Séverac d’Aveyron. Alcoolisé, il insulte les gendarmes sur une aire d’autoroute

Ce mardi 21 juillet, un homme de 37 ans a comparu en procédure de comparution immédiate pour violence en état d'ébriété et outrage à une personne dépositaire de l'autorité publique en récidive.

Les faits se sont passés le 19 juillet dernier sur une aire d’autoroute près de Séverac d’Aveyron. Après un agréable week-end sur les Gorges du Tarn, le prévenu avait cherché à faire du stop pour rejoindre son ex-compagne à Strasbourg. Fortement alcoolisé mais de bonne humeur, il avait cherché à se lier d’amitié avec un employé d’une station service Total d’une des aires d’autoroutes. Après lui avoir poliment demandé de respecter les gestes barrières, l’employé a prévenu l’homme qu’il avait envoyé une alerte via le système interne de la station pour indiquer la présence d’un client en état d’ébriété.

Gifle et insultes

Le prévenu, ayant cru que l’employé avait appelé les gendarmes, s’est alors mis en colère et aurait cherché à frapper l’employer : certains témoignages rapportent qu’il y serait arrivé, d’autres que son bras aurait été arrêté par la barrière de plexiglas devant le comptoir. Devant le comportement violent du client, l’employé a alors bel et bien appelé les gendarmes. Arrivés sur les lieux, ils se sont alors fait traiter d’« enculés » et de « gros connards » par le prévenu. Ce dernier, fortement alcoolisé après une dizaine de bières et un demi-litre de rhum qu’il gardait avec lui, a alors été emmené à la gendarmerie.

Devant le tribunal ce mardi après-midi, l’homme a reconnu les faits et s’est excusé auprès des gendarmes et de l’employé de la station essence. « Ce jour là j’avais passé une bonne journée au bord du Tarn, j’étais de bonne humeur. J’ai commencé à boire et je me suis pas arrêté » a expliqué le prévenu.

Une main tendue

Sorti de prison en mars dernier, il a raconté avoir vécu le confinement avec son ex-compagne dont il s’est séparé. Depuis, s’il est facilement arrivé à trouver du travail grâce à ses diplômes de cuisinier, il n’a pas pu trouver de logement stable et a enchaîné les foyers d’accueil et les hébergements d’urgence. « L’emploi c’est pas le problème, c’est le logement » explique le prévenu avec un lourd casier judiciaire (treize condamnations pour stupéfiants, vols, outrage et violences). « La question de l’hébergement c’est la base pour redémarrer quelque chose » a expliqué son avocate qui a insisté sur la bonne foi de son client, descendu dans le Sud pour trouver du travail en cuisine pendant la saison estivale. « Tendez-lui une main » a-t-elle demandé au Tribunal en contestant la réquisition de la procureure qui demandait que le prévenu soit placé en mandat de dépôt, « ce qui serait fortement préjudiciable à la vie professionnelle de mon client » a plaidé la défense.

Ce mardi après-midi, le Tribunal a entendu cet appel en condamnant le prévenu à 12 mois de prison, dont 6 avec sursis, sans mandat de dépôt et avec la possibilité d’aménager les 6 mois fermes de manière à ce qu’il ne reparte pas en prison. « C’est la dernière main tendue » a prévenu Sylvie Rouannes, la Présidente du tribunal, après avoir rendu son verdict.