Marcillac-Vallon. Fallait-il augmenter les indemnités des élus ?

Jérôme Franques, Nathalie Gely, Didier Laurens et Bruno Selas : les quatre élus d'opposition qui condamnent l'augmentation des indemnités des adjoints au maire. DR

Ça commence mal à Marcillac-Vallon : dès le premier conseil municipal organisé depuis les élections, majorité et opposition se sont heurtés. Raison du désaccord : la hausse de l’enveloppe consacrée aux indemnités des élus…

+ 30 000 euros par an

L’équipe du nouveau maire Jean-Philippe Périé, qui compte 15 élus sur les 19 de la nouvelle assemblée municipale, a décidé de voter une augmentation des indemnités d’élus lors du premier conseil organisé le 4 juin.

Jean-Philippe Périé a remporté les élections municipales à Marcillac-Vallon, renversant la sortante Anne Gaben-Toutant, qui a elle-même choisi de ne pas siéger au sein du conseil municipal. Crédit photo : mairie de Marcillac

Si celle du maire ne change pas (1 516 € bruts par mois), celle du 1er Adjoint passe ainsi de 583 € à 700 €, celle des quatre autres adjoints de 256 € à 583 € (soit 127 % d’augmentation) et de nouvelles indemnités sont créées pour quatre nouveaux postes de conseillers délégués (311 € chacun).

Une décision légale mais qui passe mal dans les rangs de l’opposition, composée de Nathalie Gely, Jérôme Franques, Didier Laurens et Bruno Selas (équipe sortante battue le 15 mars) : « ça représente une enveloppe globale de 5 795 € brut mensuel soit une augmentation de 85% (+ 2 668 €) par rapport à l’ancienne équipe municipale. On veut alerter la population, lui dire que les capacités d’investissement de la commune vont être diminuées ! Sur le mandat, cette augmentation représente 186 000 € ! Une somme qui aurait permis d’envisager, avec des subventions, des projets d’investissement d’au moins 400 000 €… ».

Impliquer les jeunes et compenser les pertes de salaires

Pour le maire de la commune, qui admet que ces augmentations n’avaient pas été annoncées lors de la campagne municipale (« mais le contraire non plus » ironise-t-il), ces indemnités viennent récompenser « un travail effectif »…

« Les indemnités sont réglementées et nous sommes dans la loi. Nous arrivons à des niveaux d’indemnités comparables à ce qui se fait sur les communes alentours, ce qui veut dire que l’anomalie était plutôt sur l’équipe précédente ! Il faut comprendre que la physionomie du conseil a changé : nous avons plus d’élus qu’avant, les adjoints travaillent en binôme avec les jeunes délégués pour assurer une continuité… On veut ainsi impliquer plus de jeunes. Et comme ce sont des jeunes qui travaillent, les indemnités permettent de compenser les pertes de salaires qu’ils subissent lorsqu’ils travaillent pour la commune »

(Jean-Philippe Perié, maire de Marcillac-Vallon)

« On nous explique que c’est pour mettre le pied à l’étrier des jeunes élus… je ne savais pas qu’on appâtait les jeunes élus avec de l’argent, c’est déplorable ! Ce sont les convictions qui doivent guider l’engagement ! On leur donne un salaire sans avoir aucune garantie d’investissement supplémentaire de leur part ! » déplore pourtant Bruno Selas, élu d’opposition.

Pour le maire en revanche, il faut savoir « passer à autre chose » : « on jugera dans 6 ans ! Moi je peux vous dire que les engagements seront tenus et les investissements seront faits ! ». Et le travail a déjà commencé pour la majorité en place, qui a promis de faire participer les administrés aux choix d’investissements de la commune : « un questionnaire est déjà parti, différents projets seront présentés et les habitants de la commune décideront. Un commune de 1 700 habitants doit pouvoir parler à tout le monde, c’est pour cela que les électeurs nous ont choisis » promet Jean-Philippe Périé.