Le lundi 1er juin a vu le retour de l’ouverture anticipée de la chasse : comme chaque année, les chasseurs titulaires d’un permis et d’un bracelet ont la possibilité de chasser le chevreuil mâle (ou brocat), à l’affût ou à l’approche, c’est à dire en solitaire (contrairement aux battues).

Nicolas Cayssiols, directeur de la Fédération départementale des chasseurs de l’Aveyron, qualifie de « chasse passion » ce type de chasse qui consiste à rester silencieux pour se rapprocher le plus possible de l’animal, et qui demande beaucoup de patience. Pour le chevreuil comme pour le sanglier, « la chasse à l’affût, c’est un type de chasse qui existe depuis plus de 20 ans en Aveyron, explique-t-il. C’est une chasse difficile, qui se pratique seul, dans les toute premières lueurs du jours ou à la tombée de la nuit ».

« Tout le gros gibier se porte extra bien »

Si la chasse au chevreuil est surtout là pour éviter sa prolifération, celle au sanglier a aussi pour but de protéger les cultures, souvent ravagées par ce gibier, notamment en août lors de la pousse du maïs.

« Tout le gros gibier se porte extra bien » commente Nicolas Cayssiols qui explique qu’après la Seconde Guerre Mondiale, du gros gibier comme des cerfs ou des chevreuils a été relâché dans la nature à plusieurs endroits de France pour recréer une variété de faune qui avait été décimée par le braconnage pendant la guerre.

« On observe une hausses de toutes les espèces de grands gibiers, y compris du chamois qui ne fait pourtant pas parti des espèces qui ont été lâchées et qu’on voit aujourd’hui apparaître »

Nicolas Cayssiols, directeur de la Fédération départementale des chasseurs de l’Aveyron

De plus en plus de sangliers

Pour rappel, l’ouverture générale de la chasse a lieu septembre et comprend cette fois le petit gibier. Les dates dépendent des gibiers : la chasse à la bécasse s’arrête le 28 février, alors que celle pour le lièvre ne dure que quinze jours. Pour celle au sanglier qui est un gros gibier, elle s’arrête généralement au 28 février mais les unités de gestion aveyronnaises (22 sur le département) qui surveillent les populations de gibier ont décidé de la rallonger jusqu’au 31 mars 2021.

Pour Jean-Pierre Authier, le Président de la Fédération aveyronnaise de chasse, c’est lié à l’augmentation du nombre de sangliers. « C’est un peu nouveau dans notre département » remarque-t-il. Ces animaux font des ravages dans les champs de cultures, c’est pourquoi les chasseurs ont dû répondre à une demande accrue dans le milieu agricole.

 « Tout est fait pour favoriser les gros gibiers »

Pour Nicolas Cayssiol, c’est l’apparition de terrains en friche et de bosquets liés à l’abandon de certaines terres agricoles qui favorisent la multiplication des gros gibiers comme le sanglier, le cerf ou le chevreuil.

« Aujourd’hui les milieux se ferment : on a retrouvé la surface de forêt qu’on avait au Moyen-Age. Et avec la grande mode du bois de chauffage, il y a beaucoup de bois qui sont replantés. Ça fait des ronces, de la broussaille : c’est un paradis pour les sangliers !

Avant, les parcelles étaient ouvertes, maintenant elles sont embroussaillées parce qu’elles sont à l’abandon, il y a de moins en moins d’agriculteurs…»

Nicolas Cayssiols

Chasse au renard autorisée

A l’occasion de ces chasses (chevreuil et sanglier) et comme chaque année, le tir du renard est autorisé. Cet animal doit son statut de nuisible aux dégâts occasionnés dans les poulaillers, mais aussi sur la faune sauvage. D’après les représentants des chasseurs aveyronnais, le nombre d’individu est stable depuis plusieurs années.