Rodez. « Le confinement, une rupture de l’équilibre au sein du couple » selon J.-F. Labit

Jean-François Labit, musicothérapeute clinicien et thérapeute systémique et familial. (@JeanFrançoisLabit)

Le confinement est une situation inédite pour beaucoup de couples : vivre 24 heures sur 24 n’est pas toujours chose facile. Ils doivent co-créer et construire un nouveau quotidien. Jean-François Labit, thérapeute systémique et familial à Rodez, distille ses conseils.

« Le couple est une entité sociale avec l’idée d’aller-retour avec le monde vivant, il n’est pas fait pour être enfermé. Des ajustements quotidiens, sortes d’accordages, peuvent être nécessaires pour éviter les situations conflictuelles » confie le thérapeute ruthénois.

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Être confiné, c’est vivre tout le temps ensemble presque sans discontinuer en vase clos. « Définir des priorités dans la journée, organiser des tâches, créer un planning pour l’organisation du couple, de la famille et des enfants, sont essentiels pour maintenir une dynamique positive et constructive pour vivre au mieux le confinement » affirme Jean-François Labit. Il explique ainsi que les désirs et nécessités de chacun doivent être respectés : « Il va falloir apprendre à négocier en tenant compte des besoins de tous et savoir un peu lâcher du lest pour que l’un et l’autre ne se sentent pas lésés dans ce contexte. » En résumé, c’est toute une organisation qui se profile dans un dialogue à double sens.

« S’aménager du temps pour soi, à deux et pour sa famille »

En mode télétravail, parents ou ennui, les journées du couple ont été bouleversées. « Femmes et hommes, au sein du couple et de la famille, doivent s’aménager des temps pour eux seuls, à deux, et en famille pour mieux appréhender les tempos en cette période insolite et insécure où la sérénité est menacée » confie Jean-François Labit.

« S’isoler ou prendre un peu de distance pour écouter de la musique, pour lire un livre, pour aller se promener ou courir, pour faire de la couture ou tout simplement téléphoner à ceux qu’on aime… Ces attitudes et postures positives sont indispensables pour prendre de la hauteur et du recul
face à une situation stressante et anxiogène,
ceci afin de demeurer verticalisé et de conserver son identité » 

(Jean-François Labit, thérapeute à Rodez)

Il serait donc souhaitable que chacun trouve son équilibre pour être épanoui : « Ces expériences favorisent la libération et l’apport de sérotonine et d’endorphine, des hormones bienfaisantes qui peuvent aider à rester zen. »

« En profiter pour se retrouver »

Après des années de vie commune et le départ des enfants, des couples se retrouvent aussi seuls face à face. « C’est l’opportunité pour eux de se redécouvrir et de se réinventer… » constate Jean-François Labit. « 10, 20 ou 30 ans de vie à deux, ça laisse des empreintes fortes et inoubliables à repartager, ré-écrire… Il ne faut pas hésiter à utiliser l’essence qui constitue le couple et en fait sa singularité. »

« Regarder des photos-souvenirs, lire des lettres oubliées, appeler par visio-conférence nos amis perdus de vue depuis longtemps, relier passé et présent… Ces actions et détails peuvent participer à raviver les couleurs d’une relation »

 

Il faut savoir passer par-delà les défauts de l’autre, se poser et tenter de voir ses qualités pour vivre mieux ensemble. Notre thérapeute met l’accent « sur cette positive attitude qui permet un climat harmonieux et stable, le positif induit le positif et le négatif induit le négatif »

Eviter l’escalade

Des conflits peuvent apparaître pour tout et n’importe quoi. Il est nécessaire de prendre un peu de hauteur dès que la situation à tendance à échapper à l’un ou à l’autre. « Il est conseillé pour tous de savoir utiliser le mode “pause” quand cela devient “chaud” et de se mettre à distance voire même de s’éviter. Il ne faut pas rentrer dans une logique d’affrontement et de bras de fer qui n’aurait d’autres effets que de rompre l’équilibre du couple » avertit Jean-François Labit.

« Se mettre en pause »

Il nous encourage à appliquer les trois passoires de Socrate : « Est-ce que mes propos sont vrais, utiles, bienveillants et aimerais-je les entendre dire ? »...