Aveyron. Le réseau Palliance 12 continue de prendre soin des plus fragiles

Le local de Palliance 12 est situé à Onet-le-Château.

C’est en 2004 que les professionnels de santé de l’Aveyron ont souhaité créer un réseau pour venir en aide de façon globale aux malades. Porté par le Conseil de l’Ordre des Médecins, la CPAM, l’hôpital de Rodez et l’association des bénévoles des soins palliatifs, Palliance 12 est une association loi 1901 qui met en lien des médecins, des infirmiers, des assistantes sociales et des psychologues pour prendre en charge des patients qui en font la demande.

« Nous ne remplaçons pas les professionnels de santé sur le terrain, mais nous voulons être en appui »

Sophie Rebois est directrice du réseau Palliance Aveyron : « nous sommes en deuxième ligne après le médecin pour faire une évaluation de la situation de la personne », indique-t-elle.

Plus qu’une maladie, une personne

Les retours à domicile après des soins requièrent parfois un accompagnement spécialisé. ©ADN12

Créé à la fin des années 1980 en pleine émergence du SIDA, le réseau Palliance cherche avant tout à venir en aide aux patients en prenant en compte aussi les aspects sociaux, financiers et psychologiques. « C’était la vision de la personne et non plus de la maladie » résume la directrice. « Les médecins se concentraient sur la maladie mais ils se sont rendus compte qu’il y avait énormément de choses à prendre en compte : un infirmier ne peut pas le faire tout seul ».

Au départ créé autour de la thématique des soins palliatifs, le réseau Palliance s’est vite étendu à la gériatrie, puis à toutes les pathologies et maladies chroniques. Aujourd’hui, l’équipe de professionnels accompagne des patients pour des demandes aussi variées que des maintiens à domicile, des symptômes difficiles à gérer par un médecin qui aurait besoin d’une expertise, une aide pour trouver des accompagnements sociaux ou financiers, un soutien psychologique ou encore des approches complémentaires comme la sophrologie ou l’hypnose.

Les déplacements à domiciles continuent

Souvent appelés à se déplacer chez le patient pour vérifier son cadre de vie, les professionnels du réseau n’ont pourtant pas été très impactés par le confinement. « On limite les déplacements à domicile à ceux jugés nécessaires par le médecin généraliste. Sinon, on fait les entretiens par téléphone ou visioconférence, même si c’est parfois compliqué : ça demande de se réadapter » témoigne la directrice.

Les demandes d’intervention, autour de 30 par mois sur l’Aveyron, n’ont pas augmenté avec le Covid-19 mais c’est la solidarité qui a tenu l’équipe mobilisée : les premières semaines ont été consacrées à contacter tous les établissements de soin comme les EHPAD ou ceux recevant des personnes handicapées, pour connaître leurs besoins et proposer une aide. « Il y a aussi eu plus de suivi téléphonique pour voir s’il n’y avait pas de patients isolés et pour les mettre en lien avec les dispositifs des communes pour des portages de repas, par exemple. »

« L’isolement des personnes chez elles est accentué mais les structures d’aide à domicile ont fourni un vrai effort, elles sont au maximum de ce qu’elles peuvent faire »

Et bonne nouvelle : les demandes de soutien psychologique lié au confinement sont restées plutôt rares grâce aux nombreuses plateformes de soutien, locales et nationales.

L’impact psychologique du Covid chez les professionnels

Les professionnels de santé subissent une pression encore plus intense. ©ADN12

En première ligne, la pression psychologique pour les personnels soignants est particulièrement intense, entre la peur d’être contaminé et celle de contaminer les autres. « Nous avons eu le cas récemment avec un établissement médical qui accueille des personnes âgées et qui a eu des cas de Covid : les équipes se posent des questions, elles sont en difficulté. »

« Notre psychologue mesure les risques post-traumatiques pour les professionnels soignants eux-mêmes »

« L’idée est de rester en lien avec eux plutôt pour l’après, ajoute la directrice, en mettant en place par exemple des groupe de parole. On essaye de proposer des choses mais on s’adapte surtout à ce dont les professionnels ont besoin. »

Même en pleine pandémie, la dizaine de salariés et la quarantaine de référents libéraux ou hospitaliers qui constituent l’équipe de Palliance 12 restent disponibles pour une approche particulière auprès des patients qui en font la demande. « N’importe qui peut nous appeler, toute personne malade, un professionnel ou l’entourage » précise Sophie Rebois. Le réseau plurithématique intervient auprès des patients pour tout type de maladies chroniques, de Parkinson à la sclérose en plaque. Seules conditions : que le patient soit informé et soit d’accord avec cette démarche, ainsi que son médecin traitant.

Toutes les informations sur le site internet de Palliance 12, leur page Facebook ou au 05 65 78 24 35.