’activité ne sont toujours pas compensés…

Comment on s’y prend ?

Ça passe d’abord par la promotion du métier, auprès du grand public, mais aussi des scolaires. Ce sera un axe fort de la mandature avec un travail à mener en partenariat avec les établissements agricoles. Ensuite, il faut aussi sensibiliser les cédants pour qu’ils anticipent au mieux la fin de leur activité.

« Capitaliser sur les bonnes habitudes du confinement »

On vous a vu récemment militer auprès des élus locaux pour demander « du local à la cantine », c’est aussi un enjeu d’avenir ?

En Aveyron, on produit vingt fois plus que ce que l’on consomme donc le problème ne vient pas de la production mais bien des décideurs… On veut sensibiliser les collectivités locales, les hôpitaux, les EHPAD, les restaurants d’entreprises, leur dire que c’est possible de consommer plus localement. Pendant le confinement, les citoyens ont fait plus attention à cela, j’espère que les responsables politiques seront eux aussi plus attentifs dans leurs approvisionnements. C’est une attente générale : des citoyens, des parents d’élèves, des familles…

Comment les agriculteurs ont-ils vécu le confinement ?

Il y a eu un temps d’adaptation où il a fallu être imaginatif pour trouver de nouveaux débouchés car certains circuits de commercialisation ont fermé. Il y a eu un effort énorme pour rebasculer sur les commerces alimentaires. Pour la majorité des agriculteurs aveyronnais, nous ne sommes donc pas la profession qui a le plus souffert. Il faut essayer de capitaliser sur ces bonnes habitudes prises pendant le confinement. Bien sûr, socialement, on a souffert comme tout le monde même si on a quand même un cadre de vie privilégié. D’ailleurs, je pense que le confinement a conforté pas mal d’agriculteurs dans leur vocation pour ce métier…

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