Rignac-Goutrens. Quatre mois de prison ferme pour « un canard »

Photo ©ADN12

Les faits datent de 2018. Ce jour-là vers minuit, les gendarmes de la patrouille de Marcillac-Vallon remarquent un véhicule roulant à grande vitesse sur la route de Rignac vers Goutrens. Malgré les appels de phares et la sirène des gendarmes, le conducteur accélère puis tourne sur la D595. Après une poursuite sur plusieurs kilomètres et « plusieurs risques inconsidérés » pris par le prévenu pour échapper aux forces de l’ordre, les gendarmes, après avoir relevé la plaque, décident d’abandonner la poursuite.

Le prévenu est interpellé chez lui le lendemain par cinq gendarmes après une fouille de son domicile qui ne révèle aucun élément incriminant.

Il prend la fuite pour un canard d’eau-de-vie

Placé en garde-à-vue, le prévenu a reconnu les faits. « J’ai paniqué » a-t-il déclaré ce mardi à la barre du tribunal correctionnel de Rodez où il comparaissait pour refus d’obtempérer. Revenant d’un match de foot, le prévenu a déclaré n’avoir consommé qu’un « canard », soit un morceau de sucre trempé dans de l’eau-de-vie. « J’ai eu peur à cause du sucre d’alcool » a déclaré le prévenu aux gendarmes pour expliquer sa conduite de la nuit précédente.

Pourtant, le prévenu n’en était pas à son premier coup d’essai puisqu’il a été condamné trois fois pour conduite en état alcoolique, écopant à chaque fois de prison avec sursis. Connu par les forces de l’ordre de sa commune, le prévenu a régulièrement été contrôlé lors de ses trajets entre son domicile et son lieu de travail. Malgré ces contrôles fréquents, le prévenu ne s’est pas démarqué par une nouvelle infraction depuis sa dernière condamnation quelques années auparavant.

Quatre mois fermes avec bracelet électronique

Mais pour le tribunal, le choix de la fuite cette nuit-là laisse entendre que le prévenu avait consommé plus qu’un simple sucre alcoolisé, alors même qu’il était en période de mise à l’épreuve. C’est pourquoi le tribunal a suivi la réquisition du procureur en optant pour la prison ferme : quatre mois en tout, dont deux en révocation partielle de sursis pour une peine datant de 2014, aménagés sous forme de détention à domicile avec une surveillance via bracelet électronique. Cette peine a été assortie d’une suspension de permis de deux mois et de 127€ de frais de procédure à payer.