Clairvaux-d’A. « Déjà 30 000 € de recettes en moins » pour La Frégière

Pierre, Martine et Benjamin, propriétaires de la Frégière attendent des jours meilleurs...DR

Depuis 1980, la famille Garrigues, -Pierre, Martine et leur fils Benjamin-, ont repris l’auberge de la Frégière, près de Clairvaux d’Aveyron. Autrefois constituée de prés et de vignes, la propriété a évolué avec l’aménagement de la pisciculture puis la construction d’un manège couvert et d’un club-house pour le centre équestre. Aujourd’hui, les propriétaires de la Frégière proposent diverses prestations : restauration, hébergement en chalets, élevage de chevaux, exploitation de 5 hectares de vignes en Marcillac, école d’équitation ou encore pêche à la truite.

Autant d’activités touchées de plein fouet par l’arrêt brutal de l’économie depuis la mise sous confinement du pays…

Des craintes et de l’incertitude

Pour mener à bien toutes ces activités, Pierre Garrigues compte habituellement, outre le soutien de son épouse et de son fils, deux monitrices d’équitation et une employée pour l’entretien des chalets : « actuellement, seule une monitrice travaille à mi-temps pour entraîner les chevaux afin qu’ils gardent leur musculature ».

Le restaurant, qui peut accueillir jusqu’à 70 couverts, sonne lui aussi désespérément creux et les semaines, voire les mois à venir, ne sont pas beaucoup plus enthousiasmants… « On avait des réservations (des bus de personnes âgées) sur avril, mai et juin. Notre agenda était pratiquement plein jusqu’en juillet pour les repas de famille de types baptêmes, communions, mariages… ».

« Avec le confinement, cela fait plus d’un mois que tout est stoppé, nous ne faisons pas d’activité de traiteur, ni de vente à emporter donc c’est zéro achat et zéro recette… »

(Pierre Garrigues)

Pierre Garrigues précise que les réservations étant généralement prises sans versement d’arrhes, la gestion des annulations s’est faite sans trop grande difficulté. « A la fermeture nous n’avons pas eu de grosses pertes alimentaires mais la reprise risque d’être compliquée car je suis persuadé que la restauration ne se fera pas comme avant ».

Repenser les activités en vue du déconfinement

« Il va falloir que les nouvelles consignes ne soient pas trop contraignantes, au pire je préfère faire une année blanche en restauration car mettre en place un distancié dans ma salle sera impossible avec un bus de 30 personnes » s’inquiète le propriétaire de ce restaurant où l’on aime la proximité…

« Nous sommes un restaurant de campagne… je sers donc très peu à l’assiette : on met la soupe, la terrine de saucisse à l’huile, le plat de salade sur la table, les gens se servent… On cuisine dans la salle de restaurant, à la vue des clients. Les gestes barrières qu’il va falloir adopter vont casser cette convivialité… »

(Pierre Garrigues)

Martine et Pierre imaginent pouvoir faire une restauration à emporter pour les locataires des chalets : « des menus simples que pourront aussi emporter les pêcheurs de l’étang car des zones de pique-nique sont à disposition ».

La salle de restaurant de la Frégière. DR

Pour l’hébergement, il n’en est pas de même. Les chalets sont habituellement ouverts à la location à compter de la mi-mars jusqu’à la Toussaint. « Sur la location, nous fonctionnons avec des plateformes de réservation donc nous ne touchons pas les acomptes. La saison est surtout sur juillet et août donc là je reste optimiste sauf si les mesures d’accueil deviennent drastiques ».

« La propreté se voit, le virus non. Nous devrons établir un climat de confiance : la désinfection sera faite entre chaque location, il faudra rassurer, expliquer, montrer notre compétence et notre sérieux. De toute façon, à la réception des familles, on mettra à disposition le nécessaire pour qu’elles puissent elles-aussi nettoyer et écarter tout doute »

(Pierre Garrigues)

En attendant, Pierre Garrigues en profite pour entretenir, réparer, peaufiner ses installations et s’occuper des chevaux, une activité qu’il imagine facilement adaptable aux gestes barrières tout comme son activité pêche. Il y a également les vignes, les clôtures, les ronces, la peinture sur les bâtiments, bref, pas de quoi s’ennuyer mais « à un moment il faut faire rentrer de la trésorerie pour vivre » s’inquiète le propriétaire qui confirme engager le moins de dépenses possible…

Des pertes qui ne seront pas récupérées

La mise en sommeil de la structure et l’inactivité commerciale vont évidemment être préjudiciables et Pierre Garrigues regarde passer les jours avec inquiétude.

« Il est beaucoup trop tôt pour estimer le manque à gagner mais depuis la mi-mars, c’est 30 000€ en moins de recettes et les frais de fonctionnement se poursuivent sur l’élevage et l’entretien du centre équestre… Si nous pouvons travailler normalement sur juillet et août cela sauverait un peu les meubles. Il faudrait faire 40 % du chiffre d’affaire par rapport à 2019 pour limiter les dégâts »

(Pierre Garrigues)

La famille Garrigues, comme tous les restaurateurs et hôteliers est donc suspendue aux lèvres du Premier Ministre ce mardi…