Municipales. Fin de campagne délétère à Onet-le-Château…

Les deux candidats d'Onet dénoncent une campagne acharnée, faites d'arrachages d'affiches, de propos insultants ou de pressions subies...DR

S’il y a bien une commune où il est temps que la campagne municipale touche à sa fin, il s’agit d’Onet-le-Château… Entre échanges de politesses, attaques sur les réseaux sociaux, agressions verbales, coups montés et vandalismes sur les affiches officielles : les actes dénoncés par les deux prétendants au fauteuil de maire ne font pas tellement honneur à la fonction…

Le maire sortant, Jean-Philippe Keroslian, et son challenger, Jean-Marc Lacombe, se renvoient la balle, en comptant sur les électeurs castonétois pour s’y retrouver lorsqu’ils auront à voter ce dimanche 15 mars.

Jean-Philippe Keroslian, « un bilan éloquent et des engagements précis »

Il y a quelques jours, Jean-Philippe Keroslian est allé déposer une plainte contre X au commissariat de Rodez : ses affiches électorales auraient été systématiquement et quotidiennement arrachées ou vandalisées sur les panneaux officiels de la Ville. Et de condamner « une action préméditée » que son colistier Jean-Luc Paulat impute supposément mais distinctement « aux colistiers de Monsieur Lacombe, puisque les siennes n’ont pas été dégradées »… Une accusation qu’éclairciront les policiers dans leur enquête.

« C’est une campagne agressive, avec des propos limites tenus à une de nos colistières. Nous ne sommes pas habitués à ça et je trouve dommage que ça n’ait pas été une campagne de programmes »

(Jean-Philippe Kéroslian)

Et justement, sur le programme de son adversaire, le maire sortant a aussi des remarques à formuler, n’hésitant pas à citer Martine Aubry : « Quand c’est flou, c’est qu’il y a un loup ! » : « le programme de l’équipe adverse est flou et léger. Il n’y a pas d’engagement précis, ce sont des idées généralistes, qui ne sont pas étayées, ni localisées, et encore moins budgétisées ». Des reproches adressés à différents projets présentés par Jean-Marc Lacombe, parmi lesquels le marché couvert (« une aberration à l’heure où Rodez prévoit d’en construire une et qu’il n’y a pas de terrain disponible à Onet pour une telle structure »), le Quai des Entrepreneurs (« une vaste fumisterie avec rien de précis »), ou le projet de voies cyclables (« qu’il nous dise où ils comptent les faire précisément ! »).

Jean-Philippe Keroslian a déposé une plainte contre X pour la dégradation de ses affiches. @ADN12

Face à ce qu’il qualifie d’annonces « fantaisistes », Jean-Philippe Keroslian entend présenter « un bilan éloquent et des engagements précis ». Un programme qu’il avait présenté début janvier (lire notre article du 11 janvier) et dont il souhaite mettre en lumière deux aspects : l’investissement qu’il prévoit pour la jeunesse et les engagements sociaux qu’il comporte.

Reconstruction de la crèche, agrandissement du jardin d’enfants, City-Stade aux Costes-Rouges, aide au permis, Conseil Municipal des Enfants, Maison France Services (« dont la demande est en cours »), ateliers pédagogiques, nouvel EHPAD, Résidence Intergénérationnelle… voilà quelques-uns des projets fondamentaux que Jean-Philippe Keroslian espère mener à bien s’il est réélu ce dimanche à la tête d’Onet-le-Château.

Jean-Marc Lacombe, « pour une ville plus moderne et plus vivante »

De son côté, le candidat de la liste Vivre Onet Ensemble réfute toutes les accusations de Jean-Philippe Kéroslian et se dit « concentré à 200 % sur nos projets ».

« Nous ne sommes responsables de ces détériorations, qui sont d’ailleurs dignes d’un autre temps ! Et nous n’avons insulté personne ! Nous avons 80 témoins pour le dire. Il s’agit d’un coup monté, d’une instrumentalisation ! Nous sommes nous-mêmes victimes d’attaques sur les réseaux sociaux, provenant de comptes anonymes, nos sympathisants subissent des pressions mais nous ne portons pas plainte… »

(Jean-Marc Lacombe)

« Nous sommes nouveaux en politique et nous découvrons ce que les gens sont capables de faire pour gagner une élection » regrette le colistier de Jean-Marc Lacombe, Mathieu Ginestet, « mais il ne faut pas que ça nuise à notre campagne »…

Jean-Marc Lacombe dénonce « des coups montés » dans cette campagne…DR

Une campagne marquée par des « thèmes impactants » selon Jean-Marc Lacombe : « on sent que les castonétois ont très bien accueilli certaines de nos idées, innovantes et modernes ». (Lire notre article du 7 février)

Parmi ceux-ci : la réhabilitation du cœur de ville (« le maire sortant a échoué sur cette question car il n’a pas su faire appel à des spécialistes. Nous avons un réseau d’experts d’envergure nationale qui viendra faire de la pédagogie et inciter les habitants à participer à ce projet »), le marché couvert (« nous avons identifié trois terrains pouvant l’accueillir »), les mobilités, le projet économique de Quai des Entrepreneurs (« tout est quasi prêt pour donner un coup de Boost à la commune via notre réseau d’entrepreneurs; nous avons des fonds privés; des contacts ont été pris avec un constructeur automobile et avec le Quai des Savoirs de Toulouse pour une partie « Musée de la  Technologie » »), ou encore le projet de grand festival musical. (« c’est un petit investissement qui peut générer de grosses retombées économiques. Prenez celui de Brive : sur un budget de 2,8 millions d’euros, les subventions sont de 280 000 euros et vous avez 36 000 festivaliers sur quatre jours »).