Politique. Rodez Citoyen s’estime « méprisé » par la majorité municipale

Les trois élus d'opposition (Claudine Bonhomme, Matthieu Lebrun et Chantal Combelle) regrettent notamment de n'avoir pas été conviés à participer à la gestion de la crise Covid. @ADN12

À Rodez, le période de confinement nous avait presque fait oublier que les élections municipales n’avaient pas rendu leur verdict définitif. Le déconfinement nous le rappelle en réveillant la campagne. Et ce sont les élus d’opposition de Rodez Citoyen, dont la liste est arrivée deuxième du premier tour organisé le 15 mars dernier, qui dégainent en premier, accusant le maire d’être « irrespectueux envers sa minorité », de ne pas l’avoir associée à à la gestion de la crise de se servir de cette période pour reprendre ses propositions. Ambiance…

Un dernier conseil houleux

L’ambiance est en effet montée d’un cran lors du dernier conseil municipal, le 7 mai dernier. « Nous souhaitions poser au maire des questions orales, comme on le fait à chaque conseil mais ils nous les a refusées » déplore Claudine Bonhomme, qui explique les avoir transmises comme à son habitude 48 heures avant la réunion, à qui de droit, et par voie électronique.

« Christian Teyssèdre me reproche de ne pas les lui avoir transmises également par écrit, mais en plein confinement, il m’était difficile de me déplacer ! J’estime qu’il ne respecte pas la démocratie ! » enrage la conseillère d’opposition.

Un refus d’autant plus difficile à accepter pour ces élus que le conseil du 7 mai s’est terminé par une délibération qui n’était pas à l’ordre du jour : celle qui traitait de la création d’un nouveau gymnase et de la rénovation de l’Amphithéâtre.

« La loi dit que cette délibération aurait dû être présentée en début de conseil et non à la fin. Nous allons saisir la préfète à ce sujet. Et puis surtout il s’agit d’une proposition électoraliste, car elle se trouvait comme par hasard au cœur de nos propositions de campagne… »

(Matthieu Lebrun, Rodez Citoyen)

Premier élu d’opposition et candidat déclaré au poste de maire de Rodez, Matthieu Lebrun explique par ailleurs qu’il aurait aimé être convié à participer à la gestion de la crise aux côtés de la majorité.

@ADN12

« On aurait aimé que les groupes minoritaires soient associés à la gestion de cette crise, dans un esprit constructif et non partisan mais l’opposition n’a malheureusement aucune place pour monsieur Teyssèdre, qui se montre irrespectueux et méprisant envers nous. Alors qu’il a justement repris certaines de nos propositions ! ».

Une attaque qui avait déjà été formulée dans un courrier adressé au maire de Rodez le 17 avril et à laquelle Christian Teyssèdre a offert une réponse, arguant de l’inaction de ses concurrents :

« Je trouve regrettable qu’aucun des trois élus de Rodez Citoyen n’ait proposé ses services depuis le début du confinement pour agir avec nous au service des Ruthénois. Où étaient-ils pendant ces 32 premiers jours ? Ils ne font jamais aucune proposition ! »

(Christian Teyssèdre, maire de Rodez)

Si on ne connaît pas encore la forme que prendra la suite de l’élection municipale, il semble bien que la campagne ait redémarré, tout du moins pour deux des trois protagonistes qualifiés au terme du premier tour.

D’autres propositions post-covid

N’ayant pas pu poser leurs questions lors de ce fameux conseil du 7 mai, les trois élus du groupe Rodez Citoyen ont donc décidé de le faire par le biais d’une conférence de presse organisée en début de semaine.

S’ils ont voté les différentes mesures d’aide proposées par la majorité (lire ici et ) pour accompagner la sortie de crise (-« beaucoup ont été puisées dans nos propositions » insiste Matthieu Lebrun-), les élus de Rodez Citoyen en auraient voulu plus… « Nous aurions aimé qu’on fasse appel aux couturières locales pour les commandes de masques car elles sont en difficulté; on aurait aimé un autre système de calcul pour les aides à la cantine, plus avantageux pour les familles nombreuses; on aurait aimé que les aides aux crèches soient élargies aux établissements gérés par la CAF pour mettre fin à cette ségrégation aux revenus; on aurait aimé un geste solidaire envers les intermittents du spectacle qui devaient venir à l’Estivada, à minima leur rembourser les frais engagés pour leurs créations et indemniser les techniciens plateaux… » énumèrent-ils.

« On n’a jamais de réponse »

« Le problème avec le maire de Rodez, c’est qu’il ne donne jamais de réponse à nos questions » poursuit Chantal Combelles, « courant avril, nous l’avions alerté sur la suppression de deux postes d’enseignants à Gourgan et Ramadier afin qu’il se mobilise pour les défendre mais nous n’avons jamais eu de réponse et ces deux postes ont été supprimés… ».