Solidarité. Quand les aveyronnais s’organisent pour soutenir les soignants

Deux jours après l'annonce du confinement, un groupe d'entraide, "Cœur de soignant 12", voyait le jour sur les réseaux sociaux. L'idée : amener des colis alimentaires à ceux qui sont en première ligne. Un mois après, le succès ne se dément pas et plus de 3 000 personnes suivent ce groupe. Reportage.

Partie de Rodez, cette chaîne de solidarité inonde désormais les quatre coins de l'Aveyron. DR

Infirmière dans l’agglomération ruthénoise, Christine Corail, créatrice du groupe Facebook « Cœur de Soignant 12 »sait les difficultés liées à ce type de métiers, surtout en période de crise. Elle a donc voulu apporter du réconfort à ses collègues, et faire ressentir l’élan de solidarité de la population envers toute une profession…

Une générosité grandissante

« J’étais sûre, au fond de moi, que dans cette situation exceptionnelle, des gens allaient répondre présent à cet appel aux dons, à cet appel à la générosité… Honnêtement, ça dépasse toutes mes attentes. On rencontre chaque jour des gens exceptionnels. Exceptionnel par leur ingéniosité, le don qu’ils font d’eux-mêmes, leur participation à la chaîne sous plein de formes… Et ça me ressource chaque jour, car ça continue de s’étoffer… » : en lançant ce groupe il y a un mois, Christine Corail espérait que les particuliers allaient être sensibles à son idée mais elle était loin d’imaginer l’ampleur que prendrait son initiative solidaire…

« Symboliquement, c’est très fort. Ce sont des personnes qui n’ont pas beaucoup de moyens, qui sont isolées. Parfois, ce sont des familles nombreuses, qui doivent calculer leur budget alimentaire. Toutes les semaines, à chaque point, ces personnes-là laissent un petit plat confectionné, ou achètent un gâteau et une pizza… Ils prennent du temps, et sur leur propre budget, pour transmettre quelque chose. Ça a une valeur exceptionnelle ! »

(Christine Corail, Cœur de Soignant 12)

 

De nombreux particuliers cuisinent pour les soignants. DR

Un groupe qui compte désormais plus de 3 000 membres, et que l’ensemble des soignants a appris à connaître. Et qui permet même de faire remonter les besoins de l’ensemble du département. Ce sont d’ailleurs les ambulanciers, traversant le département, qui prennent le relais en acheminant les colis.

Des enseignes qui jouent aussi le jeu

Si les grands participent, les enfants ne sont pas en reste. De multiples dessins ornent désormais les salles de repos des structures hospitalières. « Les parents et enseignants de la Calandrera ont lancé un projet pédagogique autour des soignants, du virus, pour dédramatiser auprès des enfants, confie Christine Corail. Ils ont choisi le gâteau soleil. Et tous les soirs, un parent amenait un gâteau et des dessins des enfants, pendant plusieurs semaines. Il y a eu la même chose aussi avec les jeunes footballeurs et footballeuses du RAF ».

Des visières sont également régulièrement récoltées. DR

Depuis le début, des enseignes jouent le jeu, et sont rejointes par des nouvelles, permettant à cette chaîne de solidarité de pouvoir livrer ces colis alimentaires aux équipes de soignants.

Et petit à petit, les dons variés se sont multipliés, dépassant les simples denrées alimentaires. « Ça les dépasse largement », détaille Christine Corail, « à travers les enseignes alimentaires, mais aussi les particuliers et d’autres professionnels, on a recueilli des dons multiples et variés : du tissu pour faire des masques et des sur-blouses, des élastiques, des visières, des sur-chaussures, des charlottes… ».

Deux lieux de collecte à Rodez

Tous les soirs, les coffres des voitures regorgent de nourriture pour les soignants. @ADN12

Chaque soir, Christine Corail, aidée par des collègues et amis, récupèrent les dons. D’abord à l’épi du Rouergue à Bourran, à 19 h. Puis à Victoire, à Saint Félix, à 19 h 30. Puis à 19 h 45, direction l’Hôpital de Rodez pour livrer la grosse majorité des dons. 

Le quart restant est livré, en suivant, à une autre structure (EHPAD, Sainte-Marie, pompiers, foyers de vie…). Des paniers sont également à dispositions dans les épi du Rouergue, pour déposer des draps, des tissus en coton, ou encore des élastiques… 

Une chaîne de solidarité, dont Christine Corail est très fière, et qui ne laisse pas insensibles les personnels soignants : 

« Il y a des jours, avec la charge émotionnelle forte, les filles explosent en larmes, quand elles rentrent dans leur coin de restauration, en voyant ce qu’on leur a déposé… C’est devenu un espace ou les soignants se ressourcent, lâchent et trouvent du réconfort autour de ces paniers gourmands »

(Christine Corail, Cœur de Soignant 12)

N’hésitez plus et participez vous aussi à cet élan de générosité en rejoignant le réseau Cœur de Soignant 12.