Flavin. Confinés avec un enfant handicapé, un quotidien difficile à gérer

Erwenn, Julien, Kerwan et Yaëlle font bloc pour offrir à Kerwan une continuité des soins de rééducation. DR

Un confinement n’est déjà pas facile à gérer pour une famille « lambda » mais quand il s’agit d’une famille avec un enfant handicapé, cela devient souvent problématique. Nous avons joint la famille Montembault qui avait fait l’objet d’un de nos reportages en octobre 2018 pour en témoigner…

« C’est dur de remplacer des professionnels »

Quelques pas de rééducation, en toute sécurité sanitaire pour Kerwan. DR

Julien et Yaëlle Montembault habitent Flavin, lui a 36 ans et est infirmier à Sainte Marie, elle a 34 ans et son temps est dédié à s’occuper de ses deux enfants, et notamment de Kerwan.

 

Victime d’un double accident vasculaire cérébral à sa naissance, Kerwan, aujourd’hui 7 ans, en a gardé de nombreuses séquelles. Mais à force de courage et d’abnégation, il a fait énormément de progrès. Il se tient debout, marche un peu dans la maison dans un espace qui lui est réservé et fait même des petites promenades sur quelques dizaines de mètres dans le jardin ou sur le chemin bordant l’habitation.

Une rééducation diminuée

Confinement oblige, le programme éducatif de leur enfant est chamboulé. Habituellement, Kerwan va à l’Institut d’Education Motrice des  »Babissous » à Saint Mayme trois fois par semaine… Depuis le confinement, il se retrouve sans rien : « la seule chose que l’on a pu mettre en place, c’est une séance de rééducation avec un kiné libéral qui vient une fois par semaine à domicile… on est bien loin de son programme habituel pour arriver à progresser… » s’inquiète Yaëlle. En prolongation de confinement, la kinésithérapeute passera deux fois par semaine (mardi et vendredi) afin de « ne pas perdre les acquis et garder un lien avec les thérapeutes pour ne pas perturber Kerwan » précise Yaëlle Montembault assurant qu’aucune sortie n’est prévu pour lui.

« A l’Institut, il y a un programme complet entre la motricité, la kiné, les éducatrices, les activités adaptées, c’est assez intense. Ils sont toujours en mouvement et cela trois fois par semaine de 9h à 16h30… Là on passe à seulement deux séances de kiné par semaine… »

(Yaëlle, maman de Kerwan)

Kerwan avait un agenda chargé puisque en dehors de la thérapie à l’IEM, sa maman lui complétait la semaine avec une thérapie en libéral, notamment la thérapie PADOVAN (réorganisation neuro-fonctionnelle) à Baraqueville, et des séances avec un orthophoniste à Marcillac.

« Cela fait beaucoup de kilomètres par semaine. Son emploi du temps est réglé au millimètre. Il n’y a que le mercredi que Kerwan à un temps off. D’un coup Kerwan se retrouve un peu perdu par le confinement, le manque d’activité lui fait perdre ses repères »

(Yaëlle Montembault)

Un autre manque affecte l’aîné de la famille : l’absence de contact avec ses camarades et les éducatrices du centre : « il ne comprend pas pourquoi il en est privé »

Une maman « multi-casquettes »

Une situation qui demande à la maman à prendre à bras le corps tous les besoins de Kerwan.

« J’ai suivi les séances à Baraqueville et Marcillac, j’essaie modestement d’appliquer à la maison. C’est dur de remplacer des professionnels, j’ai toujours peur de mal faire. Je me sers des escaliers, des objets que j’ai à la maison. C’est d’autant plus difficile que mon fils ne comprend pas que cela soit moi qui lui fasse faire des exercices…»

(Yaëlle, maman de Kerwan)

Une rééducation  »Maison » avec les moyens du bord pour Kerwan…

Julien, le papa infirmier, a de son coté des journées de travail chargées. Il gère souvent les sorties dans le jardin ou en promenade car depuis trois ans, une petite Erwenn est venue agrandir la famille. « Erwenn est adorable avec son frère, elle est protectrice même si de temps à autre ils se chamaillent comme tous frères et sœurs ».

« Le souci de mon mari est de ne pas ramener le virus à la maison car Kerwan a une santé très fragile »

Une rééducation  »Maison » avec les moyens du bord

« Tout est rythmé sur le confinement et l’emploi du temps de Kerwan : réveil à 5h du matin, à 8h il a un traitement contre l’épilepsie, petite sieste du matin mais ces jours-ci il ne l’a fait plus car il a très peu d’activité, à midi on mange tous ensemble, c’est important même si ce n’est pas simple car Kerwan ne peut pas manger seul. Après mon fils est généralement en pleine forme, l’inverse de sa petite sœur donc c’est compliqué. Donc s’il fait beau, balade à pied ou en poussette, avec du travail de rééducation, sinon dans la maison il a son coin dédié avec de la musique car il adore cela. Nous avons aussi un grand

La balançoire du jardin, une façon de s’aérer pendant le confinement. DR

jardin avec une balançoire adaptée, cela fait la joie des deux enfants. A 20h repas suivi du traitement contre l’épilepsie et vers 21h30 coucher » : tel est le quotidien de la famille raconté par Yaëlle, avec des moments difficiles mais d’autres plus joyeux comme le passage de la célèbre petite souris il y a quelques jours, « elle est venue chercher une petite dent de Kerwan, elle est repartie en laissant une petite friandise ! ».

Heureusement Julien et Yaëlle vivent à Flavin, un peu à la campagne et ont un grand jardin… Avec le soleil bien présent ces jours-ci, toute la famille peut avoir des moments bien à elle et apaisant pour leur fils : « nous avons cette chance et nous pensons aux parents dans notre cas qui non pas de possibilité de s’aérer correctement en toute sécurité » reconnaît la maman.