Pour cette première saison de Ligue 2, Rodez a connu une année bien particulière : matchs à Toulouse puis arrêt brutal du championnat. Comment jugez-vous cette saison ?

Hormis l’épisode Coronavirus, c’est une très bonne saison puisqu’on finit, avec le goal-average, à sept points du premier relégable, et à seulement trois points du 9e. On a gagné autant de matchs que le 9e et le 10e. Pour moi, c’est une très bonne première saison en Ligue 2.

Et côté sportif ?

Ça s’est passé comme on l’attendait. C’est-à-dire avec beaucoup d’adrénaline et du positif au début. Puis un petit coup de mou physique. Et après, sur la deuxième partie, à partir de janvier, je crois que l’on ne perd que deux matchs jusqu’à l’arrêt du championnat. On savait qu’on allait avoir un coup de mou. « Quand ? », « Combien de temps ? »… on ne savait pas. Le plus dur à gérer, c’était ça : le passage à vide. L’équipe est restée tranquille, sans stress. On a gardé nos principes de jeu, et puis c’est revenu en temps et en heure.

« Nos partenaires financiers sont fidèles »

Quels ont été les incidences de la pandémie pour le club ?

Il y a eu une incidence sociale, puisque depuis le 17 mars, tous les salariés sont en chômage partiel. L’incidence sportive, c’est un peu l’incertitude qu’il y avait : le championnat reprend, puis ne reprend plus, puis peut être en juillet, ou plus tard… On a vu certains poètes qui inventaient des scénarios de reprise. Le juge de paix, ça a été Noël Le Graët, qui a pris une décision, qui pour moi, est très logique. Et très juste : des montées et des descentes, de la Ligue 1 à la dernière division de district. Après, que des clubs ne soient pas contents, ça se comprend, mais il y avait des clubs qui étaient complètement lâchés en Ligue 1 ou en Ligue 2. La décision d’arrêter était bonne. Il y avait quand même des risques de transmettre ce virus 20 fois plus vite, rien qu’avec un stade comme Rodez, et 5 000 personnes réunies…

Le Président, Pierre-Olivier Murat, lors d’une conférence de presse cette saison. @ADN12

Est-ce que ça peut avoir une incidence sur la préparation de la saison prochaine, en terme de budget ou de partenariat ?

Non, je ne pense pas. On a des partenaires très fidèles. On l’a vu lors de périodes plus dures que le Coronavirus. L’année où l’on descend en CFA2, et où on est repêché en CFA, nos partenaires sont restés. Ils nous ont fait confiance. Bien sûr, il y aura peut-être quelques entreprises qui seront impactées, et qui vont peut-être devoir réduire la voilure. Mais, je ne pense pas que ça ait une incidence majeure sur notre vie.

« Il y aura de la concurrence dans l’équipe »

Le club avait enregistré 6 arrivées, et a officialisé ce mardi, la signature de Remy Boissier, jusqu’en 2023. Quand est-il de la suite du mercato ?

Le milieu de terrain, Rémy Boissier, lors de sonr etour au RAF, en janvier.@ADN12

Les arrivées, c’est terminé. Sauf si départ non prévu. Sur les départs, on a 6 joueurs avec qui on a des accords. Ce sont des joueurs qui étaient en manque de temps de jeu la saison dernière. Et avec les renforts solides qui viennent d’arriver, -des gens expérimentés pour la plupart-, ces joueurs n’en auront quasi pas. On a donc des billets de sortie pour certains joueurs  : Boris Mathis, Francis Dady N’Goy, Edwin Maanane, Corentin Jacob, Erwan Maury, Mathieu Guerbert. Ça peut aussi être des prêts. S’ils trouvent un beau projet, on peut les libérer gratuitement. On est toujours dans une relation très saine avec nos joueurs. Le coach a décidé de travailler avec un groupe beaucoup plus réduit : 23 joueurs, plus les trois gardiens. Donc, il y aura une grosse concurrence dans l’équipe cette année. 

Avez-vous eu des offres justement pour un ou des joueurs majeurs de l’équipe ?

Aujourd’hui, on a aucune offre, pour aucun joueur. Mais le mercato a ouvert il y a très peu de temps. Le marché français est calme, car il y a beaucoup de clubs où c’est très tendu financièrement. On n’est pas pressé, notre groupe est complet pour attaquer l’entraînement. On attend.

« Ne pas faire n’importe quoi pour la reprise »

La reprise de l’entraînement est-elle fixée ?

Elle aura lieu le 1er juillet. Elle débutera par deux jours de test. Comme on est sur une longue période d’arrêt, on veut voir où les joueurs en sont, faire l’état des lieux physique, car ils sont au chômage depuis le 17 mars et on ne veut pas faire n’importe quoi dans la préparation, qui va être longue : du 1er juillet au 22 août. L’important, c’est de bien faire les choses pour ne pas avoir une kyrielle de blessés dès le début. On va avoir 7 matchs amicaux. On en fait un peu plus que l’année dernière, plus costauds, pour vraiment être prêt le 22 août.

Matchs amicaux

25 juillet : Bourg en Bresse (N) à Clermont
1er août : Clermont (L2) à Saint Chely d’Apcher
4 août : Villefranche-Beaujolais (N) à Saint Chély d’Apcher
5 août : Nîmes (L1) à Nîmes
8 août : L1 à déterminer
12 août : Pau (L2) à Paul Lignon
15 août : Montpellier (L1) à Montpellier

Le club travaille à plusieurs scénarios pour les abonnements pour la saison prochaine, en attendant de savoir si la saison redémarrera à huis-clos ou devant public en août. Le RAF promet d’ailleurs un geste pour ses abonnées historiques, suite à l’arrêt de la saison, mi-mars.