Condom d’Aubrac. Quatre frères pour réhabiliter les burons !

Augustin, Cyprien, Victor et Wandrille sont quatre frères originaires de St Germain en Laye qui se sont mis en tête de réhabiliter les burons de l'Aubrac. Après plus de deux mois de travaux, le buron des Enguilhens sur la commune de Condom d’Aubrac accueille visiteurs et locaux pour redécouvrir les plaisirs des soirées sous le ciel étoilé de l'Aubrac.

Augustin, Cyprien, Victor et Wandrille, quatre garçons dans le vent... de l'Aubrac. Photo : DR

« Le projet est parti d’une nuit passée sur l’Aubrac dans un buron il y a 11 ans avec nos parents » commence Wandrille. « Ça a été un après-midi et une nuit mémorable. On se souvient encore des étoiles et du dépaysement qu’on a ressenti sur le plateau, c’était une nuit assez magique. Il y avait cette idée d’être ensemble et en même temps cette expérience de rapprochement de la nature ». Et même si le temps a passé depuis, quand les quatre frères, fils de l’essayiste Thierry Gosset lui-même amoureux de l’Aveyron, ont eu envie de monter un projet ensemble, ils ont immédiatement pensé aux burons de l’Aubrac.

La réhabilitation du buron des Enguilhens

La première découverte des quatre frères avec les burons ! Photo : DR

Les jeunes entrepreneurs en herbe, fans de nature, de rando et à la bougeotte constante ont donc contacté dès octobre 2019 les acteurs locaux, puis les propriétaires de burons, mais aussi les représentants du Parc Naturel Régional de l’Aubrac, ainsi que ceux de la mairie de Condom d’Aubrac. « C’est une mairie dynamique qui a plein de projets pour les jeunes » insiste Wandrille.

Après la création de l’association, la mairie a donc laissé le buron des Enguilhens aux quatre frères pour entreprendre les menus travaux, et surtout en assurer la gestion. C’est Augustin, 28 ans, qui s’est installé le premier et qui gère tout l’aspect pratique. Après des études d’anthropologie, l’aîné des quatre frères a bourlingué en Amérique latine où il a été guide. De son côté, Cyprien, 24 ans, a fait l’école d’ingénieur des Mines d’Alès. Après s’être spécialisé dans les énergies vertes au Brésil, il veut maintenant prendre part au projet. Quant à Victor et Wandrille, les deux jumeaux de 22 ans, ils finissent leurs études, l’un dans l’entrepreneuriat à Lyon, l’autre en école de commerce à la Rochelle.

Les quatre frères se sont donc retrouvés juste avant le confinement, à gérer la réhabilitation d’un buron, somme toute en bon état mais « où il n’y avait pas beaucoup de commodités » précise Wandrile. Si les toilettes, le panneau solaire, l’électricité et l’eau courante étaient déjà là, il a fallu rajouter une prise électrique, des étagères, des rideaux entre les six lits du dortoir à l’étage… et une douche !

« Le confinement nous a été utile pour avancer ! »

« On propose des produits locaux comme le chocolat de Bonneval, les savons au lait de jument des Majestueuses, des paniers repas pour faire de l’aligot ou pour emmener en pique-nique pour les randonneurs… » précise Wandrille, qui souhaite nouer des partenariats avec des acteurs locaux pour mettre en avant les produits du coin.

Les Burons des quatre frères proposent des locations toute l’année. Photo : DR

D’autres burons à venir ? 

Si pour le moment, le projet associatif de réhabilitation des burons de l’Aubrac ne gagne pas d’argent, l’idée est, plus tard, d’en faire une entreprise avec des partenaires pour permettre à chaque frère de s’installer dans un buron fraîchement rénové et faire à chaque fois des propositions différentes : hébergement, épicerie, lieu de vie, musée…

« Sur les 300 burons présents sur le PNRA, 40% sont en ruine »

« On est en contact avec d’autres propriétaires de burons, mais on ne veut pas les racheter, juste les gérer et les réhabiliter » précise Wandrille, qui sait que leur cahier des charges les contraint à s’adapter à chaque buron, et aux desiderata des propriétaires en matière de rénovation.

Réservez le buron !

Si le confinement a permis aux travaux d’avancer, il a aussi bloqué l’ouverture qui n’a eu lieu que quelques jours auparavant. Pourtant, Augustin, l’aîné qui habite sur place, a déjà reçu quatre groupes. Les quatre frères proposent des événements variés comme un hébergement simple mais aussi des soirées d’anniversaire ou pour apprendre à faire l’aligot. Ils travaillent également avec des partenaires locaux qui proposent des randonnées avec cours de botanique inclus, mais aussi à dos d’âne ou de cheval.

« On propose des weekends au buron pour profiter du cadre et de l’éloignement des villes : on est tout en haut du plateau, loin du tourisme de masse » précise Wandrille qui se doute bien que pour les prochains vacanciers, la distanciation sociale sera très recherchée.

Seuls les groupes de six personnes sont autorisés. Plus d’informations sur le site internet des Burons des 4 frères, leur compte Instagram et Facebook.