Rodez. 58 jours de confinement dans l’objectif de Jocelyn Calac

Jocelyn Calac a profité du confinement pour porter un regard original sur la ville de Rodez..@ADN12

« Je me suis formé grâce aux tutos sur YouTube » : autodidacte, Jocelyn Calac a appris la photographie sur le tas. Ce Rutnénois de naissance s’est longtemps cherché professionnellement, travaillant tour à tour dans l’automobile pendant douze ans, puis comme aide à la personne handicapée dans des centres spécialisés. C’est d’ailleurs lors de cette dernière expérience qu’il propose un atelier vidéo aux jeunes handicapés, une passion qui l’a toujours titillé :« à cette époque j’étais plus vidéo que photo ».

« La photographie m’est apparue comme une évidence à l’aube de mes 37 ans »

Plus attiré par le manuel que le mécanique, c’est en 2018 qu’il se tourne définitivement vers la photographie en créant sa micro entreprise « plus en équation avec moi-même » ajoute-t-il.

58 jours de confinement mis dans la boîte de Jocelyn Calac. @jocelyn_Calac

La photo comme moteur de vie

Il est récompensé dès sa première participation à un concours photo organisé par la Ville de Rodez : les  »Photofolies 2018 ». Un coup d’essai qui l’a encouragé à se consacrer entièrement a ce métier. Jocelyn Calac a trouvé sa voie et entend bien exploiter son art. Il sillonne alors les rues, appareil photo en bandoulière, à la recherche du bon cliché, pris au bon moment. « Je ne sors jamais sans mon appareil, même pour aller acheter le pain. Ce sont des moments de vie où les clichés improbables ne doivent pas m’échapper ».

« Par la photographie, je veux être le marqueur d’une époque, montrer comment les gens sont habillés, leur comportement. Un bâtiment, selon le moment de la journée, selon les ombres, mérite d’être figé dans le temps. Un paysage, à 8h du matin ne me parle pas comme à 18h. Mes photos sont mes textes…»

(Jocelyn Calac, photographe ruthénois)

Jocelyn Calac a déjà édité une livre de photos sur le Japon. @Jocelyn_Calac

Jocelyn est muni d’un Sony hybride sans miroir, 50 mm focale fixe. Un outil « pratique, maniable et utile » pour photographier les gens en instantané : « j’aime la présence humaine sur mes photos. Les ombres, les silhouettes, les fuyants ». L’artiste photographe travaille auprès des entreprises locales, d’artistes en tous genres, écoles de danse, agences de communication, mariages ou magazines, « grâce au soutien du studio Fegari Rodez » précise-t-il.

Au printemps 2019, il fait éditer un premier livre consacré à la rue Béteille (-Rue Béteille : Passage de Témoins-) : « le photographe, Balint Pörneczi m’avait suggéré de faire une série de portraits sur les habitants de la rue ». Après cela, Jocelyn Calac part au Japon en décembre 2019. Un voyage en solitaire de cinq semaines à Tokyo avec toujours et encore son Sony en bandoulière. Un gros virage dans sa vie, avoue-t-il, avec pour but de saisir les scènes de vie d’une si grande métropole. Il en ramène une série de photos de l’espace public de la capitale japonaise pour en faire un livre,  »Tokyoïtes » que vous pouvez retrouver à la Maison du Livre de Rodez.

Carnet de bord : 58 jours de photos de rues

Dans la rue, l’ombre s’est détachée de l’être à l’heure du confinement…@jocelyn_Calac

Comme souvent, des événements comme celui que nous vivons actuellement inspirent les artistes. C’est le 15 mars, lors du premier tour des élections municipales que Jocelyn a l’idée de figer des photos de confinement.

« A cette date, il ne faisait plus de doute que la France serait confinée, j’ai voulu marquer l’événement par une photo d’un bureau de vote. J’ai alors décidé de prendre des photos de chaque jour de confinement, à 1 kilomètre autour de mon domicile. Puis deux fois par semaine, en faisant les courses pour mes parents qui habitent Canac, derrière la gare »

(Jocelyn Calac)

Le photographe ruthénois aime travailler principalement en noir et blanc mais pas que : « Après le déconfinement, j’ai fait des photos en couleurs pour marquer comme une renaissance la vie des rues… Le noir et blanc représente le temps arrêté et la couleur amène du mouvement ».

Convaincu que l’épisode du Covid restera un événement historique, Jocelyn réfléchit à la forme que prendra son prochain ouvrage : « je me donne un an pour éditer mon livre. Pour l’instant je trie mes clichés. Tout est sur mon disque dur, j’en sors quelques-unes pour l’instant présent »…

Le 11 mai, la couleur renaît. @Jocelyn_Calac

Pour voir le travail de Jocelyn Calac, visitez son site internet ou sa page Facebook.