Grand Rodez. Les vendeurs marchés se réorganisent

La crise du Covid 19 a bouleversé les habitudes des commerçants de l'alimentaire et notamment des vendeurs et producteurs de marchés. Deux exemples avec une revendeuse de primeurs et un couple de maraîchers horticulteurs.

Depuis qu'elle livre ses fruits et légumes à domicile Kim Huynh a découvert une nouvelle clientèle. ©ADN12

Habituellement les Grands Ruthénois avaient l’habitude de retrouver Kim Huynh sur les marchés du mercredi et du samedi en centre ville de Rodez. Mais l’interdiction récente de ces marchés, en raison de la sécurité sanitaire, a obligé la jeune femme à réinventer un concept.

« Dès que j’ai appris cette interdiction, j’ai tout de suite pensé à livrer à domicile. Je me suis signalée dans un groupe aveyronnais sur Facebook où j’ai récolté 99 partages, et le bouche à oreille téléphonique a pris le relais »

Kim Huynh, revendeuse de primeurs

Kim s’est alors équipée d’un masque, de gants et de gel hydroalcoolique. Les commandes sont prises la veille pour le lendemain, avec une livraison entre 9h et 14h.

« La première semaine fût très dure, je ne connaissais pas trop le nom des rues, et la mise en place des premiers circuits a été laborieuse »

La Sébazacoise livre sur le district du Grand Rodez pour un panier moyen de 15€ minimum, au même prix qu’elle pratiquait sur les marchés.

« Pour moi c’est aussi un geste solidaire en période de crise, et puis c’est tellement réconfortant d’entendre les gens vous dire de prendre soin de vous. Paradoxalement, on gagne en empathie et en convivialité »

Kim est respectueuse des gestes barrières et se tient notamment à au moins 1,50m de ses clients.

Quant à Joël Vaysse, maraîcher horticulteur de père en fils, il a lui aussi dû tout repenser : « Le système de vente traditionnel étant à plat, nous devons nous réorganiser dans l’urgence en fonction des nouvelles normes sanitaires ».

Son affaire qu’il gère avec son épouse, Anne, propose des plantes ornementales. Pour les pensées, patiemment élevées par le couple, « c’est déjà foutu » soupire-t-il : les serres qui les abritaient vont êtres nettoyées sans qu’une seule de ces fleurs n’ait été vendue sur le marché. Mais ces maraîchers ont plus d’une corde à leurs arcs puisqu’ils vendent également les plants de légumes qu’ils produisent.

La terre a été retournée dans la serre des pensées laissant ces belles fleurs de printemps exsangues ©ADN12

« Il est maintenant grand temps de planter oignons, salades, asperges, brocolis ou fraisiers ! »

Pour ce faire, le couple s’est organisé : madame va vendre à domicile, près des serres installées sous le viaduc de Bourran, en respectant distance de sécurité et sur commande préalable. Joël, lui, va investir le parking du Crédit Agricole à La Primaube avec une vingtaine d’autres vendeurs du marché, pendant deux heures à tour de rôle.

« Il s’agissait pour nous de se situer à équidistance de notre clientèle qui s’étend jusqu’à Réquista et Villefrance-de-Panat »

Seul l’avenir nous dira si ces nouveaux concepts forcés perdureront une fois la pandémie résorbée. Peut-être ici aussi, verra-t-on émerger une évolution des principes et des habitudes.

Kim Huynh est joignable au 06 51 25 96 59.

Anne et Joël Vaysse sont joignables au 05 65 42 67 90.