Bosch. Les salariés refusent de reprendre le travail

L'usine castonétoise doit lancer la fabrication de masques dans quelques jours. ©ADN12

« Pour nous, tant que l’épidémie suit une courbe ascendante, il est hors de question que l’usine, -qui fabrique rappelons-le des produits non vitaux-, redémarre ! » : Yannick Anglarès et l’intersyndicale, composée de la CGT, Sud et la CFE-CGC, s’opposent fermement à la reprise de la production demandée par la direction de l’usine castonétoise pour lundi 6 avril.

« On nous propose un stylo nominatif pour appuyer sur les boutons des machines ! Mais pas de masques ! »

La santé : priorité des salariés

Pour eux, les conditions sanitaires ne sont pas réunies pour reprendre le travail, la direction proposant des mesures de protection individuelles telles que le port de gants (« comme on en a déjà ») et « un stylo chacun pour appuyer sur les boutons des machines »… Pas de masque puisque le petit millier que l’usine possédait a été réquisitionné pour les secteurs plus prioritaires. « Notre activité n’est pas prioritaire. Il vaut quand même mieux réserver nos équipements pour ceux qui en ont le plus besoin : les soignants, les services publics, les aides à domicile… ».

« Nous ne sommes pas des experts en virologie, la direction non plus. Les scientifiques et le monde médical sont unanimes : à ce jour, seul le confinement peut freiner et faire reculer cette pandémie. Les salariés de Bosch ne veulent pas être le premier Cluster du Covid 19 de l’Aveyron ! »

(CGT, Sud, CFE-CGC, Bosch, Onet)

Mieux : Médecine et Inspection du Travail auraient elles-mêmes donné un avis négatif à la réouverture de l’usine, confortant l’avis des syndicats, qui ont voté contre les propositions de leur direction ce mercredi 1er avril, lors du dernier Comité Social et Economique.

Une position ferme et partagée par la très grande majorité des 1 300 salariés de Bosch. « Ils nous appellent et nous soutiennent. Il n’y en a pas un qui n’est pas d’accord avec la position des syndicats ».

Vers un bras de fer avec la Direction ?

La direction de Bosch, qui reste toujours muette face à la presse, a prévu une reprise progressive de la production dès lundi 6 avril. « 150 personnes dès lundi puis 500 puis la totalité » si l’on en croit l’intersyndicale des salariés.

Un redémarrage que Bosch justifie par deux commandes de pièces passées par des clients chinois et suédois, dont Volvo. « Quand on sait que le marché automobile est totalement à l’arrêt, que les concessionnaires sont fermés, que les usines de Renault aussi… on a du mal à voir l’urgence » remarquent les syndicats. Presque « indécent » même, selon Yannick Anglarès, qui se demande comme beaucoup d’autres où placer l’intérêt d’une éventuelle reprise… « On se demande même si ce n’est pas le gouvernement qui les incite à reprendre… ».

En attendant, un point de situation est prévu en fin de journée ce jeudi 2 avril, entre la Direction et les syndicats. Mais difficile d’imaginer qu’un compromis puisse être trouvé…