Sport de haut niveau et confinement vus par quatre athlètes aveyronnais

Notre département peut s'enorgueillir de quelques sportifs de talent pratiquant au plus haut niveau national et international. C'est le cas de trois jeunes femmes et du fils de l'une d'elles, qui nous expliquent leurs méthodes d'entraînement en ces temps troublés où le monde du sport de compétition est en repos forcé.

Marine Cabirou, Sophie Duarte et Sophie Mazenc poursuivent leur préparation malgré le confinement. DR

Sophie Mazenc est recordwoman d’Aveyron du 10 km, son fils Léandre est vice champion d’Occitanie minime de cross-country et triathlète. Marine Cabirou est l’une des toutes meilleures descendeuses VTT au monde. Sophie Duarte est recordwoman de France du 3000 m steeple. Ces quatre athlètes aveyronnais expliquent comment ils font pour garder au mieux forme physique et influx nerveux durant cette période de confinement…

Sophie Duarte, de retour des Jeux Militaires à Wuhan

S’il est une athlète sensibilisée au problème du covid, c’est bien Sophie Duarte : elle qui participait en octobre dernier aux 7èmes Jeux Mondiaux Militaires à Wuhan, peu avant le début officiel de l’épidémie dans cette province chinoise. Et où on dit que certains athlètes français auraient contracté le virus, sans forcément avoir été alors identifiés comme porteurs…

L’Espalionnaise licenciée à Balma, championne d’Europe de cross country en 2013, ne « pousse pas la machine » et songe surtout à s’entretenir en cette période d’urgence sanitaire.

« Un virus circule et il ne faut pas affaiblir le système immunitaire. En plus il n’y a pas de compétition à court terme, il faut juste garder l’envie, relâcher la pression sur le contrôle du corps, et prendre du recul sur les choses essentielles »

(Sophie Duarte, spécialiste du demi-fond)

Tout en restant autour de son domicile de confinement à Font-Romeu, Sophie réalise des sessions de course à pied spécialisées avec du travail en pente, histoire de développer puissance et travail court. Du home trainer sans dépasser l’heure afin de ne pas trop perdre eau et minéraux, et des exercices plus classiques de conditions physiques avec du gainage complètent la préparation de la championne.

« A mon âge je viens de battre mon record sur 10 000 m et je bas au niveau national des filles bien plus jeunes que moi. Je ne régresse donc pas et n’envisage pas encore une fin de carrière »

(Sophie Duarte, spécialiste du demi-fond)

Avant le confinement, cette athlète de 38 ans préparait les championnats d’Europe de Paris sur piste pour le 10 000 m ou le 5 000 m, tout en espérant se qualifier pour les Jeux Olympiques.

Dans la famille Mazenc…

En février dernier, aux championnats d’Occitanie de cross-country à Carcassonne, Sophie et Léandre Mazenc sont les seuls aveyronnais à avoir ramené une médaille chacun dans leur catégorie.

A la fois athlète en exercice et coach de ses jumeaux, Sophie Mazenc reconnaît faire plutôt partie des sportifs privilégiés en cette période de confinement excluant toute pratique sportive de compétition et au long cours…

« Léandre et moi pouvons courir dans les chemins autour de la ferme familiale. Nous avons également à disposition des homes trainer, un tapis roulant et une piscine même si la fraîcheur de l’eau nous oblige à enfiler une combinaison »

(Sophie Mazenc, coureuse)

Sophie est institutrice mais avec une formation  de base de moniteur sportif. C’est elle qui prépare ses deux garçons triathlètes : Louis et surtout Léandre qui se projette sur une carrière sportive. La Clairvalloise reconnait sa chance de vivre dans une famille sportive ou se créé une émulation, alors que certains sont obligés de composer seuls.

« En fonction des sports et de l’encadrement dont ils bénéficient, certains prennent plus de retard que d’autres. Les coureurs à pied sont avantagés par rapport aux nageurs… »

(Sophie Mazenc, coureuse)

Du VTT au Home Trainer

La Millavoise Marine Cabirou ressortira bientôt son VTT. Elle qui était deuxième du classement général de descente VTT élite 2019 avant l’arrêt des compétitions, est pilotée à distance par son entraîneur Nicolas Filippi.

« Je fais des séances d’une heure environ avec de l’intensité sur mon home trainer, ponctuées d’exercice de gymnastique en complément. Par contre je ne possède pas de logiciel virtuel qui me permettrait de retrouver les sensations de la descente »

(Marine Cabirou, vététiste)

Confinée dans son domicile millavois, la championne du monde junior de 2015 n’a pas touché son vélo de descente depuis bientôt deux mois, pour une saison qui devrait potentiellement reprendre en septembre : « avec le déconfinement prochain je pourrai rouler un peu avant la reprise et m’entraîner enfin normalement »…

Le point commun que l’on retrouve chez tous ces athlètes, c’est une réflexion sur l’entretien du corps sans puiser dans ses réserves et tout en préservant un équilibre psychologique nécessaire, avant un retour à la normale que chacun ne prévoit pas avant l’approche de l’hiver. Souhaitons à ces champions confirmés ou en devenir de porter haut le fanion aveyronnais encore longtemps.