47e Rallye du Rouergue. « Faire le dos rond pour mieux rebondir la saison prochaine »

Le rallye du Rouergue 2020 ne sera pas dans les tablettes du sport automobile. ©Archives ADN

Pour les amateurs de rallye automobile, l’annulation du Rouergue 2020 est une grande déception. L’épreuve inscrite au programme du championnat de France des rallyes sur route devait se dérouler du 9 au 11 juillet. Elle a été annulée par son comité d’organisation. Une décision dictée par une crise sanitaire grave. Gérard Fournier, président de l’Association Sportive Automobile du Rouergue en explique plus précisément les tenants et aboutissants.

« Un coup dur pour les hôtels »

Gérard Fournier, président de l’ASA. DR

Il y a un mois vous annonciez l’annulation du rallye du Rouergue… aujourd’hui pensez-vous que cela aurait pu se faire ?

Non, c’est vrai que l’on s’est posé la question mais en fait, nous avons pris une décision sage. La preuve : en juillet, ça n’aurait pas été possible puisque les interdictions sont là.

Aucun regret donc ?

Aucun. D’une part, vis-à-vis des médecins puisque le sport n’est pas une priorité et d’autre part en termes d’organisation : comment faire respecter la distanciation au public qui se regroupe sur les zones stratégiques de la course, sans parler des pilotes et de l’assistance ?

La décision a-t-elle été prise en interne au sein de votre association ou avez-vous contacté d’autres organisateurs de rallyes ?

J’ai consulté beaucoup de monde et en premier lieu la préfecture. J’ai pris contact avec les organisateurs de rallyes les plus proches de notre date : Antibes prévu en mai et les Vosges en juin. Eux étaient partisans de reporter. J’ai consulté souvent la Fédération, qui comme moi n’était pas favorable à un report pour raison de calendrier.

Reporter en septembre n’aurait pas été jouable ?

Tout est possible mais le calendrier impose une épreuve par mois; si tout le monde reporte, ça ne passe plus. Les épreuves se chevaucheront et les organisateurs seraient perdants car les pilotes seraient obligés de faire des choix.

« Nous ne sommes pas financièrement en péril »

En mars, tout était déjà prêt pour le Rouergue 2020 ?

L’essentiel oui. Le gros de la préparation sur le terrain c’est le dernier mois et là… Le confinement a été long et la préparation n’a pas pu se faire correctement même si on était bien avancé.

Quelles sont les conséquences sportives ?

Les conséquences sportives sont les moins graves car ce n’est que du sport. Pour le championnat de France, une seule épreuve a eu lieu, celle du Touquet. On peut espérer que le Mont Blanc, les Cévennes, le Var et Antibes (qui va peut-être être reporté) feront que le championnat 2020 aura encore raison d’être. Pour l’instant, le championnat n’est pas stoppé.

L’annulation de l’épreuve vous met-elle en difficulté financière ?

Le budget du Rallye du Rouergue est de 300 000 €. J’ai pris la décision assez tôt pour limiter au maximum les problèmes financiers que peut engendrer l’annulation de l’épreuve aveyronnaise. On doit fonctionner jusqu’à l’année prochaine sans entrée d’argent. On a un local, du matériel… pour l’instant on peut absorber ces dépenses. On devait également prendre des décisions avec les fournisseurs, les imprimeurs…Ce que je peux dire, c’est que financièrement on n’est pas en péril.

Cette annulation aura-t-elle des conséquences pour l’économie locale ?

Oui, énormément, surtout pour le secteur hôtelier. Le rallye du Rouergue est la plus grosse manifestation au niveau hôtellerie à Rodez; pareil pour la restauration. Rien qu’en ne comptant que les membres de l’organisation, officiers, commissaires… cela coûte à l’association 40 000€ d’hébergement… sans compter les pilotes, l’assistance, les suiveurs. En gros, on peut compter habituellement 100 000 € de retombées économiques pour les hôtels de Rodez…

Vous restez optimiste pour l’avenir du sport automobile ?

Sportivement, j’espère que cette année blanche sera vécue sereinement et que cela ne fera pas trop de dégâts économiques. Nos partenaires nous ont toujours bien soutenus… en sera-t-il toujours ainsi ? Est-ce que les pilotes auront les moyens de courir ? La plupart des pilotes sont des chefs d’entreprises, il y a beaucoup d’incertitudes même si on est loin de la saison prochaine, cela n’empêche pas le questionnement. Il ne faut perdre de vue que le sport n’est pas prioritaire…

Le spectacle ne sera pas au rendez-vous cette année@archives ADN