[Mis à jour] Bosch. « Ne pas passer à côté de certaines opportunités »

L'usine castonétoise doit lancer la fabrication de masques dans quelques jours. ©ADN12

L’usine castonétoise s’apprête à lancer deux lignes de production de masques dans les prochains jours. Des objets que tout le monde s’arrache dans le contexte actuel mais qui seront réservés aux personnels des sites Bosch en France. Interpellée par les élus locaux et le syndicat CFE-CGC pour élargir cette production et en faire profiter le grand public, la Direction du géant allemand refuse pour le moment de miser plus.

Des prévisions revues à la baisse

Alors qu’elle prévoyait dans un premier temps de produire 6 000 masques par jour, la Direction de Bosch a revu ses objectifs à la baisse… Une décision dénoncée ce mercredi 29 avril par le syndicat CFE-CGC de l’usine castonétoise, qui parle d’un choix « honteux et indigne ».

« Pour des basses raisons de rentabilité, la Bosch a décidé de diviser la fabrication par 3 et de la ramener à 2.000 masques par jour. Ces lignes ne seraient en place que seulement 2 mois. Courant juillet, les lignes automatiques allemandes seront à même de répondre aux besoins des salariés. Les femmes et les hommes du site castonétois seront donc de nouveau à la merci des livraisons et des priorités de leurs collègues Outre-Rhin, les privant une fois de plus de leur indépendance. »

(Communiqué de la CFE-CGC de Bosch-Onet)

« Nous sommes révoltés par cette décision que nous condamnons fortement » explique Jacques Douziech, le secrétaire départemental du syndicat, qui annonce par ailleurs suspendre sa participation au Groupement de Réflexion Industrielle mis en place pour trouver des pistes de diversification au sein de l’usine castonétoise…

« Ne pas rester passif »

À son tour, la CGT monte au créneau et adresse un courrier à la Direction de Bosch France-Benelux pour demander une augmentation des capacités de production à Rodez et une distribution élargie au grand public : « n’est-il pas temps de penser également à l’ensemble de la population, à minima aveyronnaise ? ».

« Des lignes de fabrication de 3 000 masques par jour pour la France, des lignes de 120.000 en Allemagne, là aussi compte tenu de la situation, en France, avec un besoin en masques gigantesque mais aussi avec la situation de notre site de Rodez, ne laissons pas passer cette occasion et montrons-nous enfin à la hauteur »

(CGT Bosch Onet-le-Château)

Autre argument partagé par la CGT : cette crise doit offrir l’opportunité de relocaliser l’industrie, d’autant que l’Etat français prévoit d’aider massivement le secteur automobile…

« Le gouvernement s’apprête à soutenir à hauteur de 25 milliards l’industrie aéronautique et automobile sans aucune contrepartie. A minima, ne devrions-nous pas poser une exigence en terme de relocalisation des emplois au travers de cet argent public que le gouvernement s’apprête à donner ? »

(CGT Bosch Onet-le-Château)

Pour la CGT, les mesures gouvernementales doivent participer à faire venir de l’activité « en France et à Rodez » : « au travers des aides de l’aide de l’Etat, donc de l’argent public, de favoriser les emplois chez nous et en même temps de s’inscrire dans la transition écologique dans les motorisations du futur »…

Car le syndicat fait savoir que le groupe aurait décidé d’investir en Turquie, dans la fabrication d’une pompe de nouvelle génération. « Cela prouve que le groupe continuera à fabriquer des moteurs thermiques et que le tout électrique n’est pas pour demain, mais aussi qu’il a encore les moyens d’investir » salue le syndicat, qui demande maintenant à Bosch d’associer le site ruthénois à cette activité…

Une copie de ce courrier a été adressée au Ministre de l’Economie Bruno Lemaire, à la Secrétaire d’Etat Agnès Pannier-Runacher et aux élus aveyronnais.