[VIDEO L214]. La FDSEA prend position contre les méthodes d’abattage filmées chez Arcadie

Après la diffusion de la vidéo réalisée par l’organisation L214 visant la filière Roquefort, l’élevage SARL Grimal et l’abattoir Arcadie de Rodez, les syndicats agricoles FDSEA et Jeunes Agriculteurs condamnent ce mercredi 24 juin dans un communiqué « les dérives sur la méthode d’abattage filmée dans l’extrait » tout en pointant du doigt les méthodes de la L214 : « il faut savoir que L.214 entre illégalement dans les élevages, avec un objectif clair de mettre fin à l’élevage ».

La FDSEA condamne et défend

Pour Laurent Saint-Affre, président de la FDSEA de l’Aveyron, « il faut que tout se remette en ordre sur la chaîne d’abattage et que tout reparte dans des conditions normales pour le bien-être animal et les conditions de travail des opérateurs ».

Laurent Saint-Affre, président de la FDSEA de l’Aveyron.@ADN12

Selon lui, les éleveurs auraient très mal vécu ces images : « Ils sont déçus de voir ce que leurs animaux sont amenés à subir, ils ne le tolèrent pas » rapporte-t-il, se demandant dans le même temps si les quelques secondes montrées sur la vidéo sont vraiment « à l’image de ce qui se pratique tout le temps ».

« Nous ne cautionnons pas la maltraitance animale »

Opposé à la demande de L214 « d’introduire dans le cahier des charges de Roquefort une interdiction d’enfermer des agneaux toute leur vie ou d’abattre sans étourdissement », Laurent Saint-Affre souhaite avant tout que la réglementation soit respectée. « C’est un code d’honneur, notre légitimité d’éleveur passe par là » affirme-t-il.

Le syndicat agricole énonce par ailleurs « la nécessité de conserver des abattoirs à échelle locale. C’est à cette seule condition que l’on pourra maîtriser leur gestion. En disposant d’outils à gouvernance locale, nous avons les moyens d’agir pour éviter des dérives ».

Polémique sur l’inspection de 2016

Concernant le rapport de la DDCSPP datant de 2016, et pointant des dysfonctionnements au sein de l’abattoir Arcadie de Rodez, les choses sont claires pour Laurent Saint-Affre : « la L214 raconte n’importe quoi ». Si ce rapport d’inspection, diligenté à l’époque dans tous les abattoirs de France par l’ancien Ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll (suite aux premiers scandales soulevés par les vidéos d’abattoirs… de la L214), exige bien « des remises à niveau mineures », elles auraient, selon lui, bien eu lieu entre temps : « on montre un état de fait en 2016, un état de fait en 2020, entre temps il ne faut pas dire que rien n’a été fait : toutes les autres visites étaient dans la norme. Entre temps, tout était normal » clame ce dernier en rappelant que des visites de contrôle ont lieu plusieurs fois par an.

Les images ont notamment été tournées par L214 dans l’abattoir Arcadie de Sainte-Radegonde, près de Rodez. (capture d’écran)

Le bien-être animal dans l’élevage

Laurent Saint-Affre pointe aussi du doigt le choix des images tournées dans l’élevage Grimal. « Ils parlent de 120 000 agneaux, mais ils n’arrivent à en montrer que trois avec des signes de maladie ou proches de la mort. A partir du moment où il y a de la vie, il y a de la mort, de la maladie, des séquelles. Est-ce que c’est pas ça la vie ? » demande-t-il en précisant que ce n’est pas parce qu’il y a beaucoup d’animaux qu’il y a beaucoup de concentration.

« Le bien-être animal, voici un sujet qui préoccupe quotidiennement les éleveurs eux-mêmes. Ils ont conscience de la bientraitance et agissent pour le bien de leur troupeau, prennent soin des animaux au quotidien. Les éleveurs respectent évidemment un cahier des charges dans lequel il y a des règles sur le bien-être animal. Ils ont également conscience des attentes sociétales et ne cessent d’améliorer leurs pratiques pour y répondre. Cela se traduit par une évolution du métier, où l’on tend à ajouter du confort pour les animaux d’élevage »

(Le président de la FDSEA de l’Aveyron, Laurent Saint-Affre)

S’il comprend la décision du Ministre de l’Agriculture de « suspendre immédiatement la chaîne ovine de l’abattoir de Rodez et d’y diligenter une inspection complète », Laurent Saint-Affre regrette que cette affaire ne soit pas restée au niveau du département. « Le Ministre a pris une décision plus forte, plus dure. Notre rôle maintenant va être d’essayer de savoir comment on en est arrivé là et d’accompagner » explique-t-il.

La direction de l’abattoir Arcadie n’a pas pu être jointe.