Football Amateur. « Jouer en juin, et déborder un peu en juillet, c’est plausible »

Depuis le 13 mars, les championnats amateurs ont été suspendus par la Fédération Française de Football. Une fédération qui a annoncé récemment vouloir terminer la saison, excluant l’idée d’une saison blanche. Le championnat pourrait se jouer en juin, voir en juillet. Interview de Florent Rech, coach de l’équipe réserve du RAF, qui évolue en National 3, et responsable de la formation au sein du club ruthénois.

Pour l’équipe réserve du RAF, il reste 8 matchs à jouer. @ADN12
Florent Rech. @ADN12

La Fédération a donc annoncé qu’elle souhaitait que les championnats aillent à leur terme. Quitte à déborder sur le mois de juillet. Cela vous semble-t-il possible, avec des joueurs qui sont tous amateurs ?

Pour moi, l’idée de finir les championnats amateurs est réelle. Evidemment, elle est conditionnée à l’état sanitaire de la France. Les spécialistes, les épidémiologistes commencent à donner une fourchette de temps, pendant lequel le confinement devra encore être de mise. Le foot n’est pas au-dessus des lois. Là, il n’y a plus d’écoles, beaucoup de gens ne peuvent pas travailler… Il faut donc voir comment ça va se passer dans les prochaines semaines. Si le feu vert est donné pour la reprise dans les écoles et dans les commerces, la reprise de la pratique sportive se fera elle aussi. Les spécialistes étudient bien les courbes afin de savoir quand on pourra sortir du confinement…

« Le football est imbriqué dans la société »

Peut-on imaginer jouer en juillet ?

Pour l’équipe réserve, il ne nous reste que huit matchs à jouer. Et moins, dans les catégories de jeunes. Si le retour à l’école se fait mi-mai, on peut jouer en juin. Quitte à jouer éventuellement le mercredi. Je ne suis pas forcément inquiet dans ce cadre-là. Après, s’il fallait jouer après le 15 juillet, là, ça serait peut être plus difficile. On sera alors en période de vacances, et certains auront du mal à choisir entre finir le championnat, et partir en congés. Sans compter que le secteur du tourisme a déjà été mis à mal par cette épidémie… Le football est imbriqué dans la société. Donc, jouer en juin, et déborder un peu en juillet, c’est plausible. Au-delà du 15 juillet, ça semble plus compliqué.

Et concernant les U17 ? Car on sait que certains jouent du RAF  sont en même temps internes au lycée. Si cela déborde sur les congés, est-ce que ça sera toujours envisageable ?

Le ministre, Jean-Michel Blanquer, a dit que les cours pourraient aller jusqu’au 15 juillet. Donc, là, pas de souci, tout ira de pair. Quoi qu’il en soit, la priorité, c’est l’état de santé des français. Les dates de reprise seront fixées en fonction de l’évolution de l’épidémie. Du côté des U16 et des U17, vu que les coupes sont annulées, ça va libérer des créneaux. Les U17 nationaux devaient finir leur championnat fin avril, début mai… Donc, il y a de la marge. Après, si le confinement se prolonge, on aura une visibilité plus réduite. Mais quoi qu’il en soit, le foot passe bien après l’état sanitaire de la France, et le redémarrage de l’économie…

« Il faudra prendre du temps pour se préparer avant la reprise des matchs »

Une si longue période sans entraînement, ne risque-t-elle pas d’entraîner des blessures à la reprise ?

Le risque est toujours présent. Là, les joueurs ont eu un petit programme individuel à suivre. Mais le passage par un entraînement collectif, dés la fin du confinement et avant la reprise de la compétition, sera forcément nécessaire. Pour préserver l’intégrité physique des joueurs. Après, on a un public jeune et entraîné, l’état de forme reviendra vite. On devra s’adapter. Mais il faudra prendre du temps pour se préparer, avant de jouer les matchs. Personne ne prendra le risque qu’un joueur ne se blesse gravement en ayant repris trop vite la compétition…

Un confinement qui demande à ce qu’il n’y ait aucune activité sportive de groupe ?

Oui, et c’est normal. Il faut qu’il y ait de la discipline dans ce confinement… Et là, j’ai des doutes. J’aimerai que ça soit plus respecté… Il faut rester à la maison, c’est une évidence. Pour gagner du temps. Si l’intérêt individuel prime sur l’intérêt collectif, et que les règles ne sont pas respectées, le confinement durera encore plus longtemps.