Baraqueville. La restauration collective : grande perdante de la crise sanitaire…

La société de restauration "Ansamble" est dirigée par Myriam Bonnefille à Baraqueville. @ADN12.

Ansamble est une entreprise présente dans toute la France, avec 12 cuisines centrales dont trois dans le sud-ouest. L’antenne de Baraqueville y est installée depuis 20 ans. Elle emploie 30 salariés et est aujourd’hui dirigée par Myriam Bonnefille. Cette dernière a accepté de nous recevoir pour faire le bilan des mois passés, très difficiles pour le secteur…

« De 7 000 repas par jour, à 1 200 pendant la crise »

Quels sont vos clients et fournisseurs ?

Nous livrons les écoles, les crèches, les maisons de retraite, les services de portage à domicile. Nous nous attachons à favoriser l’économie des bassins de vie en privilégiant les productions locales et régionales, en soutenant les filières à vocation santé et en respectant la biodiversité et la saisonnalité.

Comment avez vous vécu la crise sanitaire ?

Le confinement a été vécu très difficilement avec une baisse brutale d’activité. Le stock de denrées alimentaires et ce que nous avions fabriqué ont été perdu. De 7 000 repas par jour, nous sommes passés à 1 200… pour continuer à servir les maisons de retraite, les EHPAD et les personnes à domicile.

« Eviter les licenciements »

 

Comment avez vous géré votre effectif ?

Au niveau du personnel nous avons fait appel au volontariat. Les plus fragiles et ceux avec enfants ont été mis au chômage partiel, et pour les autres nous avons tourné à tour de rôle, semaine après semaine. Aujourd’hui on essaie de pérenniser nos emplois, on ne veut pas de licenciement, on fait tout pour redémarrer très vite en recherchant notamment de nouveaux clients.

Myriam Bonnefille, directrice du groupe » Ansamble » de Baraqueville, a dû gérer une période extrêmement délicate… @ADN12

Et financièrement ?

C’est très difficile financièrement, la perte est énorme avec une importante baisse du chiffre d’affaires qui ne se rattrapera jamais.

           « on ne va pas manger 2 fois plus ! »

Où en êtes-vous depuis le déconfinement ?

La reprise est compliquée. A ce jour avec les logistiques de sécurité à mettre en place, les écoles reprennent progressivement et ne sont pas à plein de leurs effectifs. C’est très difficile de quantifier les repas à fabriquer… Comme nous travaillons avec du frais, c’est au jour le jour. Heureusement, ce sont nos producteurs locaux qui nous aident aujourd’hui.

Vous aviez également signé un partenariat avec la banque alimentaire …

Oui, depuis 6 mois. Nous voulons éviter le gaspillage. Ils viennent récupérer nos excédents de repas pour les redistribuer. Ils en font bénéficier un public de plus en plus jeune, notamment des étudiants ayant des difficultés financières.

Une conclusion ?

Nous sommes une entité solide, rattachée au groupe Elyor, ce qui nous a donné les moyens de tenir et surtout nous avons la chance d’avoir une équipe forte, à toute épreuve, qui s’entraide…