Restauration collective. Les agriculteurs aveyronnais montent au créneau

Le secrétaire aveyronnais de la FDSEA, Laurent Saint-Affre, attend des "actes forts" de la part des politiques locaux. @ADN12_archives

« Il faut privilégier les produits français en restauration collective » : c’est en substance le message réitéré des syndicats agricoles à l’adresse des pouvoirs publics, après une période de confinement qui a mis à mal un certain nombre de filières locales. (Lire à ce sujet notre article sur la Ferme de la Roselle)

« Ce débouché supplémentaire pour les productions agricoles permettra de contribuer au rééquilibrage des marchés pour les filières les plus fragilisées par les mesures de confinement, à la condition de limiter les produits importés, et de sensibiliser nos concitoyens à l’origine France. »

(Communiqué de la FDSEA et des JA)

Communes, Départements et Régions appelés à agir

Au niveau national, la FNSEA et les Jeunes Agriculteurs ont écrit au Président de l’Association des Maires de France, François Baroin, au Président de l’Assemblée des départements de France, Dominique Bussereau, ainsi qu’au Président de Régions de France, Renaud Muselier. En Aveyron, les deux syndicats ont adressé leur message auprès des Maires, du Conseil Départemental et des députés et sénateurs aveyronnais.

« Si l’incertitude demeure quant aux modalités d’ouverture de la restauration collective,
notamment scolaire, la FDSEA et JA souhaitent sensibiliser les responsables de la
commande publique à la nécessité d’orienter massivement les approvisionnements vers
des productions françaises » 
peut-on lire dans cet appel à privilégier les produits locaux sur ceux provenant de l’importation, notamment pour les restaurations collectives des hôpitaux et des prisons, qui ont continué de fonctionner pendant cette période de confinement.

« Il est légitime d’attendre, en soutien, des actes forts de la part des responsables politiques locaux qui, avec la gestion de la restauration collective, peuvent eux-aussi contribuer à la souveraineté alimentaire de la France. »

(Laurent Saint-Affre (FDSEA Aveyron) et Romain Deleris (JA Aveyron))

On sait que la question de la préférence nationale en matière d’alimentation est un des chevaux de bataille des deux organisations syndicales, qui militent ensemble pour rapprocher le producteur du consommateur.

Vers une « philosophie nouvelle » ?

Le confinement l’a montré par endroits avec le renforcement de certains circuits-courts : c’est aussi ce que souhaitent bon nombre de consommateurs.

« C’est aussi répondre à la demande d’une grande partie de nos concitoyens et une façon de renforcer le lien entre agriculteurs et consommateurs, de les sensibiliser à la qualité des produits de leur territoire, de leur pays. Les agriculteurs français sont fortement mobilisés depuis le début de la crise, ils continueront toujours de l’être pour nourrir leurs concitoyens. »

(JA et FDSEA de l’Aveyron)

Les deux syndicats appellent donc les collectivités locales à prendre leur part pour participer au redémarrage de l’activité et mettre en place une « philosophie nouvelle » pour diminuer le recours aux produits d’importation et les aider à écouler les stocks de denrées alimentaires qui n’ont pas pu l’être pendant cette période de crise, notamment en ce qui concerne la production de viandes…