La chamelle à l'entrée du parc semble attendre désespérément la venue des visiteurs. Photo : DR

Anne Guy, comment allez-vous ?

Personnellement, au niveau santé, je touche du bois, tout va bien. Bien sûr, je respecte scrupuleusement le confinement chez moi et au travail, là aussi je respecte les règles de sécurité sanitaire.

Vous auriez dû ouvrir le parc et jardin la première semaine d’avril ?

Oui le premier avril, en fait cela dépend des années et de la météo. Cette année, on aurait pu ouvrir en mars car le soleil est avec nous : malheureusement, l’épidémie nous a obligé à revoir notre planning. Vous savez, après 5 mois de fermeture hivernale, c’est long.

Pour que la saison ne soit pas catastrophique, il faudrait ouvrir à quelle date au plus tard ?

Catastrophique, je ne le sais pas encore, ce que je sais c’est que l’on arrive à Pâques et que l’on rate déjà les vacances scolaires importantes pour nous. Les vacances de Pâques en général, aux premiers beaux jours, les gens ont envie de sortir et cela nous amène beaucoup de monde. On reporte nos espoirs sur le mois de mai, un mois tout autant important que Pâques car il y a beaucoup de ponts.

Le début de saison compte beaucoup dans le chiffre d’affaire. C’est bien 15% sur nos recette annuelles. C’est beaucoup plus important que l’arrière saison.

Anne Guy

En temps normal, le soleil amène une foule de familles dans le parc d’attraction. Mais cette année, seul les chants des oiseaux rompent le silence. Photo : DR

Vous avez beaucoup de réservations ?

On avait déjà des réservations sur avril. Des centres de loisirs, des maisons de retraites… A l’heure actuelle, courent toujours d’autres réservations mais cela s’est réduit à proche de zéro. Les réservations scolaires sur fin avril sont remises en question. Les gens attendent de voir quand le confinement sera levé. Les réservations qui tiennent pour l’instant sont sur juin, je croise les doigts mais c’est la crainte.

Si les dates de réservations sont passées, allez vous faire des avoirs ou des remboursements ?

Non, nous ne demandons pas d’arrhes, les gens à la réservations ne s’engagent pas financièrement. Il suffit d’annuler la réservation ou de la reporter tout simplement.

Parlons de votre business. Quelle est votre clientèle ?

Une clientèle essentiellement familiale, des parents ou grands parents avec les enfants de tout âge. En deux, ce sont les maisons de retraite, groupes scolaires, amis. Les visiteurs sont locaux bien sûr, mais je vois de plus en plus des gens de la Lozère, du Tarn, de l’Hérault, du Cantal… Une structure comme la notre est un peu unique dans la région, ayant deux parcs en un (animalier et attractions).

Vous aviez beaucoup investi dans le parc d’attraction, craignez-vous d’être en difficulté ?

Oui, encore cette année. Notre clientèle est fidèle donc nous devons nous renouveler le plus souvent possible. Cette année, nous avons encore privilégié le parc d’attraction car nous sommes en phase de grossir notre parc. C’est un investissement de 800 000€ qui est en cours, sous la forme d’emprunts. Heureusement, nous avons négocié quelques différés d’emprunts car on voulait d’abord fonctionner et avoir des entrées avant de rembourser. Le but est de refaire une trésorerie après cinq mois d’hiver sans recette.

Le parc animalier demande tout autant de travail, en cette période fermée au public ?

Oui, les animaux mangent toujours ! Financièrement, ce n’est pas négligeable. Il faut nourrir, nettoyer, entretenir…

Comment organisez-vous le travail de vos employés  ?

Nous sommes cinq personnes à travailler à l’année sur le site. J’ai également 20 personnes, des saisonniers, pendant la saison estivale. Du fait de la crise sanitaire, je n’ai pas pour l’instant de saisonniers et les salariés ne travaillent qu’à mi-temps, le reste du temps ils sont au chômage. Pour leur protection individuelle on s’est organisé pour qu’ils ne se croisent pas. Des horaires aménagées sont mises en place de façon à ce qu’ils ne soient pas sur le même endroit au même moment. Cela fonctionne très bien. Moi-même et mon fils, on y travaille et on s’y conforme. Nous avons l’eau, le savon, les gants, le gel à disposition sur le site. Nous avons également des intervenants extérieurs : des contrôles sanitaires pour les animaux, les travaux d’entretiens divers… tout cela est géré au cas par cas.

Quelle est votre vision sur le parc au final des investissements ?

La partie attraction est assez nouvelle. On va continuer à agrandir pour intéresser tout le monde, du plus petit au plus grand, tout en soignant l’environnement avec beaucoup d’arbres et de verdure. On veut arriver à un site écologique, botanique où on vient passer un moment agréable et où la balade sera l’accompagnement des attractions. Une fois le projet atteint, nous allons revenir sur l’investissement du parc animalier avec notamment l’installation de nouvelles espèces. Notre activité oblige à se renouveler constamment, il y va de la pérennité du parc car nous avons avant tout une clientèle fidèle.

Êtes vous optimiste pour cette saison ?

Cela dépend des jours, mais oui, c’est en moi d’être dans l’optimisme. Nous avons une période compliquée mais la volonté de tous doit l’emporter.

Les animaux attendent les pop-corn des visiteurs mais les allées sont tristement vides. Photo : DR

Pratique

Jardin des bêtes, 340, Route des Barthes, 12630 Gages Le Bas.
Tel. 05 65 42 66 40.