Aveyron. « Protéger les animaux lors des opérations de fauche »

Damien Bousquié, agriculteur à Onet, utilise la barre d'effarouchement avant ses travaux agricoles. @ADN12

La Fédération Départementale des Chasseurs de l’Aveyron et le Syndicat Mixte du Bassin Versant Aveyron Amont en partenariat avec Rodez Agglomération, la mairie d’Onet-le-Château et l’Agglo-campus de La Roque s’associent pour faire la promotion de l’utilisation des barres d’effarouchement lors des opérations de fauche. Une démonstration a eu lieu ce lundi 6 juillet à Onet, sur les terres de Guillaume Bousquié à Nostre Seigne.

« En ralentissant la fauche, beaucoup d’oiseaux et de mammifères ont le temps d’échapper à la coupe »

Du matériel prêté par les chasseurs

« Il y a beaucoup de mortalité de gibiers lors des fauches, avec une première problématique : la vitesse de fauche, c’est là-dessus qu’on souhaite communiquer. La vitesse de fauche piège le gibier, c’est pour cela que la barre de fauche est de grande utilité » estime Guillaume Druilhe, technicien à la Fédération de Chasse de l’Aveyron.

Guillaume Drulhe, technicien, homme de terrain à la Fédération de Chasse de l’Aveyron. @ADN12

La barre d’effarouchement est un outil agricole destiné à faire fuir les animaux avant le passage de l’engin de fauche. Fixée à l’avant du tracteur, elle fonctionne comme un peigne qui ratisse le sol.

« Le gibier utilise les mêmes stratégies de défense vis-à-vis des engins que celles utilisées face à un prédateur, c’est à dire que le gibier se tasse et s’immobilise, la barre les oblige à partir » explique le technicien de la FDC12.

« Ils en ont marre de voir des chevreuils ou autres mutilés »

Une vingtaine d’agriculteurs du département l’utilise déjà. Des convaincus, chasseurs ou non chasseurs. Actuellement, c’est justement la Fédération de Chasse qui prête le matériel aux volontaires et en profite pour en faire la promotion. Deux barres ont été financées, pour un coût de 3 000 €…

 

« Les constructeurs de barres font des progrès. Bientôt on verra des barres avec des capteurs thermiques, une marque autrichienne va mettre sur le marché une technique avec capteurs pour faire lever la barre de coupe à la détection de l’animal » explique Guillaume Druilhe.

Pousser les animaux vers l’extérieur

S’il est un agriculteur convaincu, c’est bien Damien Bousquié, démonstrateur du jour. « Le gros avantage de la barre pour l’agriculteur est que cela relève un peu l’herbe… pour la coupe c’est bien ! L’important est de surveiller que cela ratisse bien, il faut faire attention à l’inclinaison. Le montage et démontage du matériel se fait facilement à condition d’avoir le tracteur équipé pour. Ce qui est sûr, c’est que j’ai fait lever du gibier avec la barre, des faisans et des lièvres notamment… ».

Jean-pierre Authier, président de Fédération de Chasse, Jean-Philippe Keroslian, maire d’Onet, Jérôme Bourret, directeur du lycée La Roque en compagnie du représentant du Syndicat Mixte du Bassin Versant Aveyron Amont. @ADN12

Si la vitesse et l’installation de la barre à l’avant du tracteur sauve une grande quantité d’animaux, la technique de fauche n’en est pas moins elle aussi importante : il s’agit de la fauche « centrifuge »… « Cette méthode se pratique avec ou sans barre, cela consiste à faire une coupe au centre de la parcelle. Cela permet de pousser les animaux vers l’extérieur » poursuit Guillaume Druilhe. Une technique qui semble avoir fait ses preuves, pour remplacer le fauchage réalisé en tournant, qui pousse au contraire les animaux vers le centre et augmente leur taux de mortalité…