Rugby. Les clubs aveyronnais en attente des décisions de la Ligue et de la Fédération

Si la réunion, ce vendredi 3 avril, du bureau de la Fédération Française de Rugby a pu mettre au clair les vœux de certains clubs, le niveau auquel ils évolueront la saison prochaine dépendra avant tout des décisions de la Ligue et de la Fédération.

« Il y a des gens qui vont râler mais les décisions seront prises de manière équitable et sportive »

(Gérard Fourquet, Président du Comité d’Aveyron)

Des décisions qui dépendront de « l’effet domino »

Gérard Fourquet, président du Comité Départemental de l’Aveyron. DR

Alors qu’à la fin mars la décision avait été prise d’arrêter la saison en cours, les clubs amateurs étaient restés en plein statu quo. Cinq journées étaient encore à disputer pour les championnats fédéraux, et un seul pour les territoriaux. Qui va monter, qui va descendre ? La réponse dépendra avant tout du haut du classement, pour déterminer, dans un effet domino, les places qui resteront vacantes dans les échelons inférieurs.

« Le Président Laporte a des décisions fortes à prendre face aux Divisions Fédérales 1, 2 et 3 »

Les places d’accession dépendront donc des discussions entre les clubs professionnels. Si la FFR a annoncé que pour les Fédérales, il n’y aurait pas de relégations, des promotions restent possibles, notamment de Fédérale 1 à Pro D2. Les présidents de la Ligue et de la Fédération doivent en discuter ce mercredi 8 avril mais on sait déjà que la Fédérale 1 passera à 60 clubs (au lieu de 48 lors du dernier exercice), ce qui laissera 12 places à prendre…

Quel avenir pour les clubs aveyronnais ?

Gérard Fourquet, le Président du Comité Départemental de Rugby de l’Aveyron nous a donné son ressenti sur l’avenir des clubs aveyronnais :

  • Millau : sa position en milieu de classement lui garantirait son maintien en Fédérale 2.
  • LSA XV : avant-dernier de Fédérale 2, la question de la relégation s’est posée. Après consultation des joueurs, la décision a été prise par le club de conserver sa position actuelle, donc statu quo.

« En Fédérale 3 il y a 24 places : certains clubs vont être frileux, tout dépendra des sponsors »

  • Decazeville : classé 3e de Fédérale 3, la montée se jouera avec Figeac, 2e. « Tout dépendra s’ils font monter les quatre premiers ou pas. Il y aura forcément des déçus et des satisfaits, mais pour le moment ce n’est pas défini ».

« On pense qu’il y aura des clubs d’honneur qui pourront monter en F3 »

  • Saint-Affrique : « le club pourrait être impacté et être classé second ou troisième du championnat. Mais les sanctions ou les points de bonus peuvent aussi inverser quelque chose. S’ils finissent seconds, ils peuvent monter en F3, mais s’ils sont troisièmes, c’est peu probable… ».
  • Rodez : classé 2ème de sa poule de Promotion d’Honneur, le club a toutes les chances d’espérer la montée en Honneur. « S’il y a la place pour faire monter deux clubs, ils peuvent être dans ceux là, ils ne sont pas trop mal placés » estime Gérard Fourquet.
  • Espalion : rien n’est encore fait pour les Espalionnais qui restaient en course pour la qualification mais on se dirige plus sûrement vers un maintien en PH. Car en Honneur, 4 poules de 10 sont prévues en Occitanie, donc « on peut penser que les 4 premiers vont monter ».

 

  • Villefranche : actuellement dernier de 1ere Série, le club est menacé par un mauvais championnat. « Il est probable que le club soit relégué, ce sont les derniers qui descendent ».
  • Capdenac et Severac : en 1ere Série : « ils peuvent aspirer tous les deux à monter d’un cran, puisqu’ils sont dans le trio de tête ».
  • Viviez et Rougier de Camares : tous les deux placés en milieu de tableau de 2ème Série, « ils resteront là ».
  •  HVAR (Haute Vallée Aveyron Rugby) : bien placé en haut du classement de 3ème Série, la montée est tout à fait envisageable.

Saison annulée, un impact non négligeable pour les clubs

S’il ne connait pas encore la stratégie qu’auront les partenaires et sponsors des clubs locaux, Gérard Fourquet estime que ce sont les petits clubs sans trésorerie qui vont être le plus impactés par cet arrêt brutal. En revanche, pour ceux qui ont des budgets d’avance, il n’y aura pas de crise immédiate.

Mais pour le recrutement des joueurs, les cartes risquent d’être redistribuées : « c’est possible qu’il y ait des surenchères et que les clubs riches avancent d’autres arguments que les critères sportifs…».

« Ça aura un impact sur la vie des clubs, c’est évident, après on ne peut pas savoir ce que vont faire les joueurs »

Quant à l’après-confinement, Gérard Fourquet avoue ne pas encore y penser. Alors que personne ne sait quand ni comment se passera la remise en branle sportive, le Comité départemental joue la prudence et suit les recommandations nationales : « on nous demande de ne pas mettre les enfants et le public en contact, pour le moment c’est le statu quo, pas question de prendre des risques ».

Les tournois prévus en juin seront très probablement annulés, et les événement prévus en juillet auront-peut être lieu, « si les gens le veulent » avance prudemment le président aveyronnais, « et ce n’est même pas sûr qu’on ait les autorisations des clubs et encore moins qu’on prennent la responsabilité de le faire, on ne veut pas qu’un cluster se déclenche en Aveyron à cause du rugby ! ».

Ce qui laisse la rentrée de septembre comme unique et lointain horizon pour les fans de l’ovalie…