Bosch. Yannick Anglarès, CGT : « je suis pessimiste ++»

Les annonces du Président Macron sur l'aide aux industries automobiles ce mardi après-midi ont déclenché la colère de Yannick Anglarès, secrétaire du syndicat CGT à la Bosch. 

L'usine castonétoise avait cessé de produire le 17 mars. @ADN12

« A première vue, l’usine Bosch et les salariés de Rodez sont les grands oubliés du gouvernement dans ses annonces », affirme le représentant syndical. « On s’attendait à ce que le gouvernement mette la pression sur les constructeurs pour qu’ils se fournissent en pièces uniquement dans des usines localisées en France », précise celui-ci, ce qui aurait permis de faire gagner du temps au site castonétois pour mettre en place une transition industrielle.

Plan de soutien aux véhicules… propres

Yannick Anglares et Romain Fraysse de la CGT lors d’une conférence de presse. ©ADN12

Car c’est un plan de soutien à pas moins de 8 milliards d’euros que le Président a annoncé hier, pour des véhicules dits « propres », c’est-à-dire électriques ou hybrides. Autant dire que les injecteurs et bougies de préchauffage pour moteurs diesels fabriqués par l’usine de Rodez ne semblent plus faire partie du monde d’après…

Et sans le support de l’Etat pour contraindre le groupe Bosch, Yannick Anglarès s’avoue pessimiste :  « s‘ils n’ont pas mis la pression sur les constructeurs pour qu’une partie de leurs pièces provienne de France, la bataille est perdue ». Car pour lui, le groupe Bosch ne souhaite pas investir en France : « ils ne feront rien pour la France et notamment pour Rodez » affirme-t-il.

« Les véhicules hybrides sont très peu générateurs d’emploi »

Car si la stratégie du groupe semblait plutôt consister à « trouver des produits hors du giron de Bosch » comme l’indique Yannick Anglarès, les vues vers l’aéronautique qui étaient privilégiées sont maintenant « à oublier pour l’instant » au vue de la situation des compagnies aériennes, pire que celle des automobiles. L’Etat était donc fortement attendu au tournant de la crise du Covid par les syndicats de l’automobile : « le seul salut qui nous restait, c’était de contraindre les constructeurs : ça aurait coûté zéro euro plutôt que d’injecter des milliards en aides » regrette le représentant syndical.

Dernier espoir : que ces 8 milliards d’euros du plan d’aide permettent de maintenir des emplois. Mais, là aussi, pour Yannick Anglarès « il n’y a rien qui me rassure de ce coté-là et j’espère me tromper, mais je suis pessimiste ++… »