Coubisou. Le miel de bruyère Callune, la fierté de François Bélières

François Bélières, apiculteur a obtenu sa deuxième médaille d'or au concours général agricole du Salon de l'Agriculture de Paris. @ADN12

Le nord Aveyron, connu pour ses vaches d’Aubrac, son fromage de Laguiole, ses couteaux, son aligot… et bien d’autres produits qui ont parfois une renommée nationale et internationale. Au pied des monts d’Aubrac, dans la vallée du Lot, on y découvre la commune de Coubisou à la confluence du Lot et du ruisseau de Coubisou. De là, la départementale 586 puis la D22 et enfin la D655 mènent au Monastère Cabrespine, fief du miel, où sont installés bon nombre d’apiculteurs. Parmi eux, l’incontournable François Bélières et son épouse Christine, installés en GAEC, et qui se se sont vus primés d’une médaille d’or pour la deuxième année consécutive au Concours Général du Salon de l’Agriculture, pour leur miel de bruyère Callune.

Une histoire de famille

Le couple Bélières est installé au hameau du Monastère Cabrespine depuis 1995. C’est là qu’ils ont fondé leur entreprise d’apiculture. « Je suis d’une famille d’apiculteurs. Mon père, petit agriculteur, faisait de l’apiculture en même temps. Mes deux frères, bientôt en retraite, plus âgés que moi d’une dizaine d’années, sont aussi en GAEC. Ce sont eux qui m’ont appris le métier et maintenant j’ai ma structure » nous raconte le maître des lieux.

« On a débuté avec des abeilles et une petite plantation de fraises pendant 3 ans. Depuis l’arrêt de la coopérative fruitière de Saint Geniez, nous nous sommes concentrés sur le développement de l’exploitation du miel »

(François Bélières, apiculteur)

Pour optimiser au mieux leur exploitation, François et Christine Bélières ont installé leurs 1 200 ruches en ruchers d’une trentaine de ruches chacun, espacés les uns de autres de 2 à 3 kilomètres dans la vallée du Lot mais aussi près des monts d’Aubrac. « Les ruchers sont sur des terrains qui ne nous appartiennent pas. On demande aux propriétaires l’autorisation de poser nos ruches sur leurs terrains ». Entre Causses et Aubrac, le sol est varié, une vallée verdoyante où les fleurs de prairie sont un terrain favori pour les abeilles. « Le châtaigner est dominant dans notre région. Une authenticité qui se retrouve dans notre production »…

Abeilles locales et transhumance, un juste équilibre

François Bélières, apiculteur au Monastère Cabrespine. DR

François Bélières est avant tout un grand défenseur de l’abeille locale : « des abeilles assez rustiques qui demandent moins de travail ». Au niveau génétique, les abeilles locales se développent lentement au printemps, elles sont en plein développement au moment de la floraison dans la vallée du Lot à la mi-juin, fin juin quand les châtaigniers fleurissent. « Nous produisons 20 tonnes de miel par an et si la production est du miel toutes fleurs, la dominance est celle du châtaignier » souligne le producteur.

« Je suis très attaché à l’abeille de pays, j’essaie au maximum de multiplier des abeilles qui génétiquement sont bien adaptées au climat local »

Puis vient la transhumance en Lozère, quand François Bélières transporte ses abeilles « au moment où la bruyère fleurit, début août . Ensuite fin septembre je ramène mes ruchers dans les vallées »… l’occasion pour l’apiculteur aveyronnais de faire une production supplémentaire.

Le miel de Bruyère Callune, miel de caractère

François Bélières est adhérent aux Compagnons du Miel qui existe sous forme d’une coopérative depuis 1958. « Nous collectons le miel dans toutes les régions de France. La coopérative appartient aux 120 adhérents apiculteurs, le miel est mis en fût par leur soin et la coopérative basée dans le Jura se charge de le collecter, là il est labellisé, mis en pot et vendu dans les commerces et sur internet. Nous représentons 10 % de la production française. La production de François Bélières est d’une qualité exceptionnelle », explique Amélie Poux, responsable de communication et marketing à Port-Lesney (Jura).

Miel de Bruyère callune de Lozère, médaille d’or 2020.DR

Il existe trois sortes de miel de bruyère, la blanche, la cendrée et la callune. « Très différente en termes de goût et de texture » souligne Amélie Poux. La Callune est un miel très particulier, très difficile à récolter. « Il faut un matériel spécifique au niveau du travail de l’apiculteur. Du coup la récolte du miel Callune ne se fait qu’en petite quantité. Le volume de la récolte médaillée cette année a été de 576 Kg ».

« La médaille d’or a été obtenue sur le critère sensoriel du produit. Le goût, la couleur et le respect du profil du produit par rapport à son format qui a fait l’unanimité du jury »

L’année prochaine, François Bélières tentera d’obtenir une troisième médaille en trois ans qui lui vaudrait le prix d’excellence…

* Le miel médaillé 2019 est disponible pour les consommateurs sur la boutique en ligne de la coopérative, le médaillé 2020 sera très vite disponible lui aussi à cette adresse :
https://lescompagnonsdumiel.fr/boutique/13-miels-medailles