Aveyron. PanneauPocket, l’appli qui séduit les mairies aveyronnaises

PanneauPocket est une application sur mobile consultable aussi sur ordinateur, sur laquelle les mairies peuvent faire passer les informations de leur choix. Elle compte plus de 2 000 adeptes dans les mairies françaises, dont déjà une vingtaine en Aveyron.

Particulièrement bien adaptée aux petites communes, l’appli PanneauPocket se substitue à l’indétrônable panneau à l’entrée des villages, annonçant les dernières informations locales. Après celle de Boussac, Marcillac ou Pruines, la mairie de Flagnac s’y est mise récemment.

Entre modernité et simplicité d’utilisation

La procédure d’utilisation est plutôt simple : il suffit de télécharger l’application dans le « store » dédié sur téléphone ou tablette, puis de taper la commune recherchée pour la trouver dans la liste des milliers de communes inscrites et de cliquer sur le cœur pour l’ajouter dans les favoris de l’appli. Dès que la mairie poste une nouvelle information, l’utilisateur est prévenu par une notification.

Les informations sont partageables par les utilisateurs et les mairies ont la possibilité de rajouter des photos zoomables, des liens hypertextes, ou des émojis. Elles ont aussi un retour statistique sur le nombre de lectures de chaque panneau, mais aucune inscription n’est demandée à l’utilisateur. Entièrement sécurisée, l’appli ne demande pas non plus, contrairement, à beaucoup d’autres, d’accéder à certains éléments du téléphone comme les photos ou la géolocalisation, ce qui est plutôt appréciable.

Répondre à un besoin

Caroline Lafforgue, directrice des opérations, présente l’appli sur des salons. Photo ©PanneauPocket

Créé par une entreprise de l’ouest lyonnais, PanneauPocket existe depuis l’été 2017. « En tant qu’habitant d’un petit village, j’en avais marre de ne pas être assez informé par la mairie qui nous envoie beaucoup d’informations une fois qu’elles ont eu lieu. Mais en tant que parent et salarié, j’ai besoin de savoir ce qui va se passer ! » raconte son fondateur qui souhaite garder l’anonymat (une rareté dans le monde de l’entrepreneuriat !). C’est un jour qu’il passait devant un panneau fixe sans avoir eu le temps de noter le numéro à appeler pour la prochaine brocante que ce dernier s’est dit : « mais pourquoi on n’a pas le panneau d’affichage dans la poche ? ».

Il n’en fallait pas plus à ce salarié qui possédait déjà des connaissances dans le milieu informatique, pour monter la première version de l’appli et la montrer au maire de son village qui a été emballé. S’en est rapidement suivi un partenariat avec l’AMRF (Association des Maires Ruraux de France) qui a estimé que l’application « correspondait vraiment aux maires ruraux ».

« On est là pour créer du lien social »

Leur coup de pouce a fait grandir le bouche-à-oreille parmi les 11 000 adhérents de l’association et au-delà, puisque l’application compte aujourd’hui 2 300 communes enregistrées, mais aussi des EPCI (groupements de communes), quelques syndicats, des RPI (Regroupement Pédagogiques intercommunal) et des groupements de gendarmes (ceux de la Haute-Saône, une partie de ceux de la Moselle et bientôt celui du Doubs). Une convention de partenariat a d’ailleurs été signée avec ces derniers, donnant un accès gratuit à l’application aux brigades qui en font la demande.

Une interface « à prix coûtant »

Aujourd’hui, l’entreprise qui croît petit à petit tourne avec deux salariés et compte en embaucher un troisième. Si le confinement lui a permis de gagner plus de 900 nouveaux clients, c’est aussi parce qu’elle a su proposer l’application gratuitement aux mairies susceptibles d’en avoir besoin pendant cette période particulière. « Beaucoup de gens veulent maintenant rester : le prix n’est pas un obstacle et je pense qu’ils ont perçu la qualité de service » avance son fondateur, particulièrement fier de proposer un service d’accompagnement 24h/24.

L’interface qui rappelle celle des panneaux est simple mais lisible, et tous les outils pour partager sont là.

Avec un abonnement entre 20 et 45 centimes par an et par foyer (avec un tarif préférentiel pour les adhérents de l’AMRF), l’offre est parmi les moins chères du marché qui compte une vingtaine d’acteurs.

« Il y a déjà une fracture numérique. Si la société en rajoute une couche avec des prix audacieux, ça ne sert à rien : on ne veut pas que ce soit une discussion d’argent avec les mairies, on fait le choix de travailler à prix coûtant, avec un grand nombre mais avec un tout petit prix »

Caroline Lafforgue, directrice des opérations

Une vingtaine de mairies aveyronnaises sont déjà présentes.

« Les mairies rurales, surtout en Aveyron, sont surchargées de travail et sur la brèche 24h/24 », explique le fondateur qui insiste sur le travail d’accompagnement des maires avec l’envoi de packs de communication pour faire connaitre l’appli aux habitants, mais aussi la disponibilité envers certains utilisateurs, souvent d’un certain âge, qui les appellent parfois pour les aider à installer l’application. Pour cet habitant d’un petit village, l’important est de renouer le lien entre les territoires et les habitants : « on veut créer du lien entre les élus et les concitoyens : c’est très important d’avoir confiance dans son équipe municipale, c’est eux qui font avancer la machine ».

« On participe activement au combat des maires ruraux : la loi NÔTRE, on la connait par cœur »

En la société s’offre le luxe d’offrir à vie l’application pour toutes les mairies de moins de 100 habitants ! « On ne se voyait pas leur demander de payer 30€ par an, c’était ridicule…» explique son fondateur, qui voit maintenant des opportunités au-delà des mairies, dans des associations comme l’AAPPMA (Association Agréée pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique), les associations culturelles ou les clubs de sports.

Toutes les informations sur le site de PanneauPocket, leur page Facebook et leur compte Twitter.