Dés l’annonce du confinement, avez-vous eu régulièrement des informations des instances du handball ?

Oui, tout à fait. Dés les premières mesures annoncées par le gouvernement, très rapidement, on a reçu des informations des différentes instances : de la fédération, de la Ligue Occitanie, et du Comité départemental. Les championnats ont été gelés, puis différents arrêtés municipaux ont été pris, interdisant l’accès aux différents gymnases. Et y compris au siège social du club, puisque c’est un lieu recevant du public. Ça a gelé, de manière assez brutal, l’ensemble des activités du club.

Avant que la fédération n’annonce l’arrêt des compétitions, aviez-vous mis en place des programmes pour vos licenciés ?

On a avancé, on a fait bouger le dispositif au fur et à mesure que les informations arrivaient. Au départ, au moins pour les seniors, on a parlé d’espacer le nombre d’entraînements, de le faire avec des effectifs plus petits. Puis, très rapidement, au bout de quelques jours, on a compris que tout allait devenir impossible. Actuellement, ils ont des programmes individuels de maintien en condition physique donnés par les différents coachs.

« Quelle sera la situation début septembre ? L’enjeu sera bien entendu sportif, mais aussi financier »

Désormais, on imagine que vous êtes déjà en train de préparer la saison prochaine ?

Au niveau national, l’équipe N2 est maintenue. La N3 féminine également. Et les résultats sont figés pour les championnats de jeunes. Maintenant, au niveau du club, on a à gérer cette fin de saison, et déjà, préparer la suivante. On est complétement déjà dans l’après. Un après, qui est relativement inconnu pour nous. D’abord, en terme de timing. Quelle sera la situation début septembre ? L’enjeu sera bien entendu sportif, mais aussi financier.

Etes-vous inquiet pour le budget de l’année prochaine ?

Pour tous les clubs de sport, quels que soient les niveaux, on aura un enjeu financier à gérer. Au niveau du ROC, les partenariats privés représentent pratiquement la moitié du budget, en terme de rentrée financière. On sait que l’on a des partenaires qui sont fidèles. Il y a un esprit familial qui est très fort. On espère évidemment les conserver. Mais on sait très bien que les situations économiques des entreprises ne seront pas forcément évidentes, malgré les mesures qui sont prises pour éviter des drames sociaux. Dans notre vision, le budget de la prochaine saison sera serré et on ne souhaite prendre aucun risque sur le plan financier. On va gérer ça en bon père de famille.

« C’est vrai que l’on continue à garder le lien avec nos licenciés, qu’on continue à faire vivre le club, à garder le lien avec nos partenaires, et avec les collectivités »

Vous essayez de rester en contact avec vos licenciés ?

Au niveau du club, on tâche d’utiliser les réseaux sociaux, sur lesquels on est présent. Il y a des initiatives de vidéos qui ont été prises par l’équipe N3 féminine, par les collectifs U15/U17. Il y a aussi des jeux qui ont été organisés pour nos jeunes licenciés, que l’on a appelé les défis ROC. C’est vrai que l’on continue à garder le lien avec nos licenciés, qu’on continue à faire vivre le club, à garder le lien avec nos partenaires, et avec les collectivités pour les tenir au courant de nos préparatifs, de notre situation de fin de saison tout en préparant l’avenir, certainement avec des mouvements dans les équipes. Et on espère très très vite retrouver les gymnases pour pouvoir à nouveau avoir des matchs à l’Amphithéâtre et voir, comme l’an passé, 900 spectateurs derrière le ROC. Ça sera la plus belle des récompenses.

Justement, cela vous a semblé cohérent que la Fédération fasse le choix d’arrêter les championnats ?

Là, honnêtement, je n’ai pas d’hésitation là-dessus. Il fallait prendre des décisions fortes. Effectivement, un mois, un mois et demi sans pouvoir s’entraîner, c’est vraiment un arrêt brutal. Je ne voyais pas très bien comment le championnat aurait pu reprendre dans de bonnes conditions. À circonstances exceptionnelles, mesures exceptionnelles. Vouloir faire du championnat à tout prix, dans des conditions dégradées… Il faut penser à la santé des joueurs, on peut avoir des blessures. Et au-delà du sport, actuellement, il y a des priorités par rapport aux drames, par rapport aux morts, par rapport aux équipes soignantes, qui se battent tous les jours, pour nous toutes et nous tous. La priorité actuellement, elle est ailleurs.