RTR. 30 jours pour lutter contre nos discriminations ordinaires

On peut dire que Radio Temps Rodez n'est jamais à bout de souffle. Après avoir lancé plusieurs émissions pour divertir et faire participer les auditeurs pendant le confinement, l'équipe est repartie sur un nouveau projet : 30 jours pour l'inclusivité. Petite présentation de ce défi créé pour interroger nos rapports quotidiens à l'autre et nous interroger sur nos réflexes parfois discriminants.

Et si on questionnait notre rapport à l’autre ? 30 jours pour l’inclusivité, c’est une suite de défis posés sur les réseaux sociaux Facebook et Instagram, via des pages dédiées. L’idée, c’est de réfléchir à notre rapports à certains sujets qu’on pensait acquis, alors que… Parmi les thèmes à venir : le racisme ordinaire, le sexisme ordinaire, l’homophobie ou le validisme.

Un mois pour se questionner

« Mai et juin, c’était normalement les mois des Fiertés [LGBTQIA+, NDLR], mais avec le confinement tout a été annulé. On voulait se réapproprier d’autres espaces » explique Virginie Gouyette, chargée de mission à RTR. Et donc : les réseaux.

Sur la page Facebook et le compte Instagram sont postés un jour sur deux « un défi pour remettre en question le côté ordinaire de ces discriminations, à faire dans un groupe d’ami ou professionnel » explique Virginie. Le deuxième jour est posté l’explication : pourquoi ce type de discrimination ordinaire provoque des difficultés chez les victimes, les dynamiques négatives créées dans l’équipe ou le groupe, etc.

« C’est une façon de briser la glace » explique la créatrice qui, avec toute l’équipe, a pris soin de ne pas créer de visuels très agressifs, pour toucher le plus de monde. « Ça peut permettre d’ouvrir des discutions avec des proches ou des employeurs, d’expliquer » : une façon douce d’aborder le sujet sans pour autant rentrer dans la sphère militante qui peut en effrayer plus d’un. « On part du principe que les gens sont bienveillants et que s’il y a de la discrimination, c’est plutôt par ignorance des problèmes que par volonté de faire du mal »déclare t’elle.

« Une partie des discriminations est due à l’absence d’empathie »

Avec, toujours, le besoin de dialogue : « L’idée, c’est de partager sur les réseaux et d’inciter à dire si on est d’accord, pas d’accord sur ça, et aussi de partager les références : le but c’est que ce soit un échange » insiste Virginie qui, bien qu’animatrice du podcast féministe Donneuse de leçon, ne se voit pas comme exempt de défauts sur ces questions.  « C’est aussi un moment où tous les membres de l’équipe, même chez RTR, on allait se poser ces questions ensemble ».

« Commencer par minimiser les blagues racistes, c’est déjà jouer le jeu des discriminations »

Un projet financé par la Dilcrah

Projet de 2017 retenu par la Dilcrah.

Pour RTR, ce n’est pas la première fois que le sujet des discriminations revient sur la table. Depuis 2017, la radio remporte chaque année l’appel à projet lancé par la Dilcrah (Délégation Interminiestérielle à la Lutte Contre le Racism,e l’Antisémitisme et la Haine anti-LGBT). En 2017, c’est le projet Ca me j’haine qui a été retenu pour faire témoigner les collégiens ou lycéens dans un micro, de leurs expériences de la discrimination et enregistrer leurs productions. En 2018, ce sont les siestes musicales réalisées en marge de la première édition de Cultive-Toi qui ont remportées un grand succès et ont permis d’échanger sur ce sujet lourd, en toute légèreté.

L’année dernière, l’équipe a réalisé la box anti-discriminations qui rassemble des cartons-débats, des définitions, des cartes de jeux de rôle, une bibliographie d’ouvrages sur le sujet (tous disponibles à la médiathèque de Rodez), mais aussi un magnétophone pour enregistrer les discours de groupe. RTR propose de prêter gratuitement cette Box aux établissements scolaires et de les accompagner ou non dans leurs ateliers anti-discriminations avec les classe. Cette box qui n’a pas de date de péremption est toujours disponible aux établissements scolaires qui en feraient la demande.

La Box Anti-discrimination, un bel outil pédagogique pour faire évoluer les mentalités. ©ADN12

Un projet qui est amené à évoluer : « on aimerait, dans le future, faire des entretiens et des témoignages de personnes via la radio » explique Virginie qui voit cette initiative comme un projet au long court. Les visuels des défis resteront d’ailleurs en ligne bien après la fin du mois de juin.

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Une adresse mail a aussi été créée pour recueillir réflexions, questions, témoignages… de manière plus discrète : 30jours@protonmail.com. #30jourspourlinclusivite est aussi actif.

« L’approche peut paraître basique de parler de violences ordinaires alors qu’en ce moment , l’actualité est très violente, mais il n’y a pas de petit combat ou de petite violence » 

30 jours pour l’inclusivité, abordé dans la dernière émission des Nictalopes à partir de la 53e minute :