Rodez. L’hôtel Ibis transforme ses chambres en bureaux !

Alors que le secteur hôtelier continue de souffrir du manque de touristes, les gérants de l'hôtel Ibis de Rodez ont décidé d'innover et proposent leurs chambres, transformées en bureaux pour l'occasion, à la location pour du télé-travail, à la journée ou demi-journée.

Benoît Prat, propriétaire avec son épouse Stéphanie, des hôtels Ibis de Rodez se lance dans la location d'espaces individuels de travail. ©ADN12

« L’hôtellerie souffre mais elle se réinvente ! » affirme Benoit Prat, gérant de l’hôtel Ibis de Rodez avec sa femme Stéphanie. Après avoir fait preuve d’une belle solidarité pendant le confinement, cet hôtelier réinvente sa profession et lance la location de bureaux individuels à la journée ou à la demi-journée… dans les chambres de son établissement ! Objectif : faire connaître les hôtels du groupe aux professionnels de passage ou aux touristes en besoin d’un espace calme et connecté.

Premier Ibis à lancer l’idée

L’idée est venue de Perpignan, alors qu’un hôtelier en manque de clients proposait de louer ses chambres en espace de travail pendant le confinement, pour les parents en télétravail en demande d’un lieu proche de la maison mais au calme (peut-être loin des enfants ?…). A Rodez, il n’en a pas fallu plus pour inspirer le propriétaire de l’hôtel Ibis qui a transformé quelques-unes de ses 45 chambres en bureau. Et il suffit de peu : une table, trois chaises, et le lit soigneusement rangé dans… la douche de la chambre ! « C’est plus une question d’utiliser les m² que de les rentabiliser » explique Benoit Prat qui voit là un excellent moyen de rendre service tout en mobilisant ses espaces vides et sa dizaine de salariés, encore à mi-temps alors que la semaine du Rallye du Rouergue (début juillet) aurait dû être sa plus grosse période de l’année.

Les chambres sont transformées en bureau privatisés à la demande. Photo : ©Ibis

« Notre offre est complémentaire des espaces de co-working actuels sur Rodez » précise ce dernier qui propose ses chambres-bureaux pour des locations occasionnelles. « Nous nous adressons aux clients qui ont besoin d’un espace pour un jour ou une demi-journée de temps en temps » indique-t-il, loin des offres actuelles à la semaine ou au mois. Pour 30€ la demi-journée et 50€ la journée, les professionnels bénéficient d’un accès 24/24, de la climatisation, du Wifi haut débit, d’un accès handicapé, du parking (gratuit) de l’hôtel, mais aussi de toilettes privatisées et de la terrasse de la chambre, des services du bar, d’une boisson chaude offerte et des compétences des salariés de l’hôtel qui suivent des consignes sanitaires strictes depuis le début de l’épidémie.

« Pour nous, c’est normal de désinfecter une pièce, d’avoir du gel hydroalcoolique… c’est notre quotidien »

L’Ibis de Rodez, situé en bas de la rue Saint Cyrice, est le premier du groupe sur tout le territoire national à se lancer dans la chambre-bureau. Peut-être la preuve qu’un besoin existe, plusieurs clients en profitent déjà alors que le service n’a été mis en place que depuis environ trois semaines, avant même de lancer toute communication.

Une clientèle locale… mais pas que 

Si l’offre intéresse déjà des professionnels locaux comme des agents immobiliers ou des   directeurs commerciaux comme ceux d’Uber Eats, venus faire passer des entretiens individuels, Ibis souhaite cibler les touristes pour cet été. « Beaucoup de touristes qui sont en camping ou en caravane vont avoir besoin à faire une téléconférence, du télé-travail, des espaces pour travailler au calme avec un bon wifi : une chambre, c’est l’idéal » affirme Benoît Prat, plutôt fier de sa trouvaille que la direction du groupe Ibis souhaite étendre sur tout le territoire national.

Cette offre vient compléter celle déjà présente des espaces de co-working et des salles de séminaires, régulièrement utilisées mais « le marché du séminaire va évoluer, avec les réunions Zoom » estime l’hôtelier qui essaye toujours de voir avec une longueur d’avance.

L’hôtel proposait déjà des espaces de co-working à 30€ la journée. Photo ©Ibis