Rodez. Pendant le confinement, le Musée Soulages s’organise

Le musée Soulages est fermé, un petit mot sur sa devanture regrette l'absence d'informations... ©ADN12

Pas de panneau explicatif sur la devanture du musée Soulages (et ces touristes normands qui ont laissé ce post-it rose le regrettent), mais comme tous les établissements non essentiels à la nation, le musée est bel et bien fermé depuis le dimanche 15 mars.

Le post-it est présent sur la devanture du musée depuis le début du confinement. ©ADN12

La bonne santé des salariés avant tout

Car oui, pour Benoit Decron, le directeur du musée, l’important est de protéger les salariés et de respecter le confinement : « toutes les mamans » ont donc eu une autorisation spéciale de congé et le reste des employés est en télétravail. Titulaires, contractuels, CDD… si les différents types de contrats de l’EPCC peuvent parfois rendre la gestion comptable compliquée, Benoit Decron affirme que la priorité du musée a été « que tout le monde touche son salaire dans les temps ».

Si certains musées français ou étrangers se sont lancés dans des visites virtuelles, ce ne sera pas le cas du Musée Soulages. La raison est simple : cela demanderait aux employés de revenir au musée et de travailler à plusieurs, allant ainsi à l’encontre des consignes de confinement : « on joue le jeu, nous suivons l’exemple du civisme » affirme Benoit Decron, qui précise aussi que rien ne vaut la visite physique du musée…

« L’art, c’est aussi l’air qui circule entre l’œuvre et le visiteur »

Benoît Decron, directeur du musée Soulages. ©ADN12

Si le musée n’est pas intégralement vide, qu’il reste surveillé par le commissariat de Rodez et que les mesures de video-surveillance sont toujours appliquées, l’essentiel de l’équipe continue à travailler depuis chez elle, notamment pour mettre en ligne des articles et des photos pour continuer à nourrir les affamés d’art confinés chez eux.

Et lorsqu’il constate le nombre de gens dans la rue, même à Rodez, Benoit Decron est révolté : « il y a des règles très strictes, il ne faut pas se croire plus malin que les autres et essayer de jouer au chat et à la souris avec la police : même à Rodez, c’est pareil, on peut tous attraper cette saleté ». Même si ce Vendéen d’origine estime que « la barre de coupe va passer au-dessus de l’Aveyron, on a de la chance comparé à la Bretagne ou au Grand Est ».

« L’Aveyron est un pays de qualité de vie, on a de l’espace, les gens ont souvent des jardins, ils peuvent prendre l’air : il faut respecter les consignes »

Il faudra attendre un peu pour revoir les Outrenoirs et l’acéphale de Gudea. ©ADN12

Les expo de cet été se préparent

Bien que confiné chez lui avec sa famille, Benoit Decron continue à préparer comme il peut l’exposition de cet été. Lui aussi est en télétravail, comme la petite dizaine de membres du personnel administratif, technique, scientifique et du service public. Le but commun reste de préparer l’avenir et de réfléchir à la réouverture du musée, en mettant en place plusieurs scénarios avec différentes dates : « On réfléchit à ce que ce soit un vrai feu de joie quand les gens pourront revenir ! ».

« On va protéger les gens et ensuite on verra pour la programmation : l’expo de cet été sur Fernand Léger est menacée car on a des problématiques de transport, d’assurances, de convoyeurs… Il faudra du temps avant que ça se remette en place. »

(Benoit Decron, président du musée Soulages)