Covid. Comment les pompiers de Rodez s’adaptent-ils ?

En coordination avec la Préfecture et le SAMU, les pompiers du Service Départemental d'Incendie et de Secours de l'Aveyron ont mis en place un plan de continuité de service face au Covid. Ils nous l'expliquent...

En cas de suspicion de Covid 19 des tenues blanches protégeant intégralement sont enfilées par les sapeurs pompiers. @ADN12

Aux côtés des ambulances et du SAMU, les pompiers de Rodez continuent à intervenir au domicile des personnes, pour les secours habituels mais aussi parfois pour des suspicions de Covid-19…

« En cas de suspicion de Covid, on enfile une combinaison »

Des moyens suffisants en Aveyron

« Des notes nationales furent rapidement mises en place, mais elles devaient être adaptées en fonction des moyens notamment logistiques, de chaque département » explique le lieutenant des pompiers de Rodez, Lilian Cavalerie, rencontré dans le centre de secours Louis Dausse. Une réorganisation nécessaire qui est chose faite depuis le 16 mars.

« Contrairement à ce que l’on a pu entendre au niveau national, au Centre de Secours de Rodez, nous n’avons jamais manqué ni de masques, ni de tenues, ni de gants. Tous ces accessoires étaient abondamment fournis par notre pharmacie centrale »

(Lieutenant Lilian Cavalerie)

Pour assurer une continuité de service il fallait que tous les services, à la fois techniques et administratifs, fonctionnent en permanence. Par le biais du télétravail pour les uns, et de roulement d’équipes pour les autres, cette résolution est désormais assumée par les pompiers, en coordination avec tous les autres organismes de secours, sous la baguette de la Préfecture.

Le lieutenant Lilian Cavalerie adjoint au chef du CSP Rodez est aussi référent formation. @ADN12

« Quatre équipes de neuf sapeurs dont six professionnels et trois bénévoles, avec un officier assurent un roulement permanent. Aucune équipe ne se rencontre ni ne se croise, et les consignes des sortants aux entrants s’effectuent par voie numérique »… En temps normal, 30 professionnels et 80 volontaires constituent l’effectif du centre. Depuis le début du confinement, ils sont 36 à tourner, avec quatre officiers.

« Pour chaque intervention, trois personnes se déplacent sur place comme avant, mais une seule se dirige vers le patient, masquée et gantée. Elle commence par donner un masque au malade, fait seule un premier bilan, et appelle le second sapeur en cas de doute. En cas de suspicion de Covid, les deux intervenants enfile une tenue complète pour transporter la victime, alors que le conducteur reste au volant du camion de secours durant toute l’opération »

(Lieutenant Lilian Cavalerie)

Les quatre véhicules de secours sont nettoyés et désinfectés tous les jours, et à chaque retour d’intervention. @ADN12

Moins d’accidents de la route, plus de secours à la personne

Le lieutenant Cavalerie admet de nombreuses interventions sur des détresses respiratoires, même si elles sont actuellement en diminution… Par contre, le diagnostic Covid ne se faisant qu’en milieu hospitalier, les pompiers ne sont pas en mesure de comptabiliser les véritables cas de coronavirus. De plus, ces derniers n’assurent pas toutes les interventions dans ce domaine.

« C’est le médecin régulateur du SAMU qui décide en fonction de l’urgence et du degré de réactivité nécessaire, si ce sont les pompiers ou un ambulancier privé qui interviennent. Pour les cas les plus graves une équipe du SMUR peut être également dépêchée »

 

A l’intérieur de la caserne, divers aménagements ont été mis en place afin de respecter les gestes barrières entre sapeurs. La salle de restauration ne comporte que des grandes tables permettant l’espacement des soldats du feu. Les séances de sport se font à deux personnes maximum en salle, et aussi souvent que possible en extérieur.

« Tous les matins les gestes barrières sont rappelés afin de ne pas tomber dans la routine et le relâchement »

Le lieutenant Cavalerie souhaitait enfin insister sur l’attention que chacun d’entre nous devait porter à ses aînés, notamment lorsque l’on en connaît dans son voisinage.

« S »il est vrai que nous intervenons beaucoup moins sur des accidents de la route ou du travail, nous sommes en revanche confrontés à beaucoup de chutes de personnes âgées à leur domicile nécessitant un relevage »

(Lilian Cavalerie)

La complémentarité et la solidarité de tous ces organismes publics ou privés alliés à un confinement aussi strict que possible, sont les armes essentielles disponibles dans le cadre de l’urgence sanitaire en cours.