40 des 54 décès enregistrés en Aveyron sont des résidents d’EHPAD

Les EHPAD du département sont placés sous haute surveillance de l'Agence Régionale de Santé avec un campagne de dépistage élargie. DR

« On constate ces derniers temps une diminution des cas confirmés et une baisse de l’occupation des lits d’hôpitaux en Aveyron donc ça prouve que le confinement porte ses fruits dans la circulation du virus. Les établissements accueillant des personnes fragiles comme les EHPAD restent cependant en difficulté donc on concentre nos efforts sur eux » explique Benjamin Arnal, Directeur de l’ARS en Aveyron, qui fait un point sur la situation sanitaire en Aveyron ce vendredi 24 avril.

Sept EHPAD touchés

Benjamin Arnal dirige l’antenne de l’Agence Régionale de Santé en Aveyron. @ADN12

Représentant 40 des 54 décès enregistrés sur le département depuis le début de l’épidémie, les résidents d’EHPAD sont les premières victimes du Covid-19. Pas étonnant quand on sait que 90 % des victimes aveyronnaises ont plus de 70 ans. Des chiffres qui peuvent paraître importants mais qu’il convient de mettre en perspective selon Benjamin Arnal : « le fait que notre département possède une population vieillissante et un nombre important de structures d’accueil médico-sociales a joué dans ce bilan ».

L’Agence Régionale de Santé nuance également ce bilan pour les décès enregistrés directement dans les maisons de retraite et non à l’hôpital (ce qui concerne 34 des 40 cas aveyronnais) : « il s’agit de décès de personnes âgées dont le test a été positif au Covid-19, mais aussi de personnes âgées qui pouvaient présenter des symptômes sans avoir pu être testées avant leur décès ».

« Les établissements ne sont pas livrés à eux-mêmes »

Pour accompagner plus étroitement les établissements du département, l’ARS a mis en place depuis la fin du mois de mars une campagne de dépistage. A ce jour, sur la soixantaine d’EHPAD que compte l’Aveyron, 40 ont pu bénéficier de ces tests et ils se sont révélés positifs dans sept établissements.

Des tests en cas de suspicion

En Aveyron, le dépistage dans les établissements médico-sociaux est réalisé grâce à l’intervention de sept binômes de professionnels de l’HAD (hospitalisation à domicile) de l’UDSMA, qui se déplacent pour effectuer les prélèvements sur tout le territoire et les transmettent pour analyse au laboratoire LxBIO.

Lorsqu’un dépistage massif doit être déclenché, par exemple suite à un premier cas confirmé dans une structure, une décision collégiale est prise par la préfecture, l’ARS et le CH de Rodez avec l’expertise de son service infectiologie « C’est une organisation centralisée et très efficace comparée à d’autres départements où chaque établissement choisi son propre laboratoire et où il y a pléthore de services. Ici, on peut prendre des décisions rapidement, c’est une chance ».

« On ne fait pas de test dans les établissements où il n’y a pas de suspicion. Ça n’aurait aucun intérêt car même si le résultat était négatif sur des personnes asymptomatiques, le virus pourrait être en cours d’incubation et des résultats trompeurs pourraient aboutir à faire des choix erronés. En revanche, dès qu’un cas est confirmé, on peut apporter une réponse extrêmement rapide en déclenchant le dépistage généralisé et en organisant un accompagnement sur place »

(Benjamin Arnal, Directeur de l’ARS en Aveyron)

Un accompagnement qui passe notamment par un appui des services infectiologie et gériatrie au sein même des établissements, pour adapter l’organisation interne aux cas détectés positifs, qui ne sont pas tous systématiquement hospitalisés.

Une courbe décroissante mais fragile

Si les hospitalisations et les placements en service de réanimation sont en baisse dans le département, la situation reste évidemment plus critique pour les établissements accueillants des publics fragiles. Même si là aussi, il y a quelques raisons d’espérer.

« Il y a une forme de rémission dans certains EHPAD, qui ont été touchés au début de l’épidémie et qui retrouvent une situation normale. Dans celui de Bozouls par exemple, il y a eu des cas positifs mais pas de décès enregistrés. »

(Benjamin Arnal, ARS)

De quoi commencer à entrevoir un relâchement des dispositifs de confinement, notamment pour permettre aux familles de rendre visite aux résidents. Mais cela se fera au cas par cas, dans des cadres bien précis fixés par chaque établissement et de façon progressive pour éviter la fameuse deuxième vague…

« Si le virus rentre, ça peut être une catastrophe donc il faut être très prudent lors du déconfinement »

Mais Benjamin Arnal prévient : si le confinement a eu des effets bénéfiques sur la circulation du virus en Aveyron, les efforts ne devront pas être anéantis par un déconfinement trop brutal. « On travaille à un élargissement des tests pour être prêt au moment du déconfinement car il y a un risque de voir repartir à la hausse le nombre de cas et d’hospitalisations »…