Rodez. Coup de gueule général des métiers de la santé

Ce mardi 16 juin ont eu lieu dans toute la France des manifestations des professionnels de la santé et du soin à la personne. En Aveyron, les rassemblements ont eu lieu à Villefranche, Espalion, Salles-La-Source vers 13h ou encore St Affrique, Millau ou Decazeville en fin d'après-midi. A Rodez, ce sont 600 à 800 personnes qui ont manifesté entre le rond-point Saint Felix et le parvis de l'hôpital de Rodez.

500 à 600 personnes étaient rassemblées devant l’hôpital de Rodez ce mardi. ©ADN12

Plusieurs syndicats, mais un seul mot d’ordre : plus de reconnaissance ! Voilà ce que réclamaient les médecins, infirmiers, aides-soignants, agents de service, aides à domicile, techniciens de laboratoire, et tous les agents de catégories C travaillant dans le médical, rassemblés ce mardi après-midi sur le parvis de l’hôpital de Rodez.

Deux rassemblements, une même lutte

Personnels de la psychiatrie de l’hôpital Sainte Marie. Photo CGT Ste-Marie

Alors que l’intersyndicale CGT/FO/SUD s’est partagé l’espace du parvis de l’hôpital Jacques Puel à Rodez avec la CFE-CGC, la CFDT, les Gilets Jaunes, la Confédération Paysanne et plusieurs professionnels non syndiqués, les représentants du Centre Hospitalier de Sainte Marie ont, eux, choisi le rond-point de Saint-Felix pour établir leur mouvement de protestation. En la commençant une heure plus tôt, à 13h, la manifestation des soignants de Sainte-Marie a permis de « limiter le coût financier de la grève pour les salariés et permettre à plus de monde de venir », explique Gregory Poczernin de la CGT Sainte-Marie qui précise que 13h correspond à l’heure de la relève. Parmi les 200 personnes présentes sur le rond-point (chiffre donné par les syndicats, 130 selon la police) une cinquantaine est remontée à l’hôpital se joindre au rassemblement sur le parvis.

©ADN12

Une prime pour tous

Marie-Noëlle Clot, CFDT ©ADN12

Parmi les revendications, une reconnaissance de tous les métiers de la santé, dans le privé comme dans le public, mais aussi du personnel non-soignant qui a, comme les autres, été confronté au Covid et qui n’est pas compris parmi les heureux élus à la prime Covid de 1 500 €.

Et même au sein des établissements hospitaliers, la CFDT constate une disparité : si les membres du personnel soignant de l’hôpital de Rodez pourront bénéficier de cette prime, ce ne sera pas le cas pour ceux du Centre Hospitalier du Vallon qui ne rentre pas dans les critères gouvernementaux des établissements touchés par la crise du Covid.

« Nous ne sommes pas des héros mais des pro ! »

La CFDT santé-sociaux réclame une égalité de traitement dans les primes, mais aussi la reconnaissance du Covid comme maladie professionnelle et la rétribution ou la récupération des heures supplémentaires liées au Covid. ©ADN12

De la même manière, Marie-Noëlle Clot de la CFDT insiste sur la « prime Buzin » qui devait être versée aux aides-soignants et infirmiers lors des grandes manifestations de 2019 : « on attend toujours » constate-t-elle.

Plus qu’une prime, la revalorisation des salaires

Jacques Douziech, CFE-CGC ©ADN12

Mais si une prime parait être la moindre des choses pour ces professionnels, ils estiment que la demande qu’ils formulent depuis des années doit cette fois être entendue : « la reconnaissance doit se traduire par des décisions fortes en termes d’équipements, de matériel, d’infrastructures mais aussi par une forte augmentation des salaires » rappelle Jacques Douziech de la CFE-CGC.

« La Santé n’a pas vocation à être rentable » 

Pour la vingtaine de techniciennes du laboratoire d’analyse de l’hôpital, c’est leur catégorie (B) qui doit être revalorisée en catégorie A. Ce laboratoire public qui tourne 24/24h et 7/7j, déjà débordé avant le Covid par l’alourdissement progressif des protocoles sans plus de moyens, a aussi été en première ligne pendant l’épidémie. Horaires doublés, bouchées doubles le matin, le soir et le week-end pour répondre à la demande d’analyses de tests Covid, ce service peu connu du grand public souhaite lui aussi sa part de reconnaissance. « On a nous aussi été en contact avec le virus, sous sa forme concentrée dans les prélèvements » rappelle l’une des techniciennes.

Des techniciennes du laboratoire d’analyse de l’hôpital de Rodez, venues en soutien des collègues de l’hôpital mais aussi avec des revendications. ©ADN12

« Nous ne voulons pas être des héros : nous voulons pouvoir faire notre travail correctement et être rémunérés décemment »

Alexandre Guilleminot, secrétaire général CGT CH Jacques Puel

Alexandre Guilleminot, secrétaire général CGT CH Jacques Puel ©ADN12

De son côté la CGT dénonce un Président de la République qui « veut faire de nous des héros en blouse blanche. Mais nous ne sommes pas dupes. C’est une opération de com’ et de diversion » clame Alexandre Guilleminot qui rappelle qu’Emmanuel Macron avait promis un plan d’investissement massif pour l’hôpital public. Idem pour Christian Barbut du syndicat Sud-Solidaires : « la crise du Covid a montré les limites du secteur hospitalier ».

« N’ayons pas honte de demander une revalorisation des salaires » 

Christian Barbut, Sud-Solidaires ©ADN12

Autre revendication de la CFDT : la reconnaissance du Covid comme maladie professionnelle car les soignants craignent que, comme pour l’amiante, on découvre de nouvelles séquelles des années plus tard. Une fois le Covid reconnu comme maladie professionnelle, les traitements éventuels pourraient alors être pris en charge par la sécurité sociale…

Le rassemblement s’est terminé vers 16h par un tour du Mail : hôpital et EHPAD, privé comme public, « pour qu’on montre qu’on existe » a expliqué une soignante, entre deux coups de klaxons de soutien… ou d’agacement.

©ADN12
©ADN12